Création, continuités, ruptures : deuxième moitié du XXe siècle

Création, continuités, ruptures dans la deuxième moitié du XXe siècle

I. Histoire littéraire

 

– Théâtre : Eugène Ionesco, avec La Cantatrice chauve, fait partie du théâtre de l’absurde. C’est une comédie, inspirée du vaudeville, mais en rupture avec la logique de communication et un recours à l’absurde systématique. La rupture avec la logique de communication se traduit par des personnages qui se parlent sans se comprendre, des ordres dont l’exécution est différée. Les personnages sont censés se connaître mais ont oublié qu’ils sont mari et femme et qu’ils dorment dans le même lit. On peut parler de conversations à bâtons rompus, cela va dans tous les sens, il n’y a pas de fil conducteur. Un couple qui rencontre un autre couple chez lui et la bonne, cela semble traditionnel dans le théâtre de boulevard, mais tout le reste est décousu, l’ordre n’existe plus. Cette rupture avec le théâtre traditionnel fait écho à la perte de sens après la Seconde Guerre mondiale. Comment faire pour toujours raconter des histoires, y a-t-il un intérêt à raconter des histoires ?

– Roman : Michel Butor, La Modification. Butor fait partie du mouvement appelé « le nouveau roman », avec Sarraute, Robbe-Grillet où il s’agit de réinventer les manières de raconter des histoires. Le narrateur n’utilise pas le « je » ou le « il », mais dit « vous ». Le « vous » est omniprésent : « vous prenez ce train pour Rome », « vous entrez dans la gare ». Il raconte le voyage pour rencontrer sa maîtresse à Rome, mais il va raconter l’histoire du voyage plutôt que celui de la retrouver là-bas. Cela crée une rupture dans l’énonciation (qui parle à qui ?). Les pronoms habituellement utilisés dans le discours sont utilisés pour la narration. Le nouveau roman ne répond pas à des règles qu’on aurait mises par écrit. Les auteurs du nouveau roman se sont livrés à des expérimentations nouvelles.

 

II. Philosophie

 

– Michel Foucault, Qu’est-ce qu’un auteur ? L’auteur est défini comme fonction. D’habitude, l’auteur est vu comme une personne, qui a une vie, avec des événements qui l’ont influencés, en prise avec l’histoire de son temps. Foucault estime que c’est la fonction d’écrire qui définit l’auteur, c’est une voix impersonnelle qui doit créer. L’auteur ne doit pas être vu pour ses choix religieux, idéologiques, biographiques.

Aussi, Foucault définit l’auteur comme responsable au niveau de la loi, responsable de son texte. C’est celui qui peut être condamné pour le texte, si le texte est jugé immoral. L’auteur c’est juste la voix qui parle, et c’est celui qui va produire le discours. On rompt avec l’auteur romantique exalté, en enlevant la notion de génie. On parle d’auteur plus que d’écrivain.

 

Il y a beaucoup de ruptures dans cette partie du XXe siècle, plus que de continuités, contrairement à la première moitié du XXe siècle. Celles-ci se trouvent dans la littérature mais aussi dans les autres arts.