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CONDITIONS FÉMININES DANS UNE SOCIÉTÉ EN MUTATION

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Conditions féminines au XIXe siècle

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I. Les femmes au foyer

 

En 1793, un député de la Convention (l’Assemblée nationale de la Première République), affirme que la priorité des femmes doit être de s’occuper des enfants et que leur place doit être cantonnée à la maison et au foyer. Il estime ainsi que les femmes sont intellectuellement limitées, qu’elles ne peuvent pas réfléchir et qu’elles n’ont rien à faire dans le domaine politique.

Au XIXe siècle, cette vision persiste. On apprend aux filles et aux adolescentes, dès l’école primaire, pendant deux ou trois heures par semaine, différentes tâches ménagères. Par cet apprentissage, on transmet également aux filles l’idée qu’il y a un ordre social à respecter et qu’elles doivent rester à leur place, c’est-à-dire à la maison, à élever les enfants. Par ailleurs, les femmes sont considérées comme « mineures » par rapport aux hommes, et ont un statut inférieur à ces derniers.

 

II. Les femmes au travail

 

Cependant, certaines femmes travaillent. Au XIXe siècle, 35 % des femmes travaillent (tandis que les hommes sont 65 % à travailler). Les femmes travaillent notamment dans l’industrie textile, dans les usines, ou dans les mines de charbon.

Dans les usines, comme les hommes, les ouvrières ont des conditions de travail difficiles. Le XIXe siècle est marqué par la révolution industrielle et l’invention de la machine à vapeur, il fait très chaud dans les usines. Elles manipulent parfois des produits dangereux pour la santé, ou bien travaillent sur des machines qui demandent une grande rapidité. Les risques de blessure sont importants et il n’y a pas de protection sociale.

Les femmes travaillent également dans les mines. Émile Zola en donne un exemple dans son roman Germinal, où Catherine, l’un des personnages, est une jeune adolescente qui travaille dans les souterrains des mines pour en extraire du charbon. Émile Zola décrit le processus d’extraction du charbon, qui, une fois extrait de la roche, est transporté dans des wagonnets qui remontent à la surface. Une fois encore, les conditions de travail sont extrêmement difficiles.

Elles travaillent aussi en tant que domestiques ou à la campagne, en tant que paysannes, comme le montre le tableau de Jean-François Millet ci-dessous, Les Glaneuses, où l’on voit des femmes en train de glaner les grains qui donneront le blé. Elles travaillent courbées et font des gestes répétitifs.

 

 

La mobilité sociale est très rare, mais elle existe tout de même dans certains cas, comme celui de Jeanne Derouin, une lingère (chargée de nettoyer les vêtements) qui devient institutrice.

 

III. Une émancipation des femmes pour des droits politiques

 

Cependant, certaines figures féminines prônent l’émancipation des femmes, par l’obtention de droits politiques et de droits civils. Hubertine Auclert est considérée comme la première suffragette française, c’est-à-dire la première militante pour les droits politiques des femmes (notamment le droit de vote). Elle s’exprime par différents moyens :

- des discours,

- des actions spectaculaires (comme lors des élections législatives de 1908, lorsqu’elle renverse une urne qu’elle considère illégale car les femmes n’ont pas le droit de vote),

- l’écriture : elle écrit dans son journal, La Citoyenne, et fait passer ses idées.

Cependant, les droits politiques des femmes ne s’affirment pas au XIXe siècle, elles obtiennent le droit de vote en 1944, alors que le suffrage universel direct masculin a été instauré depuis 1848.

Une autre femme est connue pour avoir milité pour les droits civils des femmes, et plus particulièrement les droits concernant le mariage : George Sand. Elle écrit dans son roman Indiana la réponse d’une femme à son mari : « Vous pouvez m’imposer le silence, mais vous ne pouvez pas m’interdire de penser. » Ici, le personnage de George Sand fait référence au mariage et le critique. En effet, le Code civil est jugé trop restrictif car il n’établit pas de droits pour les femmes mariées.

 

Conclusion

 

 

Au XIXe siècle, l’émancipation des femmes commence. Mais malgré tout, les femmes conservent leur statut inférieur à celui des hommes et sont considérées comme « mineures ». La condition des femmes a beaucoup progressé depuis lors, mais certaines traces de ces inégalités entre les femmes et les hommes demeurent. Dans les programmes scolaires, par exemple, la part belle est faite aux hommes, tandis que la représentativité des femmes en politique reste inférieure à celle des hommes (il y a moins de femmes que d’hommes au parlement, c’est-à-dire à l’Assemblée nationale et au Sénat, même s’il y a eu des progrès à l’Assemblée nationale au cours de ces dernières années). Au travail, il y a encore aujourd’hui en France des inégalités salariales entre les femmes et les hommes (une femme cheffe d’entreprise gagne moins qu’un homme chef d’entreprise).