Cours Stage - État et religions aux États-Unis

Exercice - Religion en politique aux États-Unis

L'énoncé

Document 1 : Premier amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique

"Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice, de limiter la liberté de parole ou de presse, ou le droit des citoyens de s’assembler pacifiquement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour qu’il mette fin aux abus."

 

Document 2 : Ilhan Omar, députée au Congrès des États-Unis

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Document 3 : "Le voile, bientôt autorisé au Congrès", Le Figaro, 21 novembre 2018

"Le règlement intérieur du Congrès américain va changer, permettant ainsi le port du voile dans l'enceinte du Capitole, rapporte le site Rollcall. Cette décision, initiée par les démocrates, va permettre à Ilhan Omar de siéger, la réfugiée somalienne qui a été élue au Congrès à l'issue des élections de mi-mandat.

C'est un passage du règlement intérieur, datant depuis 181 ans, qui va évoluer autorisant donc d'avoir la tête couverte s'il s'agit d'un signe religieux comme le voile ou la kippa. Une fois le changement validé, Ilhan Omar sera la première femme voilée à siéger au Capitole." 


Question 1

Comment se manifestent les deux traditions de laïcité états-uniennes et quel rapport entre institutions et religions expriment ces documents ?

Rédiger un paragraphe argumenté pour répondre à la question.

Notre corpus documentaire est composé de trois documents. Le premier est un extrait du premier amendement des États-Unis concernant la neutralité de la religion. Le second est une photographie d'une députée américaine au Congrès, Ilhan Omar, siégeant voilée. Le troisième et dernier document est un article de journal du Figaro traitant de la modification du règlement intérieur du Congrès en vue de faire autoriser le voile et autres couvre-chefs religieux au congrès.

Ces trois documents illustrent bien la tension qui a pu être évoquée par Denis Lacorne dans De la Religion aux États-Unis. Il y faisait le constat d'une double tradition : celle qui serait née des Pères fondateurs au moment de la Constitution et qui insistait sur une stricte séparation entre le pouvoir et la religion. La deuxième tradition est née au XIXe et XXe siècles et a vocation à "marier le crédo des institutions avec le protestantisme". Cela débouche sur un mélange de plus en plus important dans les pratiques entre pouvoir et religion.

Or, nous savons que l'Amérique n'est pas composée uniquement de protestants mais que d'autres minorités religieuses sont très présentes telles que les catholiques ou les musulmans. 

Le premier document illustre parfaitement la première tradition évoquée par Denis Lacorne : il était question d'une stricte neutralité et l'État ne devait faire "aucune loi ayant pour objet l'établissement d'une religion". Cependant, les recompositions sociales et religieuses des États-Unis, nées en partie de l'immigration du XIXe et XXe siècles, créent de nouveaux contextes. C'est le cas de Ilhan Omar, une des premières députées musulmanes du congrès. L'article de presse de notre corpus évoque que le règlement intérieur du Congrès pourrait évoluer. Celui-ci interdit le port de couvre-chef, laïc ou religieux. On pourrait alors porter le voile ou le turban dans l'exercice de ses fonctions.

Il y a donc une certaine accommodation des institutions américaines avec la religion. C'est particulièrement vrai pour le protestantisme, tradition des États-Unis, mais aussi pour les minorités américaines. Cela est en grande partie dû à l'héritage de la liberté religieuse des Pères fondateurs, qui, malgré le fait qu'ils aient voulu établir une stricte séparation, on instauré un principe de tolérance religieuse qui a survécu. 

Présenter les documents. Puis les mettre en relation avec ce qui a pu être évoqué par Denis Lacorne dans son ouvrage De la Religion aux États-Unis.