Terminale Economique et Sociale > Histoire-Géographie > Dynamiques géographiques des grandes aires continentales > Stage - Japon - Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales

STAGE - JAPON - CHINE : CONCURRENCES RÉGIONALES, AMBITIONS MONDIALES

Exercice - Japon, Chine : stratégies régionales et échanges diplomatiques



L'énoncé

Document : Cette nuit en Asie : La Chine et le Japon vont-ils enfin réussir à se parler ?

Les deux pays se sont entendus dimanche soir pour relancer les grands sommets bilatéraux entre leurs dirigeants après des années de dissension.

Après avoir enchaîné les altercations diplomatiques, Pékin et Tokyo viennent d'annoncer que le premier ministre chinois, Li Keqiang, allait prochainement se rendre au Japon pour un sommet trilatéral auquel serait également associé le gouvernement sud-coréen. Une visite qui permettrait de réactiver une séquence de visites bilatérales gelée depuis des années.

Se retrouvant dans la capitale chinoise pour un rare entretien, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, et son homoloque nippon, Taro Kono, ont ainsi indiqué dimanche soir qu'ils étaient désormais prêts à tenter de réchauffer leur relation bilatérale, si cruciale dans une Asie dont ils sont les grands animateurs économiques et politiques.

Si le premier ministre japonais Chinzo Abe a croisé, l'an dernier, le président chinois Xi Jinping à l'occasion de plusieurs réunions multilatérales, il n'a pas effectué de visite d'Etat officielle à Pékin depuis l'enveniment de leurs relations en 2012. Le chef de l'Etat chinois n'est lui jamais venu à Tokyo depuis son accession à la tête du parti communiste et aucun président chinois n'a plus effectué de visite d'Etat dans l'archipel depuis Hu Jintao en... 2008.

Instrumentalisation de la relation bilatérale

Ayant détourné cette relation bilatérale sensible pour en faire un instrument de politique intérieure auprès d'opinions publiques se méfiant l'une de l'autre, les deux exécutifs restent profondément divisés sur plusieurs dossiers. Pékin continue ainsi de contester bruyamment la souveraineté de Tokyo sur les Senkaku, des îles inhabitées de mer de Chine orientale, et ne cesse de harceler les forces nippones qui patrouillent les mers autour de ces territoires baptisés "Diaoyu" en Chine.

À la mi-janvier, le gouvernement japonais, qui craint les pulsions hégémonistes de Pékin dans l'ensemble de l'Asie, s'est ainsi offusqué du passage près de ces îles, dans la zone contiguë juste à l'extérieur des eaux territoriales nippones, d'un sous-marin d'attaque chinois à propulsion nucléaire.

Les deux pays s'accrochent aussi régulièrement au sujet de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Pékin reproche régulièrement à Tokyo de ne pas reconnaître pleinement l'ampleur des crimes que l'armée impériale a commis dans les années 30 et 40 sur le sol chinois. Les visites de cadres du pouvoir conservateur au sanctuaire Yasukuni à Tokyo, pour prier les âmes des soldats morts pour la patrie, sont dénoncées en Chine comme autant de preuves de l'absence de remords d'une partie des autorités nippones.

Des divisions sur le dossier nord-coréen

Malgré cette défiance indélébile, les deux pays estimeraient qu'ils sont tout de même contraints de collaborer sur plusieurs grands dossiers régionaux. Dimanche, lors de leurs échanges, les deux pays ont affirmé qu'ils souhaitaient renforcer leurs échanges économiques, dont le dynamisme a des répercussions sur l'ensemble de la région. Ils ont aussi promis de collaborer à un apaisement des tensions dans la péninsule coréenne mais n'ont pris aucune initiative nouvelle sur ce dossier, qu'ils approchent toujours avec des stratégies très différentes.

Suivant la ligne de Washington, Tokyo presse Pékin d'user de son influence pour contraindre Pyongyang à accepter de négocier un abandon, à terme, de son arsenal nucléaire.

Mais la Chine soutient toujours, elle, la solution globale d'un "gel réciproque" dans laquelle Pyongyang pourrait stopper ses programmes nucléaire et balistique si les Etats-Unis acceptaient, de leurs côtés, de renoncer à leurs grands exercices militaires organisés régulièrement dans la péninsule avec leurs alliés sud-coréens. Une condition que rejettent catégoriquement Washington et Tokyo.

Les Echos, 29 janvier 2018, Yann Rousseau


  • Question 1

    Quels sont les deux principaux éléments qui constituent la "pomme de la discorde" dans les relations sino-japonaises ?

  • Question 2

    Quels éléments d'actualité permettent d'expliquer ce réchauffement des relations diplomatiques entre les deux puissances ?

  • Question 3

    En quoi les contreparties attendues par Pékin pour son intervention dans le règlement de la crise coréenne ("renoncer à leurs grands exercices militaires organisés régulièrement dans la péninsule avec leurs alliés sud-coréens") traduisent la volonté chinoise de jouer un rôle de plus en plus proéminent sur la scène diplomatique internationale ?

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