Cours Stage - Les récits d'aventure

Exercice - Vendredi ou la Vie sauvage

L'énoncé

Document 1 : Vendredi ou la Vie sauvage, Michel Tournier, 1971

Après un violent naufrage, Robinson reprend connaissance sur une plage. Après quelques heures de marche et une rencontre avec un bouc qu'il tue d'un coup de masse, il réalise qu'il est sur une île apparement déserte, il finit par s'endormir au pied d'un rocher.

Réveillé par les premiers rayons du soleil levant, Robinson commença à redescendre vers le rivage d’où il était parti la veille. Il sautait de rocher en rocher et de tronc en tronc, de talus en talus et de souche en souche, et il y trouvait un certain plaisir parce qu’il se sentait frais et dispos après une bonne nuit de sommeil. En somme sa situation était loin d’être désespérée. Certes, cette île était apparemment déserte. Mais cela ne valait-il pas mieux que si elle avait été peuplée de cannibales ? En outre elle paraissait assez accueillante avec sa belle plage au nord, des prairies très humides et sans doute marécageuses à l’est, sa grande forêt à l’ouest, et, en son centre, ce massif rocheux que perçait une grotte mystérieuse et qui offrait un point de vue magnifique sur tout l’horizon. Il en était là de ses réflexions quand il aperçut au milieu de la piste, qu’il avait suivie la veille, le cadavre du bouc assommé. Déjà une demi-douzaine de vautours au cou déplumé et au bec crochu se disputaient la charogne. Robinson les dispersa en faisant tournoyer son bâton au-dessus de sa tête, et les gros oiseaux s’envolèrent lourdement l’un après l’autre en courant sur leurs pattes torses pour décoller. Puis il chargea sur ses épaules ce qui restait du bouc, et poursuivit plus lentement sa marche vers la plage. Là, il découpa avec son couteau un quartier de viande et le fit rôtir suspendu à trois bâtons noués en trépied au-dessus d’un feu de bois. La flamme pétillante le réconforta davantage que la viande coriace et qui sentait le bouc. Il décida d’entretenir toujours ce feu pour économiser son briquet à silex et pour attirer l’attention de l’équipage d’un navire qui croiserait éventuellement au large de l’île. Il est vrai que rien ne pouvait mieux alerter des matelots de passage que l’épave de La Virginie toujours plantée sur son récif ; d’autant plus qu’elle pouvait donner l’espoir d’un riche butin à ceux qui s’en empareraient.


Question 1

Quels sont les temps utilisés dans ce récit ?

Les temps utilisés sont le passé simple : "commença" ; "aperçut" ainsi que l'imparfait : "était" ; "sautait".

Il s'agit de temps du passé.

Question 2

Quel est l'état d'esprit de Robinson à ce moment du récit ? Relever les termes qui le justifient.

Robinson est dans un état d'esprit positif, il parait joyeux et plein d'entrain : "Il sautait de rocher en rocher" et semble en bonne forme : "il se sentait frais et dispos". Malgré son naufrage sur une île déserte, il garde espoir comme le prouve cette phrase : "En somme sa situation était loin d’être désespérée". De plus, on trouve au fil du texte et des ses réflexions plusieurs termes positifs qui montrent que Robinson est dans un bon état d'esprit : "plaisir" ; "accueillante" ; "magnifique" ; "espoir".

La réponse se trouve dans les premières lignes du texte.

Question 3

Comment le narrateur fait-il voyager le lecteur grâce à son imaginaire ?

Le narrateur en appelle à l’imaginaire du lecteur en le faisant voyager, en effet, le dépaysement est total. L'univers décrit paraît lointain et sauvage, on imagine une île déserte où la nature à toute sa place.

Ainsi, le texte regorge du vocabulaire relatif à la nature : "soleil" ; "rocher" ; "souche" ; "talus" ; "plage" ; "prairies" ; "marécageuses" ; "forêt" ; "massif rocheux" ; "grotte" ; "récif". Ainsi que de celui des animaux : "bouc" ; vautours" ; "oiseaux".

Le lecteur voyage grâce aux descriptions de l'île.


Il faut mettre en avant les caractéristiques sauvages et dépaysantes de l'île en relevant le vocabulaire associé.

Question 4

Comment le danger est-il suggéré dans cet extrait ?

Le danger est d'abord suggéré par la situation de Robinson qui est hors du commun : un naufrage sur une île déserte. Mais aussi, par les réflexions que se fait Robinson à propos de "cannibales", d'une "grotte mystérieuse", de prairies "marécageuses" qui laissent planer le doute sur l'hospitalité de l'île.

Le danger est aussi suggéré par le suspens lié aux péripéties que traverse le héros : "le cadavre du bouc" qui montre qu'il a dû le tuer auparavant, le fait qu'il doivent faire fuir "une demi-douzaine de vautours" avec son bâton.

Vers la fin de l'extrait, ce suspens est d'autant plus grand qu'on ne sait pas ce qui va advenir de lui et lui non plus ne le sait pas, comme le montre la phrase : "Il décida d’entretenir toujours ce feu pour économiser son briquet à silex et pour attirer l’attention de l’équipage d’un navire qui croiserait éventuellement au large de l’île". Ces précautions prouvent que le héros n'est pas réellement sûr de son sort et qu'il souhaite quitter l'île.

Le danger est suggéré par le fait que le narrateur laisse planer le suspens.


Mais aussi par la situation du héros en elle-même ! Est-ce une situation habituelle ?