Cours Stage - L'information à l'heure d'internet

Composition - Bienfaits et dangers de l’information sur Internet

L'énoncé

Sujet de composition : Bienfaits et dangers de l’information sur Internet 


Question 1

Rédiger une introduction.

[Accroche et présentation générale du sujet]

Internet et singulièrement les réseaux sociaux (dont ce n’est pas pourtant pas la vocation initiale) s’imposent chaque jour davantage comme les principaux vecteurs d’information à travers le monde.

[Définition des termes du sujet]

Par information sur Internet, il faut ici entendre tous les faits et jugements rapportés à la connaissance d’un public sous la forme de textes, d’images, de sons ou de vidéos sur Internet, le réseau informatique global résultant de l’interconnexion d’appareils numériques de tout type.

[Annonce de la problématique]

Dans quelle mesure faut-il se réjouir, ou au contraire s’inquiéter, des profondes transformations apportées par Internet à la manière de produire, de diffuser et de recevoir des informations ?

[Annonce du plan]

Pour répondre à cette question, nous soulignerons quels sont les bienfaits d’Internet en matière d’information (I), avant d’en identifier les éventuels dangers (II), mais en veillant à chaque étape à ne pas tomber dans un approche caricaturale qui idéaliserait ou au contraire diaboliserait l’apport d’Internet comme vecteur d’information.  

Rappel des quatre étapes :

- Accroche et présentation générale du sujet

- Définition des termes du sujet

- Annonce de la problématique

- Annonce du plan

Question 2

Proposition d'un plan détaillé.

I. Les bienfaits d’Internet en matière d’information

 

A l’heure Internet, la diffusion de l’information mais aussi sa création sont à bien des égards plus fluides, démocratiques et libres.

 

- Accès élargi à l’information facilité (> 4 milliards d’internautes + possesseurs de smartphones).

- Accès (théorique) à une grande variété de sources et à une masse d’informations. Une tendance renforcée par le fait que quasiment tous les médias d’information traditionnels sont désormais eux aussi présents sur Internet (presse écrite, TV, radio).

- Personnalisation de l’information à la demande (alertes et configurations personnalisées).

- Circulation beaucoup plus horizontale de l’information, en phase avec l’aspiration démocratique à plus d’égalité (perte du monopole des « gatekeepers » traditionnels sur la sélection des contenus (mais en contrepartie importance des algorithmes et des moteurs de recherche).

- Chaque internaute avec son smartphone/appareil photo connecté devient un journaliste potentiel… sans en avoir pour autant la formation et les contraintes.

- Esprit de liberté à l’origine du réseau Internet (1996 : Déclaration d’Indépendance du cyberespace publiée par J. P. Barlow).

- Gratuité (dominante) des contenus informatifs, principe du partage et de la collaboration (Wikipedia).

- Favorise la diffusion d’informations que des acteurs mêmes très puissants (État chinois, CIA, multinationales) ne voudraient pas voir divulguer : JALON : Les lanceurs d’alerte (ex : E. Snowden 2010) ; difficulté de supprimer une information déjà en ligne.

 

Transition : Ce dernier point révèle toute l’ambiguïté du nouveau rapport à l’information introduit par Internet. La diffusion sans contrôle d’informations par des lanceurs d’alertes peut jouer un rôle salutaire pour la défense des libertés, le droit à l’information et même la vie des individus (ex : révélation de la lanceuse d’alerte I. Frachon sur le médiator), mais la diffusion sans contrôle de fausses nouvelles ou de données personnelles est tout autant une menace pour la démocratie et les libertés individuelles.

 

II. Les dangers de l’information sur Internet

 

Les dangers de l’information sur Internet peuvent prendre des formes différentes dont les plus inquiétantes ne sont pas forcément les plus visibles.

 

- Les réseaux sociaux (Facebook en tête) n’ont pas été pensés et prévus à l’origine comme des médias d’information, mais de fait le sont devenus et massivement → Distinction entre l’information journalistique soumise à des règles, et la communication sans contrainte d’opinions sur les réseaux (ou avec un contrôle mais obéissant à d’autres règles et à d’autres finalités).    

- Uniformisation de l’information (logique du copier/coller/transférer dominante), sources pas aussi diversifiées que l’abondance de contenu pourrait le faire penser.

- Principe de la « chambre d’échos médiatique » : information reprise en boucle sans vérification ; information ou vidéo « virale ».

- Théories des « bulles de filtres » et du « biais de confirmation » : exposition de l’internaute à des contenus d’information qui le confortent dans ses opinions du fait du filtrage de l’information qui lui parvient (algorithmes, recommandation de pairs) et l’état d’isolement intellectuel et culturel qui en résulterait → Excessive personnalisation de l’information à l’insu de l’utilisateur.

- Risque d’une « surcharge informationnelle » ou « infobésité » (néologisme québéquois) → Concept désignant l'excès d'informations qu'une personne ne peut traiter ou supporter sans nuire à elle-même ou à son activité → notion proche de celle du sociologue E. Morin de « nuage informationnel » laissant l’individu désemparé devant la masse d’informations non vérifiées/vérifiables.

- Internet démocratise les technologies de manipulation de l’information par l’accès à des logiciels faciles d’emploi et peu coûteux : manipulation des sons, images et bientôt vidéo (deepfake).

- La circulation de l’information sur Internet et surtout la généralisation des groupes, favorisée par les réseaux sociaux (Facebook) et les messageries (WhatsApp), donnent une nouvelle vie et une nouvelle audience démultipliée aux informations douteuses, « Infox » et autres théories du complot (JALON théories du comlplot) → Implication politiques (ex : ingérence étrangère lors d’élections).

Pour ce sujet dont la formulation se présente comme une alternative (« bienfaits et dangers »), un plan en deux parties (retenu ici) est le plus simple. Le danger est cependant de proposer un développement trop binaire. Une troisième partie pourrait alors être ajoutée pour faire une synthèse nuancée de l’opposition frontale suggérée par le titre, mais la réalisation de ce plan est plus délicate. Voici quelques conseils pour conserver malgré tout un plan en deux parties comme ici :

- Préciser dans l’introduction que l’on est conscient de la difficulté.

- Soigner particulièrement la transition entre les deux parties pour ne pas donner l’impression de dire tout puis son contraire.

- Prendre soin de réellement répondre à la problématique en conclusion pour dépasser la simple juxtaposition des deux pa

Question 3

Rédiger une conclusion.

L’information sur Internet, bien que récente, est à l’origine de mutations profondes et de toute évidence irréversibles dans la production, la diffusion et la réception de l’information. Après une période pendant laquelle les bienfaits d’Internet (années 1990) puis des réseaux sociaux (années 2000) ont été largement salués voire idéalisés par les utilisateurs, la dernière décennie a montré la montée d’une défiance par rapport à ce vecteur d’information devenu hégémonique et une prise de conscience de ses dangers pour les libertés individuelles et la démocratie.

Il est néanmoins illusoire de vouloir les bienfaits de l’information sur Internet sans ses dangers, car il s’agit des deux faces de la même pièce ; les deux sont inséparables. Cela ne signifie en aucun cas qu’il faille se résigner à accepter ou à subir les dangers inhérents à l’information sur Internet. Cela passe par une plus grande responsabilisation des utilisateurs et davantage de régulation par les États (démocratiques) des pouvoirs des géants du numériques. Plus déterminant enfin sera la redéfinition comme une priorité de l’éducation aux médias et à l’usage d’Internet dès le plus jeune âge.