Les métamorphoses du moi : XXe siècle

Les métamorphoses du moi au XXe siècle

Au XXe siècle la question du moi continue à agiter les théoriciens et philosophes, et à être traitée en littérature souvent en lien avec ce que peuvent proposer ces philosophes. Parmi ces différentes théories la plus importante est celle de Freud.

 

Sigmund Freud

Au début du XXe siècle, il élabore plusieurs théories du moi. La première : la conscience existe. Et il y a aussi l’inconscient. Des forces agissent en nous, l’inconscient c’est un peu l’étranger en nous-même, comme dans Le Horla de Maupassant. Ces forces inconscientes nous poussent à vouloir une chose ou une autre. Dans Le moi et le ça, il parle des topiques. Topos veut dire « lieu » en grec. Le moi est un lieu. Il le divise en trois parties :

– Le moi est une instance psychique, c’est la force qui contrôle.

– Le surmoi est ce qui prétend être au-dessus du moi, et il reprend à son compte les lois qui lui sont dictées par l’extérieur. Ce sont les lois morales, familiales (valeurs, croyances), lois sociales, les lois morales religieuses, ou les notions du juste et de l’injuste indépendamment de la Justice absolue en général. Il y a des règles qu’on adopte qu’on pense vraies, auxquelles on n’a pas forcément réfléchi, qui font qu’on s’autorise ou qu’on s’interdit des envies, des craintes.

Le ça sont les pulsions, refrénées ou libérées par le surmoi, car celui-ci ne se prononce pas et le moi laisse le ça se libérer, parfois de façon destructrice.

Les trois instances sont en potentiel conflit et quand le conflit est trop fort, se déclarent des maladies, des symptômes.

 

Jean-Paul Sartre

Dans L’Être et le Néant, il analyse le mécanisme de « mauvaise foi », et récuse l’hypothèse d’inconscient. Sartre, pour s’opposer à Freud, prend l’exemple d’une femme à un rendez-vous amoureux qui laisse sa main sur la table et laisse son amant lui prendre la main. Elle fait semblant qu’elle n’avait pas mis la main sur la sienne. Ce n’est pas de l’inconscient, c’est un mensonge fait à soi-même dans le rapport de séduction qui est lui-même nié. Nous sommes toujours au niveau de la conscience, et c’est plutôt une ruse que la conscience se fait à elle-même.

 

Sur le plan littéraire, beaucoup de textes s’inscrivent dans cette thématique.

 

Thomas Mann

La Montagne magique est un roman de formation. Il s’agit pour le personnage d’apprendre sur lui-même et sur le monde. Le personnage rend visite à un ami dans un sanatorium, placé en altitude, sur une montagne. Il devait rester là que quelques mois et reste sept ans avec d’autres malades en quête d’eux-mêmes. Ici sont reprises certaines théories de Freud.

 

Italo Svevo

La Conscience de Zeno est un roman d’introspection, le personnage principal fait une cure pour arrêter de fumer, et termine par se poser des questions sur sa famille, sa femme. On suit une cure psychanalytique de l’intérieur.

 

BONUS FILMS

A Dangerous Method de Cronenberg, 2011, pour mettre des images sur l’époque de Freud.

– Le vent se lève de Miyazaki, 2013, partiellement inspiré par La Montagne magique de Thomas Mann.