La réduction du coût du travail vise à réduire le chômage classique

Parmi les outils de lutte contre le chômage, il existe un outil qui vise à lutter contre le chômage classique. La réduction du coût du travail vise à réduire le chômage classique.

 

I. Définition : le chômage classique

 

Le chômage classique trouve son origine directement sur le marché du travail. Le prix du travail (c’est-à-dire les salaires) serait trop élevé, en particulier le salaire des travailleurs les moins qualifiés. Les salaires seraient peut-être trop élevés par rapport à leur niveau de productivité. Il faut pouvoir le réduire car peut-être que les chefs d’entreprise n’embaucheraient pas car ils trouvent que cela coûterait trop cher.

 

II. Comment réduire le coût du travail ?

 

Il existe deux solutions pour réduire le coût du travail qui passe par une réduction du salaire brut. Ainsi, soit on réduit le salaire net, soit on réduit les cotisations sociales. Cela paraît difficilement envisageable de réduire le salaire net. C’est pourquoi la baisse des cotisations sociales est l’outil qui a été privilégié par l’État.

La baisse des cotisations sociales existe depuis le début des années 1990 pour l’État français : on a souhaité réduire les cotisations sociales sur les bas salaires. Ce processus est encore à l’œuvre aujourd’hui. Actuellement, il y a des baisses de cotisations sociales pour des salaires qui vont jusqu’à 2,5 SMIC.

Le Conseil d’analyse économique a récemment rendu une étude qui montre que, si on poursuivait ce dispositif, on pourrait créer ou sauvegarder plusieurs dizaines de milliers d’emplois. En revanche, cela est un manque à gagner pour l’État qui peut parfois s’élever jusqu’à plusieurs dizaines de milliards d’euros.

 

III. La baisse des cotisations sociales sur les bas salaires

 

Concernant la baisse de cotisations sociales sur les bas salaires, on peut mettre en évidence ce mécanisme en raisonnant en deux temps :

– Première analyse : si la baisse du coût du travail rend évidemment le travailleur moins cher, les chefs d’entreprise vont embaucher.

– Deuxième analyse plus complexe basée sur une approche de moyen et long terme : si on baisse le coût du travail, cela va baisser les coûts de production des entreprises, c’est un gain d’argent pour ces dernières. Elles vont peut-être, grâce à ce gain d’argent, investir ou baisser leurs prix de vente. De cette façon, elles pourront être plus compétitives et augmenter leurs ventes. Si elles augmentent leurs ventes, elles vont augmenter leur production et peut-être augmenter le niveau des embauches et réduire le chômage.

Les indicateurs qui mesurent le travail et l'emploi

I. Définitions : chômage et emploi

 

Le chômage désigne un phénomène selon lequel des individus ne travaillent pas. Attention, ces individus doivent remplir trois conditions pour être considérés au chômage au sens du BIT (le Bureau international du travail). Grâce à cette mesure, on peut faire des comparaisons internationales. Un chômeur n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant la semaine de référence. Cette personne est en recherche active d’emploi et est disponible sous 15 jours. En 2018, on comptabilisait 2,7 millions de chômeurs en France.

L’emploi est l’inverse. C’est le phénomène selon lequel des individus travaillent, ne serait-ce qu’au moins une heure dans la semaine. En 2018, il y avait 27 millions de personnes en emploi en France.

 

II. Formules de calcul du chômage et de l’emploi

 

Pour calculer le taux de chômage, on divise le nombre de chômeurs par la population active. La population active est l’ensemble des personnes qui ont un travail ou qui en cherche un. En 2018, le taux de chômage s’établissait à peu près 9 %.

Concernant le taux d’emploi, ce n’est pas la même chose. Il faut diviser le nombre de personnes en emploi par le nombre de personnes qui sont en âge de travailler. On s’intéresse aux personnes entre 15 et 64 ans. Si on met en place cette formule, en 2018, le taux d’emploi s’établissait à 65,4 %.

 

III. Une limite : le sous-emploi

 

Il y a une petite limite à ce calcul, parce qu’à partir du moment où une personne travaille ne serait-ce qu’une heure par semaine, elle est considérée comme en emploi. Cela sous-évalue évidemment les personnes qui travaillent peut-être assez peu et qui souhaiteraient travailler plus et sont disponibles pour le faire. Cela est appelé sous-emploi.

Les enquêtes « Emploi » de l’Insee permettent d’établir le niveau du sous-emploi. Il y a peu près 1,6 million de personnes en 2018 qui sont considérées comme en sous-emploi. Cela concerne à peu près 6 % des personnes en emploi. Cela concerne davantage les jeunes, les employés peu diplômés et les femmes.