Quatrième Générale > Histoire-Géographie > Le XVIIIe siècle : expansions, Lumières et révolutions > Commerce triangulaire et traite atlantique

COMMERCE TRIANGULAIRE ET TRAITE ATLANTIQUE (Accès libre)

Commerce triangulaire et traite atlantique

Permalien

Télécharger la fiche de cours

L’expression de « commerce triangulaire » désigne le commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique entre la fin du XVIIe siècle et le début du XIXe siècle. Ce commerce se déroule en trois étapes à retenir :

- Les négociants partent d’Europe.

- Il achètent des prisonniers noirs en Afrique. Les prisonniers traversent l’Atlantique dans des conditions extrêmement précaires.

- Enfin, ils sont vendus en tant qu’esclaves pour travailler dans les plantations des colonies américaines. Ces plantations produisent des denrées de luxe qui sont ensuite vendues sur le marché européen au bénéfice des négociants.

 

I. Le départ des négociants européens vers les côtes africaines

 

Tout d’abord, les négociants partent d’Europe. Les négociants sont des personnes qui vivent dans des ports européens comme Liverpool, Bordeaux ou encore Nantes. Pour s’enrichir, ils partent des ports européens en faisant appel à des armateurs pour armer leurs navires, c’est-à-dire trouver un navire, un équipage et de la nourriture. On appelle ces navires des navires négriers.

Ces navires quittent ensuite les ports européens pour aller vers les côtes africaines. Là-bas, ils achètent de futurs esclaves. Ces futurs esclaves ont d’abord été capturés par des chasseurs africains qui travaillent pour des rois africains. Ils sont en général capturés la nuit, car cela est plus facile. Ils sont ensuite échangés contre des produits manufacturés, c’est-à-dire des produits réalisés par l’homme. Il peut s’agir d’alcool, de bijoux ou d’armes. Les négociants échangent ces produits manufacturés avec les chasseurs qui ont capturé les futurs esclaves.

 

II. D’Afrique en Amérique : la traite atlantique

 

Ces futurs esclaves sont ensuite embarqués à bord des navires négriers, et quittent les côtes de l’Afrique après avoir été vendus aux négociants. Les navires se dirigent vers les colonies américaines et traversent l’océan Atlantique en trois ou quatre mois et parcourent environ 3 000 ou 4 000 km.

Exemple d’esclave arrivé en Amérique par le commerce triangulaire : Olaudah Equiano, né en 1745 et mort en 1797, est un esclave affranchi (ce qui signifie qu’il a été libéré de sa condition d’esclave). Il raconte ce voyage, qu’il dépeint comme un voyage dans d’atroces souffrances. En effet, dans les navires négriers, les prisonniers sont parqués dans la cale. Ils sont une cinquantaine ou une centaine entassés les uns sur les autres comme ci-dessous.

 

 

Ils sont également enchaînés et ne sont donc pas libres de leurs mouvements. Les conditions d’hygiène étaient extrêmement précaires. La nourriture était très mauvaise. Certains aliments ne pouvaient pas être conservés pour un si long voyage, notamment les denrées périssables comme les fruits. Faute de fruits à bord des navires, le scorbut, une maladie liée à la carence de vitamine C (qui est essentiellement présente dans les fruits), se développe souvent chez de nombreux prisonniers. Cette maladie, responsable de la perte de la dentition, peut entraîner la mort.

 

III. Le travail des esclaves dans les plantations des colonies américaines

 

Après trois ou quatre mois de voyage, ces prisonniers africains arrivent dans les colonies européennes du continent américain : c’est la troisième étape du commerce triangulaire. Ils vont alors devoir travailler dans des plantations. Ils sont d’abord achetés par des « maîtres » blancs : le captif africain devient alors un esclave. D’après la définition du Code noir, un texte juridique, « l’esclave est la propriété de son maître » et constitue ce qu’on appelle alors « un bien meuble ». Il travaille gratuitement pour son maître dans une plantation, qui appartient à ce dernier.

 

Une plantation est organisée de la manière suivante :

- Des lieux d’habitation où se trouve la maison du maître. Il s’agit d’une maison coloniale très grande, avec un étage, un mobilier important et luxueux. Cette maison témoigne de l’importance du maître. Elle est située en hauteur par rapport au reste de la plantation, ce qui marque la domination du maître sur ses esclaves.

- Les esclaves vivent dans des cases, c’est-à-dire dans de petites cabanes en bois ou en paille.

- Ils travaillent dans les champs, qui peuvent être par exemple des champs de canne à sucre. Ils coupent la canne à sucre, qui est ensuite amenée dans un moulin à eau où la canne est écrasée pour en extraire le jus. Le jus de canne à sucre est ensuite brûlé dans la sucrerie, ce qui le transforme en cristaux de sucre.

 

Le sucre, denrée coloniale précieuse, ne reste pas dans la colonie. Il traverse l’Atlantique pour être vendu dans les ports européens et ainsi enrichir les négociants.