Cours Stage - Les causes de la Première Guerre mondiale

Exercice - Les causes de la Première Guerre mondiale

L'énoncé

Document 1 : Extraits du Traité de Versailles, 1919

Art. 42. Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications, soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres de ce fleuve.

Art. 43. Sont également interdits dans la zone définie à l'article 42, l'entretien ou le rassemblement de forces armées (…)

Art. 51. Les territoires cédés à l'Allemagne (…) par le traité de Francfort du 10 mai 1871 sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l'armistice du 11 novembre 1918.

Art. 119. L'Allemagne renonce, en faveur des principales puissances alliées et associées, à tous ses droits et titres sur ses possessions d'outre-mer.

Art. 160. (…) la totalité des effectifs de l’armée des États qui constituent l'Allemagne ne devra pas dépasser 100000 hommes (…)

Art. 171. (…) Sont également prohibés la fabrication et l'importation en Allemagne des chars blindés, tanks (...)

Art. 198. Les forces militaires de l'Allemagne ne devront comporter aucune aviation militaire ni navale.

Art. 231. Les gouvernements alliés et associés déclarent, et l’Allemagne le reconnaît, que l’Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés.

Art. 232. Les gouvernements (…) exigent (…), et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des (…) alliés (…) et à ses biens.

Source : http://www.cndp.fr/entrepot/index.php?id=56

 

Document 2 : L’Historial de la Grande Guerre à Péronne : un musée d’histoire culturelle, 1992

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Château_de_Péronne,_Historial_de_la_Grande_Guerre.jpg

 

Document 3 : Extrait issu de La question des responsabilités allemandes au lendemain de la guerre mondiale, l'implication des historiens dans l'expertise et l'émergence d'une école historique de Jean-Jacques Becker.

« Avec le recul des temps, il est apparu de plus en plus difficile de comprendre à partir des causes traditionnellement retenues comment les nations les plus avancées matériellement du globe s’étaient jetées avec une telle frénésie les unes sur les autres, et avaient combattu, pour certaines d’entre elles pendant plus de quatre années, dans une guerre atroce, y sacrifiant des moyens matériels immenses et la vie de millions de leurs enfants. En d’autres termes, les documents d’archive ne donnaient pas de réponses satisfaisantes, et il fallait plutôt se tourner vers la psychologie sociale, vers l’état des forces de la société, pour comprendre. »

Source : https://www.persee.fr/doc/socco_1150-1944_2000_num_39_1_1803


Question 1

Comment les sanctions infligées à l’Allemagne reflètent-elles l’analyse des vainqueurs quant à sa responsabilité dans le déclenchement de la guerre ?

Le traité de Versailles a été durement négocié entre les différents vainqueurs, représentés par Clémenceau, Lloyd George et Wilson, puisque ceux-ci avaient des objectifs différents, voire opposés. La France par exemple, qui voit en l’Allemagne un ennemi héréditaire, voulait détruire et humilier les allemands sur le plan militaire et économique (document 1) afin d’atteindre cette idée d’hégémonie française à l’échelle européenne qui découle d’une tradition historique. Les britanniques, quant à eux, ne voulaient pas de sanctions trop importantes au niveau économique car les conséquences se ressentiraient à l’échelle européenne. Enfin, les États-Unis cherchaient à asseoir une paix européenne durable afin de raviver les échanges commerciaux internationaux. Ces longs débats expliquent la dureté et la multitude de sanctions qui ont été infligées à l’Allemagne. Ce « Diktat » exercé par les vainqueurs du conflit a alimenté en Allemagne un sentiment nationaliste qui fera naître plus tard le courant nazi, à l’origine de la Seconde Guerre Mondiale.

Analyser la nature des sanctions. Faire le parallèle avec le cours pour contextualiser la rédaction du Traité de Versailles.

Question 2

Comment l’Histoire allemande a réagi face à la dureté des sanctions du traité de Versailles ?

L’article 231 du traité de Versailles (document 1), connu sous le nom de « clause de responsabilité », fut perçu par les allemands comme une humiliation nationale. Très tôt, politiciens et historiens s’accordent sur une thèse révisionnisteplaidant une responsabilité de guerre partagée. Deux raisons expliquent le choix du révisionnisme : la lourdeur des compensations exigées et le refus de l’humiliation du peuple allemand qui contribue à le souder.

Les allemands ont donc, dès les années 20, adhéré à ce courant révisionniste, alimentant le nationalisme grandissant. L’Histoire allemande a donc glissé vers ces enjeux de partage des responsabilités.

Ce courant révisionniste a trouvé un écho en France auprès des pacifistes et des socialistes qui ont aussi défendu le partage des responsabilités.

Quel courant historiographique a été dominant en Allemagne au lendemain de la guerre ?

Question 3

En quoi la création de l’Historial de Péronne illustre le déplacement des problématiques quant au débat sur la Première Guerre Mondiale ?

A partir des années 1990, et en particulier en France, il y a un déplacement des problématiques vers l’histoire culturelle. On ne se demande plus vraiment quelles sont les causes précises ni à qui appartiennent les responsabilités de guerre, mais il se pose alors la question de savoir pourquoi les hommes en sont venus à entrer en guerre et accepter d’utiliser la violence les uns contre les autres. C’est un courant historiographique qui a été incarné en France par Audoin-Rouzauet Annette Becker. Ils ont en 1992 participé à l’élaboration de l’historial de Péronne (document 2), très centré sur les combattants et sur ce qu’on appelle la culture de guerre. L’idée de cette culture de guerre serait que dès l’avant-guerre, en France, mais particulièrement en Allemagne, on a enseigné aux jeunes le patriotisme et on les a préparés à accepter et à faire la guerre. Ce courant-là a été dominant dans les années 1990-2000 puis a rapidement été mis en cause par d’autres historiens, en France notamment avec Antoine Prost ou François Button pour qui ces idées de culture de guerre et de consentement au combat et à la violence, qu’on appellera ensuite brutalisation, sont fausses.

Expliquer le terme d’histoire culturelle figurant dans la légende du document.

Question 4

En quoi ces documents montrent comment histoire et mémoire s’articulent ?

L’historiographie se définit comme étant l’histoire de la méthode de la discipline historique.  

Le questionnement qui est né dès le début des conflits sur les causes de la Première Guerre Mondiale a mené à un foisonnement de mémoires qui, souvent, se sont contredites. Ainsi, comme l’indique le document 3, on se rend compte de la complexité avec laquelle histoire et mémoire s’entremêlent. Pour comprendre les causes de cette guerre, se baser sur ces mémoires ne suffit plus. C’est pourquoi les historiens se tournent aujourd’hui vers une approche plus sociale et psychologique afin d’expliquer ce qui aurait poussé les décideurs de l’époque à mener leur pays dans une guerre aux conséquences dramatiques, tant sur le plan économique qu’humain. Ainsi, l’histoire de la Première Guerre Mondiale est toujours en train de s’écrire : les débats entre historiens français, allemands et britanniques se poursuivent encore aujourd’hui, et ne sont pas près de s’arrêter.

Faire le parallèle avec le cours afin de tirer une conclusion sur l’historiographie.