Première > SVT > Écosystèmes et services environnementaux > Gestion des écosystèmes

GESTION DES ÉCOSYSTÈMES

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

Gérer les écosystèmes de façon durable

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

I. L’ingénierie écologique

 

L’écologie est l’étude du fonctionnement des écosystèmes quelle que soit leur place sur Terre et l'étude de leur biotope, peuplement, leur biocénose.

L’ingénierie écologique se base sur l’exploitation de connaissances modernes sur l’écologie mais aussi sur des outils scientifiques qui peuvent être développés au fur et à mesure des avancées technologiques pour la préservation des écosystèmes. C’est donc mettre au service de la préservation des écosystèmes les connaissances et les outils de l’écologie. Le principe de l’ingénierie écologique c’est d’utiliser le vivant comme source de résilience.

La résilience est la capacité qu’ont les écosystèmes à se régénérer suite à une perturbation, à condition que cette perturbation ne soit pas trop intense ou que les perturbations ne soient pas trop fréquentes. On dit également « ingénierie écologique pour et par le vivant ».

L’ingénierie écologique, ou génie écologique, est une discipline qui date des années 1960 et qui a donné naissance à des projets à long terme de sauvegarde, de restauration et de réhabilitation des écosystèmes. On utilise l’écosystème à condition qu’il ne soit pas totalement détruit, pour le régénérer petit à petit.

- En terme de sauvegarde : on peut citer la préservation des zones humides. Ci-dessous, la photo d’une zone humide préservée par l’ISTEA, un établissement public qui a permis de sauver l’écosystème, c’est-à-dire la flore et la faune qui maintiennent une certaine humidité dans le milieu et qui ont besoin de cette humidité pour vivre. Les zones humides sont des zones de mares ou de marécages où des espèces végétales retiennent l’eau et permettent le développement d’insectes mais aussi d’autres animaux, éventuellement de champignons, etc.

- En terme de restauration : on peut citer les projets qui visent à éliminer les espèces invasives, qui sont en général des travaux de grande ampleur puisque les espèces invasives résistent et ont parfois éliminé d’autres espèces qui étaient là auparavant. Se débarrasser des espèces invasives est en général une tâche plutôt difficile dans les écosystèmes surtout lorsqu’on veut travailler de façon naturelle.

- En terme de réhabilitation : on peut citer les zones industrielles qui sont laissées à l’abandon et redeviennent petit à petit peuplées par la flore, la faune, etc., avec l'utilisation du vivant comme source de résilience.

Finalement l’objectif de l’ingénierie écologique est de maintenir voire d’augmenter les services écosystémiques : approvisionnement, services culturels, services de régulation.

 

II. Un exemple de projet de gestion durable des forêts tempérées : le PEFC

 

dTrojzkEc

 

PEFC est un acronyme (programme de reconnaissance des certifications forestières). C’est un système de certification du bois européen (que l'on peut retrouver sur les meubles) créé en France (avant de s’étendre à toute l’Europe) à la fin du XXe siècle par une ONG. Il concerne aujourd’hui 50 pays. Il certifie l’origine et la bonne qualité du bois européen en terme environnemental et de durabilité. Ce système PEFC a été soutenu au départ par des associations de protection de la nature, les pouvoirs publics, et des entreprises de la filière bois, c’est-à-dire des entreprises qui utilisent le bois pour des constructions, pour des meubles, pour produire du papier ou pour l’exploitation des forêts au sens large.

Ce projet vise à produire du bois de façon durable qui va ensuite être utilisé un peu partout. Il est basé sur la protection et l’exploitation raisonnée des forêts européennes au départ, mais aujourd’hui étendu partout dans le monde. Cette exploitation passe par plusieurs engagements.

Pour être labélisé PEFC, il faut par exemple s’engager au niveau de l’exploitation de la forêt et n’utiliser aucun OGM, ni pesticide, ni répandre des boues d’origine industrielle par exemple. Il faut ensuite s’engager à favoriser la survie et la vitalité des essences d’arbre qui sont exploitées, mais aussi de toute la faune et flore des forêts et notamment maintenir le gibier et autres animaux. Il faut également respecter les sols et zones humides (mares, petits ruisseaux pouvant courir dans la forêt). Il faut s’engager à ne pas polluer les zones humides et les cours d’eau dans les forêts labélisées PEFC. Enfin, il faut s’engager à respecter les sites en terme de patrimoine, par exemple, lorsqu’il y a une construction remarquable, il faut s’engager à la conserver en bon état pour obtenir ce label PEFC.

Il y a aussi un travail sur la traçabilité du bois : lorsqu’une forêt est exploitée, on part d’un propriétaire (détenant le terrain sur lequel la forêt pousse) qui n’est pas forcément celui qui utilise ou exploite le bois ensuite. Il y a aussi intervention de l’exploitant, qui va cultiver et éventuellement couper le bois. Il y a ensuite intervention d’une ou plusieurs entreprises qui récupèrent le bois pour des meubles, de la construction, du papier, etc. Et puis, il y a éventuellement des distributeurs. Par exemple, si on a fait du papier à partir du bois de la forêt, ce papier est ensuite vendu et parvient jusqu’au consommateur. La traçabilité c’est savoir d’où vient le bois que le consommateur récupère et être capable de reconstituer la chaîne des intervenants pour savoir ce qu’a subi exactement le bois, depuis la forêt du propriétaire jusqu’au consommateur.

Enfin, autour de ce projet PEFC, il y a une communication, avec la création d’un logo PEFC, la proposition d’une formation pour des étudiants ingénieurs travaillant sur les forêts, sur l’eau, etc., et des campagnes de promotion des productions durables, notamment la production durable du bois français.

Il y a donc un engagement à différents niveaux du producteur jusqu’au transformateur et cela rejoint une dimension éthique qu’avaient déjà les projets d’ingénierie écologique, puisque gérer les écosystèmes de façon durable c’est aussi un engagement éthique à long terme pour préserver les écosystèmes, notamment pour les services qu’ils nous rendent.