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LA CONTRACEPTION

La contraception est l’ensemble des méthodes qui permettent d’éviter une grossesse non désirée. Elle permet aux couples qui ont des rapports hétérosexuels par voie vaginale d’éviter la production d’un embryon et ensuite de tomber enceinte.

Elle s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes même si la plus employée et l’une des plus efficaces est la pilule féminine. Dans la contraception, on empêche la production d’un embryon. La contraception au sens strict serait donc d’empêcher la fécondation, c’est-à-dire la naissance d’une cellule œuf qui va se développer dans les voies génitales de la femme et donner un bébé.

Il existe une contraception régulière, classique et utilisée au quotidien ou d’urgence éventuellement. Si la contraception au sens strict échoue, on parle de contragestion.

 

I. La contraception régulière

 

A. Principe de la contraception régulière

Elle est utilisée quotidiennement et a le moins d’impact sur la santé. La contraception régulière peut être toutes les méthodes qui empêchent une fécondation au cours d’un rapport hétérosexuel vaginal. La plus employée est la pilule féminine, qui contient des hormones de synthèse (produites en laboratoire). On parle d’oestroprogestatives de synthèse. Elles se prennent sous forme de comprimés sur des plaquettes pendant 21 ou 28 jours du cycle selon le type de pilule.

On dit que ces hormones de synthèse « leurrent » le système reproducteur : elles agissent presque comme les hormones produites naturellement par l’appareil reproducteur de la femme. Elles modifient le fonctionnement de ce système reproducteur en maintenant les taux hormonaux naturels bas pendant tout le cycle. Il n’y a pas de pic de l’hormone LH vers le milieu du cycle.

 

B. Modes d’action de la pilule féminine

La principale action de la pilule féminine est de bloquer l’ovulation : s’il n’y a pas d’ovulation, il n’y a pas d’ovule disponible pour une éventuelle fécondation. Selon les pilules, il peut y avoir d’autres modes d’action supplémentaires. Plus il y a de modes d’action de la pilule, plus son efficacité est grande.

En plus de bloquer l’ovulation, la pilule peut avoir un effet sur la paroi de l’utérus. Elle empêche l’épaississement cyclique de l’endomètre. S’il n’y a pas de développement de la paroi utérine, il n’y a aucune installation possible de l’embryon dans l’utérus : aucune grossesse n’est possible.

Certaines pilules limitent ou bloquent le passage des spermatozoïdes entre le fond du vagin et l’utérus. Au niveau du col de l’utérus, à l’entrée, on retrouve un mucus, un liquide plus ou moins épais qu’on appelle la glaire cervicale. Certaines pilules ont une action d’épaississement de cette glaire cervicale qui la rende comme un filet très serré et bloque donc le passage des spermatozoïdes.

Il existe des contraceptions hormonales masculines même si elles restent encore peut-être moins efficaces et moins utilisées de nos jours. En contraception régulière on peut aussi utiliser le préservatif qui a aussi l’avantage de protéger contre la transmission des infections sexuellement transmissibles (IST).

 

II. La contraception d’urgence : la pilule du lendemain

 

Lorsque la contraception régulière a été mal utilisée (oubli de la pilule ou préservatif déchiré), on peut avoir recours à la contraception d’urgence après un rapport sexuel considéré à risque. On appelle aussi cette contraception la pilule du lendemain. Plus cette pilule est prise tôt après le rapport sexuel à risque, plus elle a de chances d’être efficace et donc d’empêcher la grossesse. Il vaut mieux la prendre dans les 12 heures qui suivent le rapport mais elle peut être prise jusqu’à 3 voire 5 jours pour les dernières pilules mises au point. La pilule du lendemain peut être celle qui contient du levonorgestrol par exemple.

Comme la pilule féminine, elle peut bloquer l’ovulation si elle n’a pas encore eu lieu mais de façon plus violente. Elle va aussi avoir un effet sur la glaire cervicale en bloquant le passage des spermatozoïdes.

On comprend donc qu’il vaut mieux la prendre le plus tôt possible après le rapport sexuel. Néanmoins les spermatozoïdes peuvent vivre jusqu’à cinq jours dans le vagin avant de passer dans l’utérus et ensuite de remonter éventuellement dans les trompes jusqu’à un éventuel ovule.

 

III. La contragestion : délais et possibilités d’avortement

 

Si la contraception régulière ou d’urgence échoue (peut-être successivement) et qu’il y a une grossesse, toute femme en France peut décider de ne pas porter cette grossesse à terme qu’elle soit mineure ou majeure. Une grossesse peut être révélée par un test urinaire de grossesse. La femme peut avoir recours à la contragestion. Ici on empêche la gestation (le développement de l’embryon, qui deviendra un fœtus puis un bébé à sa naissance).

La contragestion est l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle est possible en France pendant les premières semaines de grossesse et peut se faire de deux façons selon le stade de la grossesse :

- Au cours des 5 premières semaines après la fécondation, on peut avoir recours à des médicaments. On parle d’IVG médicamenteuse. Ces médicaments mettent fin au développement de l’embryon qui est ensuite expulsé par contractions de l’utérus.

- Si l’on a dépassé les 5 semaines après fécondation, la femme peut avoir recours à une IVG chirurgicale en milieu hospitalier jusqu’à 12 semaines après la fécondation.

 

Le test de grossesse n’est efficace que 2 semaines après la fécondation car il faut un retard des règles. Il faut que le cycle ait atteint son terme. Cela veut dire qu’entre le retard des règles et l’IVG médicamenteuse, il y a 3 semaines de délai et pour l’IVG chirurgicale, 10 semaines de délai environ.

Passé ce délai, la femme ne peut plus décider d’avorter en France : elle n’en a plus la possibilité par la loi. Il existe en revanche des cadres d’interruption médicale de grossesse (IMG) qui peuvent être plus tardifs. Ils sont décidés par des équipes médicales au vu d’un problème grave dans le développement du fœtus qui pourrait avoir des répercussions sur sa qualité de vie ou même sur sa survie à la naissance.