À quoi servent les déclinaisons ?

I. Exemple : la piscine

 

– En français, beaucoup de phrases peuvent être ambiguës. Si je dis « Tom saute dans la piscine », je peux imaginer Tom au bord de la piscine qui veut sauter à l’intérieur et je peux imaginer Tom qui est dans la piscine et qui saute, par exemple pour attraper un ballon. Ces deux situations peuvent être décrites par cette même phrase : « Tom saute dans la piscine ».

– En allemand cette ambiguïté n’existe pas, puisqu’on a une variation dans l’article qu’on appelle la déclinaison. Dans le cas de figure n°1, Tom est sur le bord de la piscine et saute à l’intérieur, en allemand on a « Tom springt in das Schwimmbad ». Si j’utilise « in das Schwimmbad » je sais que c’est l’endroit où il va. Dans le cas de figure n°2, si Tom saute à l’intérieur de la piscine, en allemand on a « Tom springt in dem Schwimmbad ». La piscine, c’est le lieu où il se trouve, il ne le quitte pas. Il saute sur place, il ne va pas dans un autre lieu, c’est pour cela qu’il y a « dem ».

Finalement, ces deux articles « das » et « dem » correspondent à des cas qu’on appelle accusatif dans le premier cas et datif dans le deuxième cas. Ls déclinaisons sont donc là pour indiquer le plus précisément possible les modalités d’une action (en l’occurrence ici, le lieu).

 

II. Exemple : le cadeau

 

– On imagine une situation dans laquelle sont impliquées trois instances : tout d’abord « je », le sujet, ensuite, un destinataire et un objet, l’ordinateur. On imagine que c’est l’anniversaire de mon frère et je lui donne en cadeau un ordinateur. J’ai donc trois éléments qui entrent en jeu dans ma phrase : moi, l’ordinateur et mon frère. La façon d’exprimer cela en français et très simple : « j’offre un ordinateur à mon frère ».

– En allemand, la préposition « à » n’existe pas telle quelle, dans la phrase il n’y a pas cette préposition. Il y a simplement trois acteurs : « ich » « mein Bruder » et « der Computer ». Il faut donc savoir de quoi il s’agit : qui offre quoi à qui ? En allemand, il existe un système qui est porté par l’article. On a « mein » qui est un possessif et « ein », qui indique la position de l’objet ou du destinataire. Ici, « ich » est le sujet. « Mon frère » est le destinataire, en allemand il y a « meinem », le datif, donc le cas du destinataire. La marque sert à indiquer que mon frère est le destinataire. J’offre quoi ? Un ordinateur, c’est l’objet, COD, on a « einen ». De cette façon, on sait qui fait quoi dans la phrase.

On peut se permettre, contrairement au français, de changer l’ordre des mots dans la phrase. Exemple : si on veut insister sur « mon frère » et dire « C’est à mon frère que j’offre… ». En allemand, on peut le mettre en première position : « Meinem Bruder schenke ich einen Computer ». L’ordre des mots a été inversé mais ça signifie la même chose. En français, comme en anglais, c’est la position des mots qui indique le sens dans la phrase alors qu’en allemand, c’est la déclinaison de l’article. Si je veux insister sur l’ordinateur, je peux le mettre en première place : « Einen Computer schenke ich meinem Bruder. »

 

III. Conclusion

 

Les déclinaisons sont là pour indiquer qui fait quoi à qui dans la phrase. Les marques « -em » « -en » etc., servent comme étiquettes qu’on accroche au groupe nominal pour indiquer que l’ordinateur est l’objet de l’action ou que le frère est le destinataire de l’action. Les déclinaisons sont donc utiles pour être précis et pour bien se faire comprendre.

Les déclinaisons expliquées - Partie 1

I. Rappel : les fonctions en français

 

– Sujet

– COD

– COI

Exemple : « Tu as offert un portable à ta sœur. » Tu (sujet) as offert un portable (COD) à ta sœur (COI).

Il est facile d’identifier le sujet. On se pose la question : « Qui fait l’action ? » C’est « tu » : le sujet. On a ensuite deux éléments : « un portable » et « à ta sœur ». Pour savoir s’il s’agit d’un COD ou d’un COI, on se pose la question s’il s’agit d’une complément d’objet direct (COD) ou indirect (COI). 

Lorsqu’on cherche la réponse à la question « quoi ? » ou « qui ? », « un portable » est la réponse à une question directe, cela signifie que « un portable » est ici un objet direct.

En revanche, le dernier élément ici, « à ta sœur », répond à la question indirecte « À qui ? ». On a aussi des COI qui répondent à la question : « À quoi ?, De qui ?, De quoi ? », par exemple. Dès qu’on passe par cette préposition, c’est comme un détour : le chemin devient indirect. « À ta sœur » est donc un COI. Le COI est souvent utilisé pour identifier le destinataire d’une action.

Exemple : « Ma cousine me racontera mon voyage. » Le sujet est « ma cousine », c’est elle qui fait l’action de raconter. Elle raconte quoi ? Son voyage, il s’agit donc du COD. Et enfin, à qui ? À moi, le « me » est ici le COI. Ainsi, on peut avoir autre chose qu’un groupe nominal en COI.

 

II. Et en allemand ?

 

– Sujet = le nominatif

– COD

– COI

Exemple : Der Lehrer gibt dem Schüler den Stift. Der Lehrer (sujet) gibt dem Schüler (COI) den Stift (COD).

Ici, l’action c’est donner, « geben ». Pour identifier le sujet, on se demande : « qui donne quoi à qui ? » C’est « der Lehrer », qui va faire l’action de donner, on l’identifie comme sujet. Ensuite, on s’intéresse à ce qu’il donne : « Il donne quoi ? », il donne le crayon, « den Stift », c’est le COD. Et enfin, le COI, il donne le crayon « à qui ? », à l’élève. Donc ici, « dem Schüler » est le COI. 

On constate qu’il n’y a pas le « chemin indirect » comme toute à l’heure, on n’a pas de préposition. En allemand, on n’a pas besoin de préposition, pour indiquer le destinataire. Ici, on reconnaît le COI simplement parce qu’il possède un article. C’est l’article qui porte l’indication du fait qu’il soit destinataire de l’action.

Lorsque je regarder les articles, tous sont masculins : le prof, l’élève et le crayon. Sauf que, à chaque fois, l’article est différent : der, dem et den. C’est comme si l’article était une étiquette qui montre le rôle de chacun. Qui a le rôle de donner ? C’est le professeur, « Der Lehrer », puisqu’il apporte l’article « der ». Je sais que l’élève, c’est pas le COD, car on ne donne pas l’élève, on donne le crayon. « Den Stift » est le COD et « dem Schüler » le COI, car il s’agit du destinataire. 

 

Les cas en allemand

En allemand, on appelle cela des cas.

– Le cas du sujet est le nominatif. Il est utilisé à chaque fois qu’il y a un sujet dans la phrase. Dès qu’il y a un sujet ou un attribut du sujet, on est dans le nominatif.

– Le COD fait appel à l’accusatif. C’est le cas pour le crayon dans l’exemple, « den Stift ».

– Le COI fait appel au datif.

– Le génitif sert à exprimer l’appartenance, la possession. On l’utilise quand on souhaite indiquer la fonction de complément du nom. Par exemple « la voiture de mon voisin ». « De mon voisin » indique le possesseur de la voiture. Dans cette configuration, on utilise le génitif en allemand. 

 

Tableau des articles définis

 

Fonction

Cas

Masculin

Féminin

Neutre

Pluriel

Sujet/ attribut du sujet

Nominatif

der

die

das

die

COD

Accusatif

den

die

das

die

COI

Datif

dem

der

dem

den_n

Complément du nom

Génitif

des_s

der

des_s

der

 

 

Les déclinaisons expliquées - Partie 2

I. Les articles indéfinis

 

Fonction

Cas

Masculin

Féminin

Neutre

Pluriel

Sujet/ attribut du sujet

Nominatif

ein

eine

ein

Ø

COD

Accusatif

einen

eine

ein

Ø

COI

Datif

einem

einer

einem

Ø _n

 

En allemand, « un » = « ein » ; « une » = « eine », qui vient de « die », on a la même marque à la fin, et enfin le neutre « ein ». En revanche, l’article indéfini n’existe pas au pluriel, on parle « d’article zéro ». On n’a pas besoin d’article indéfini au pluriel.

Lorsqu’on est en position de COD, à l’accusatif, on a « einen ». Le « den » devient donc « einen ». On se calque sur le tableau de l’article défini, au féminin « eine » et au neutre « ein ». Lorsqu’on est au datif, on va toujours se calquer sur l’article défini. Le « dem » devient « einem », au féminin « einer » et au neutre « einem ». Pour le pluriel, c’est l’article zéro. Il y a juste une petite marque au moment du datif : « – n » (qui s’applique aussi pour l’article défini). Ce « – n » va se coller au substantif.

 

II. Les possessifs

 

Ein, eine, ein, Ø

Mein, meine, mein, meine

Pour les possessifs, on va également se coller à l’article défini. Avec le tableau, on peut facilement pouvoir les décliner. Quand on a « ein », par exemple en parlant des affaires de l’école : « mon crayon » serait « mein Stift » en allemand. Si on parle d’un nom féminin, « ma paire de ciseaux », par exemple, ça serait « meine Schere ». Au neutre, cela donne « mein » et au pluriel, puisqu’il faut exprimer la possession d’objets au pluriel, c’est « meine ».

 

III. Les pronoms

 

Nominatif

ich

du

er/sie/es

wir

ihr

sie, Sie

Accusatif

mich

dich

ihn/sie/es

uns

euch

sie, Sie

Datif

mir

dir

ihm/ihr/ihm

uns

euch

ihnen/Ihnen

 

Pour déterminer si le pronom est le sujet, le COD ou le COI, il est nécessaire de les varier. En français, on utilise cela sans forcément se rendre compte. « Je » peut devenir « me » par exemple, ou « il » peut devenir « lui ».

La première ligne c’est lorsqu’on a un sujet, toujours dans le cas du nominatif. Le « Sie » en majuscule est la forme de politesse.

 

Quelles sont les différences lorsqu’on adapte un pronom à l’accusatif et au datif ?

À l’accusatif, « ich » devient « mich » et au datif il devient « mir ». Le même modèle est suivi avec « du », la deuxième personne, donc « dich » et « dir ».

À la troisième personne, au masculin, on retrouve la marque « ihn », donc le « -n », comme dans « den » ou « einen ».

Enfin, au datif, on utilise la marque « -m » comme pour l´exemple de « dem » ou « einem ». La même chose se passe au féminin. « Sie » c’est comme « die » et « ihr », on a toujours la marque « -r » qui vient indiquer le datif. Pour le neutre, on a « es », comme « das » et puis « ihm », au datif, comme « einem ».

Au pluriel, « wir, ihr, sie » deviennent « uns, euch » à l’accusatif comme au datif.

Pour « sie, Sie » cela change un peu. À l’accusatif, on a « die » dans notre tableau et pour « sie » et « Sie »,  au datif, cela devient « ihnen » et « Ihnen » avec la marque « -n ».