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STAGE - DYNAMIQUE ET EXPLOITATION DES ÉCOSYTÈMES

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Exploitation, surexploitation et dégradation des écosytèmes

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I. Des interactions permanentes variées avec l’environnement

 

Nous sommes, en permanence, en interaction avec les êtres vivants qui nous entourent quelle que soit l’échelle et quelle que soit leur taille.

Il y a des interactions avec les êtres vivants puisque nous avons besoin de nous nourrir et que notre nutrition repose sur la consommation des êtres vivants animaux ou végétaux et sur la diversité des agrosystèmes (écosystèmes manipulés par l’homme pour produire quelque chose d’intéressant, par exemple un champ de blé, de maïs ou une ferme d’élevage etc.).

Nous avons besoin d’exploiter les êtres vivants pour nos constructions, récupérer du bois par exemple ; ou pour la décoration : les plantes d’agrément, les meubles, etc.

Nous avons des interactions avec nos animaux domestiques (chien, chat, poisson rouge, etc.) et les animaux de notre environnement direct (pigeons, moustiques, rats, etc.).

Globalement, il y a une nécessité d’approvisionnement et donc l’homme exploite la biomasse (l’ensemble des êtres vivants) qui peut être à proximité ou venir de loin (par exemple, le bois que nous achetons peut venir d’un autre pays voire d’un autre continent). Il y a ainsi une exploitation de la biomasse à l’ échelle de la planète.

 

II. Exploitation des écosystèmes et modification de la biodiversité

 

Depuis des milliers d’années, pour se nourrir, l'homme a domestiqué des espèces animales et végétales principalement.

 

Exemple des poules pondeuses

Si on compare les poules actuelles à celles qui existaient à l’état sauvage, on constate que les poules d'élevages sont beaucoup plus lourdes, leur masse musculaire est beaucoup plus importante et elles pondent beaucoup plus d’œufs. Il y a donc eu une transformation progressive des espèces au profit de l’homme.

Cela est valable aussi pour les espèces végétales que l’homme a, par croisement, puis pas génie génétique, modifié à son profit.

 

Exemple de la pêche

En pêchant dans l’océan ou dans la mer, il y a modification des populations marines et lorsqu’on pêche une espèce en particulier, l’homme peut avoir une influence sur la modification des relations qui peuvent exister entre proies et prédateurs. Quand on pêche une espèce plus qu’une autre :

- si cette espèce est la proie d’une autre, cette dernière se retrouve en manque de nourriture,

- si cette espèce est un prédateur, par exemple le thon rouge, cela entraîne la prolifération des espèces proies dont il était le prédateur.

Avec cette pêche sélective, l'homme va jouer sur cet équilibre proies/prédateurs à différents endroits des océans terrestres. Cela peut être sans conséquence lorsque les populations se régénèrent mais peut en amener de plus lourdes si les populations se retrouvent décimées ou presque.

 

Exemple de l’exploitation des forêts tempérées et tropicales

Cette exploitation aboutit à leur transformation progressive. Les forêts qui étaient à l’état primaire, c’est-à-dire à l’état climacique naturel, sont peu à peu transformées lorsque l’homme exploite et récupère certaines essences (par exemple d’arbres et pas d’autres). Ces forêts primaires, qui sont des forêts non touchées par l’homme, telles qu’elles se sont formées naturellement sur Terre, sont devenues pour la plupart des forêts secondaires, c’est-à-dire dont la composition en essences d’arbres mais aussi d’autres espèces a été modifiée. Ce passage de l’état primaire à secondaire s’accompagne d’une diminution de la biodiversité, au niveau des arbres, des végétaux et des animaux. Par exemple, on perd la moitié de la diversité des oiseaux lorsqu’on transforme une forêt primaire en forêt secondaire.

Par son exploitation des écosystèmes, l’homme joue le rôle de perturbateur. En général, un écosystème est capable de résilience, c’est-à-dire d’adaptation et de régénération. Cette résilience dépend de l'ampleur des perturbations apportées par l’homme et des dégâts imposés à l'écosystème.

 

III. Surexploitation des écosystèmes et conséquences planétaires

 

A. La surexploitation des forêts

Dans les forêts, la surexploitation se traduit par une déforestation néfaste au niveau environnemental à petite et à grande échelle.

 

Exemple de la pratique de la coupe à blanc

La coupe à blanc est assez agressive pour la forêt. Il s’agit, dans une surface donnée, de couper tous les arbres quasiment en même temps pour en récupérer et exploiter le bois. Cette coupe à blanc a des conséquences néfastes localement et rapidement :

- Les engins utilisés pour récupérer ce bois polluent puisqu’ils utilisent des énergies fossiles,

- Cela a un effet immédiat sur le sol qui va libérer de l’humidité : il peut y avoir un modification rapide du rapport entre le sol et les nappes phréatiques et donc des inondations

- On observe un tassement du sol dont la modification est assez rapide puisqu’il était lié à la prolifération et à la vie des racines des arbres. En enlevant les arbres, on modifie les relations entre ce qui se trouve en surface et ce qui se trouve dans le sous-sol.

- On observe une érosion du sol, fragilisé par l’absence de couvert végétal retiré brutalement.

La coupe à blanc peut avoir des conséquences néfastes si elle est trop fréquente ou si elle porte sur une surface trop étendue.

 

Exemple de l’abattage sélectif de certaines essences d’arbres

Certaines essences d’arbres sont utilisées pour l’ornementation, pour faire certains meubles, parce-qu’elles fournissent un bois plus résistant ou autre avantage. On perd de la biodiversité, si on abat certains arbres sélectivement de façon intensive sans que cette essence n’ait le temps de se régénérer dans les forêts de nos pays ou dans les forêts tropicales.

 

A l’échelle mondiale, la déforestation aboutit depuis de nombreuses années à une diminution des surfaces, en particulier de la surface de la forêt amazonienne, pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’on exploite le bois mais aussi parce qu’on transforme les surfaces de forêts en surfaces agricoles (on met en place de nouveaux agrosystèmes, des cultures qui n’ont pas la même biodiversité et qui n’ont pas la même façon de capter le carbone). En effet, les forêts sont des puits de carbone, elles en absorbent beaucoup sous forme de dioxyde de carbone et le stockent dans le bois et dans le sol.

La diminution de la surface forestière mondiale, en particulier en Amérique du Sud, aboutit à une libération importante de carbone qui va s’accumuler dans l’atmosphère avec des conséquences climatiques importantes.

Concernant la surexploitation des forêts, il faut aussi évoquer l’effet de lisière. Lorsqu’on modifie une forêt par un abattage d’arbres, surtout un abattage intensif, l’effet ne va pas être seulement local mais va aussi se faire ressentir sur les parcelles environnantes dans lesquelles on va observer plus de mortalité des autres arbres, une augmentation du vent, une modification de l’humidité, une augmentation de la température et encore d’autres modifications des facteurs biotiques et abiotiques. Autrement dit, l’effet ne se limite pas aux forêts mais s’étend aussi aux parcelles voisines.

 

B. La pollution des eaux

L’exploitation des agrosystèmes aboutit à une pollution importante des eaux qui se trouvent au niveau de l’écosystème considéré mais aussi parfois à longue distance puisque ces eaux circulent avec le cycle de l’eau à l’échelle locale et à l’échelle mondiale.

 

Exemple du chlordécone

Il s'agit d'un insecticide employé notamment dans la culture des bananes en Martinique et en Guadeloupe. Cet insecticide est interdit depuis de nombreuses années mais on en trouve encore, puisqu’il s’est accumulé dans les nappes phréatiques, dans certains sols et dans certaines eaux, même en profondeur. Ce chlordécone est responsable d’une augmentation du nombre de cancers. Ainsi cette pollution due à la surexploitation et à la surutilisation de pesticides aboutit à des conséquences graves au niveau environnemental mais aussi au niveau sanitaire.

 

C. Conséquences planétaires

La surexploitation des écosystèmes, en lien avec la mondialisation aboutit à des conséquences planétaires : augmentation des espèces invasives, déplacements d’espèces et augmentation des maladies.

Cela nous concerne directement, par exemple, on sait que les chauves-souris frugivores qui se trouvaient dans les forêts se déplacent, notamment en Afrique, dans les jardins. Or certaines de ces chauves-souris pourraient être le réservoir du virus Ebola. Ainsi, en déplaçant les chauves-souris vers des milieux plus proches des humains, on favorise ces épidémies d’Ebola qui ravagent l’Afrique depuis plusieurs années.

Globalement, on constate un dérèglement climatique avec l’augmentation du carbone libéré vers l’atmosphère. Alors qu’on fait tout pour produire toujours davantage, le dérèglement climatique, via la dégradation des agrosystèmes et des écosystèmes, aboutit à une forte diminution de la productivité. On emploie plus de pesticides, on déforeste plus, etc., et finalement on obtient un rendement moins important. C’est un cercle vicieux qui montre qu’il faut employer d’autres méthodes pour la gestion des écosystèmes et des agrosystèmes afin d’entretenir un développement plus durable et une exploitation plus durable de ces systèmes naturels.