L’Europe de la révolution industrielle

L'Europe au temps de l'industrialisation

Comment l’industrialisation a-t-elle transformé l’Europe au XIXe siècle ?

L’industrialisation est le passage d’une économie artisanale à une économie mécanique, du travail artisanal à un travail mécanisé. La transformation de la société et l’industrialisation commencent en Angleterre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avant de se propager dans l’ensemble de l’Europe au XIXe siècle.

 

I. Des bouleversements économiques majeurs

 

A. Des inventions qui révolutionnent les modèles de production

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Cette transformation est le résultat de deux nouveautés :

– l’utilisation d’une nouvelle source d’énergie : le charbon,

– la création de machines permettant de mécaniser le système de production.

Les ouvriers se regroupent dans des usines à proximité des zones d’extraction du charbon. Ce regroupement donne naissance à des régions industrielles : « pays noir », en référence à la couleur du charbon.

 

B. De la révolution industrielle à la révolution des transports

La locomotive et de nouveaux bateaux à vapeur utilisent le charbon comme source d’énergie. L’invention et la diffusion de ces techniques permet la création de voies de chemin de fer dans toute l’Europe.

Cette révolution des transports joue un rôle important dans l’enrichissement de l’Europe, car elle permet de réduire les coûts et les temps de transport. La conséquence majeure est l’internationalisation des échanges de marchandises (c’est à cette période qu’on situe les débuts du processus de mondialisation).

 

C. L’essor du capitalisme

Les personnes possédant un capital financier (= de l’argent) l’investissent dans des usines et deviennent entrepreneurs. Parfois, ceux-ci n’ont pas assez d’argent et peuvent emprunter aux banques ou rendre leur société anonyme : ils divisent la propriété de l’entreprise en morceaux, les actions. Quelqu’un qui souhaite devenir propriétaire de l’entreprise peut acheter une ou plusieurs actions vendues à la bourse. Les actionnaires récupèrent une part des bénéfices annuels de l’entreprise.

 

II. Entre croissance démographique et migrations

 

A. Les débuts de la transition démographique en Europe

En Europe, la population augmente fortement : la révolution industrielle est une période de croissance démographique. La population européenne passe de 190 millions d’habitants en 1800 à plus de 240 millions en 1900. Cette forte croissance démographique est due à la baisse du taux de mortalité et à l’augmentation du taux de natalité. Les conditions de vie s’améliorent (vaccins, médecine, hygiène de vie).

 

B. Des migrations importantes

Cependant,  les crises économiques et les tensions politiques dans certaines régions provoquent la migration de certaines populations :

– vers l’étranger : plus de 60 millions de personnes migrent dans d’autres pays dont 30 millions vers les États-Unis. Les autres migrent vers les « pays neufs » (Canada, Brésil).

– à l’intérieur d’un pays : c’est l’exode rural. Il s’agit de migrations beaucoup plus courtes. Les habitants des campagnes partent pour la ville où il y a du travail.

 

III. Des transformations sociales nombreuses

 

A. La naissance et l’opposition progressive de deux classes sociales

L’industrialisation s’accompagne de nombreuses transformations sociales. En France, de plus en plus d’ouvriers travaillent dans les usines ou dans les mines de charbon. Les conditions de travail sont difficiles et même dangereuses.

Au XIXe siècle, la transformation de l’économie a pour conséquence la transformation de la structure sociale de la société. Peu à peu, deux classes commencent à s’opposer :

– les prolétaires, qui travaillent énormément et gagnent peu d’argent,

– la bourgeoisie détentrice du capital, possède les moyens de production (les usines et les machines) et s’enrichît beaucoup sans véritablement participer au processus de production de richesse.

 

B. La création de lois sociales

Face à des conditions de travail harassantes et au mécontentement des prolétaires, des lois sociales sont votées et mises en place dans le but d’améliorer les conditions de travail des prolétaires :

– la réduction du temps de travail,

– une limite de l’âge à partir duquel les enfants peuvent travailler,

– le droit de grève est accordé aux ouvriers,

– le droit de s’unir et d’être représentés auprès du patronat (naissance des syndicats).

En leur octroyant des droits, l’État leur donne la possibilité de s’exprimer et même de s’opposer aux décisions prises par leurs patrons.

 

IV. Vers de nouveaux idéaux

 

A. L’essor des nationalismes

Au XIXe siècle, le nationalisme est une idéologie politique qui repose sur l’idée de faire correspondre les limites d’un État avec les limites géographiques d’un peuple défini. Au début du XIXe, les grands empires du centre de l’Europe sont multi-ethniques. D’autres peuples se trouvent sur un territoire morcelé. Les différents nationalismes consistent donc à vouloir accorder à ces minorités des États qui leur sont propres. Ainsi, l’Italie est unifiée en 1870 et l’Allemagne en 1871. En France, les réflexions politiques autour du nationalisme sont en partie à l’origine de la mise en place de la Deuxième République en 1848.

 

B. De nouveaux idéaux économiques et politiques

Il naît de nouvelles idées à propos de l’économie. Deux courants de pensée se distinguent :

– le libéralisme économique, dont l’idée principale est d’empêcher l’ingérence de l’État dans les affaires des particuliers et dans l’économie,

– le socialisme, au contraire, établit que l’État doit intervenir dans l’économie afin de réduire les inégalités de richesse dans la population.

Dans la même lignée, le marxisme (référence à Karl Marx dont se réclament les marxistes) est plus extrême que le socialisme : il considère que c’est au prolétariat de posséder les moyens de production de cette richesse et que la révolution est le meilleur moyen de prendre le pouvoir.

Par ailleurs, l’Église perd de l’influence. Les nouveaux progrès technologiques et scientifiques contribuent à remettre en cause la parole et le pouvoir de l’Église.