Éducation, transmission, émancipation : XXe siècle

Éducation, transmission, émancipation au XXe siècle

Le XXe siècle est une période importante pour la question de la pédagogie, il creuse le sillon dessiné par Rousseau dans l’Émile. Il s’agit de se focaliser sur les besoins de l’élève avec des pédagogies nouvelles comme Montessori, Freinet (des écoles primaires portent ces noms), de plus en plus populaires depuis quelques années. Certains auteurs sont présentés mais ne sont pas toujours sur la même ligne que ces nouvelles pédagogies. On se demande alors s’il faut se focaliser sur les besoins de l’élève (soit pour, soit contre).

 

– Alain écrit Propos sur l’éducation, à partir de son expérience de professeur à l’École Normale Supérieure et au lycée. Il montre qu’il faut se focaliser sur l’élève plus que sur le contenu à transmettre. (Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il se moque de savoirs.) C’est davantage l’élève qui travaille de façon active plus que le professeur. L’élève n’apprend que s’il est actif, s’il se met au travail, s’il réfléchit lui-même plutôt que recevoir les pensées toutes faites du professeur. Il prône les heures de cours ou l’élève s’exprime davantage que le professeur, qui est moins en position de maître.

 

– Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe critique la représentation de la femme en Occident, et réfléchit sur la femme et la place dans la société de l’après-guerre. Elle-même professeur de philosophie, elle va étudier le problème de l’éducation des femmes. Elle va relever le fait que ses élèves filles se sentent moins douées que les garçons (sur des textes complexes comme Kant) comme si les filles ne pouvaient pas comprendre. Par ailleurs, à l’époque les concours étaient spécifiques aux filles et aux garçons, comme si les deux sexes n’avaient pas les mêmes capacités. Elle montre que l’éducation est différente selon les genres. Ce texte fait preuve de nouveauté même si on a déjà des réflexions au XVIIIe sur l’école de filles.

 

– Hannah Arendt, dans son ouvrage La Crise de la culture, écrit un texte nommé « Crise de l’éducation », où elle questionne le refus de l’autorité, la chute de certaines institutions, comme l’Église. L’autorité, explique-t-elle, ce n’est ni la force (contrainte physique), ni la séduction (on manipule on cherche à plaire). L’autorité est une obéissance à un pouvoir qu’on reconnaît comme légitime. Comment est-ce qu’on éduque ? Qu’est-ce qu’être éduqué, être élève ? Et en quoi la transmission, l’émancipation se fait dans un contexte ou l’obéissance se fait défaut, n’est plus la mode ?

 

Ainsi, la question de l’éducation, de la transmission et de l’émancipation nous mène à penser différentes questions sur les besoins de l’élève. Est-ce que ce sont des besoins spécifiques, aux hommes et aux femmes ou pas du tout ? Faut-il obéir pour être éduqué et renoncer à ses besoins, ses envies ? Qui doit faire l’éducation, l’élève ou le prof qui l’oblige à s’éduquer ?