Cours Stage - Le « patrimoine mondial » de l’Unesco

Exercice - Liste du patrimoine mondial en péril

L'énoncé

Document 1 : Extrait de La Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, réunie à Paris du 17 octobre au 21 novembre 1972

Article 11. a. Le Comité établit, met à jour et diffuse, chaque fois que les circonstances l'exigent, sous le nom de « Liste du patrimoine mondial en péril », une liste des biens figurant sur la liste du patrimoine mondial pour la sauvegarde desquels de grands travaux sont nécessaires et pour lesquels une assistance à été demandée aux termes de la présente convention. Cette liste contient une estimation du coût des opérations. Ne peuvent figurer sur cette liste que des biens du patrimoine culturel et naturel qui sont menacés de dangers graves et précis, tels que la menace de disparition due à une dégradation accélérée, à des projets de grands travaux publics ou privés, au rapide développement urbain et touristique ; la destruction due à des changements d'utilisation ou de propriété de la terre ; les altérations profondes dues à une cause inconnue ; l'abandon pour des raisons quelconques ; un conflit armé venant ou menaçant d'éclater ; les calamités et cataclysmes, grands incendies, séismes, glissements de terrain ; les éruptions volcaniques ; la modification du niveau des eaux, les inondations, les raz-de-marée. Le Comité peut, à tout moment, en cas d'urgence, procéder à une nouvelle inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril et donner à cette inscription une diffusion immédiate.

 

Document 2 : Les 53 biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril par décision du Comité du patrimoine mondial selon l'Article 11 de la Convention (en août 2020)

L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial en péril permet au Comité d’accorder immédiatement au bien menacé une assistance dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. Elle alerte également la communauté internationale dans l’espoir que celle-ci se mobilise pour sauver les sites concernés. Elle permet aux spécialistes de la conservation de répondre efficacement à des besoins spécifiques. En fait, la simple perspective d’inscription d’un site sur cette Liste est souvent efficace et peut déclencher l’adoption rapide de mesures de conservation.

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Document 3 : La restauration du Lion d'Al-Lât, statue de la cité antique de Palmyre endommagée par Daesh, est terminée

Le Lion d'Al-Lât vieux de 2000 ans, qui jadis surplombait la cité antique de Palmyre en Syrie, se dresse de nouveau fièrement à l’entrée du site, grâce au Projet de sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien de l’UNESCO.

« La restauration du Lion d'Al-lât est une grande réussite de dimension symbolique », a déclaré Hamed Al Hammami, Directeur du Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation dans les Etats arabes et représentant de l'UNESCO au Liban et en République arabe syrienne. « Cela fait partie d'un projet de grande envergure visant à protéger le patrimoine culturel unique syrien qui est malheureusement menacé ».

A la suite de la décision adoptée à l'unanimité par la 199e session du Conseil exécutif de l'UNESCO concernant le rôle de l’organisation dans la « sauvegarde et la préservation de Palmyre et d'autres sites syriens du patrimoine mondial », l'UNESCO a envoyé une mission d'évaluation rapide à Palmyre du 24 au 26 avril 2016, grâce à son Fonds d’urgence pour le patrimoine.

Sur place, les experts ont alors découvert que le Musée de Palmyre avait subi des dégâts considérables. Des statues et des sarcophages, trop imposants pour être placés en lieu sûr, avaient été détruits et défigurés; des bustes, retrouvés couchés sur le sol et en ruine, avaient été décapités. Les fragments du Lion du temple d'Al-Lât ont été transférés à Damas afin d’y être restaurés.

Le musée de Palmyre abritait des objets d’une valeur inestimable du site de Palmyre inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Le site, une oasis dans le désert syrien au nord-est de Damas, était l'un des foyers culturels les plus importants du monde antique du 1er au 2e siècle.

 

Source : site de l'UNESCO


Question 1

Que permet l'article 11.a. de la Conférence générale de l'UNESCO ? Quels sites sont concernés par cette liste ?

Cet article, édicté en 1972, lors de la Conférence générale de l'UNESCO à Paris permet de classer en péril un site déjà inscrit à l'UNESCO.

Ces sites qui peuvent être culturel ou naturel doivent être "menacés de dangers graves et précis". En effet, ces nombreuses menaces sont listées dans l'article et peuvent être d'origine :

- naturelle : "les calamités et cataclysmes, grands incendies, séismes, glissements de terrain ; les éruptions volcaniques ; la modification du niveau des eaux, les inondations, les raz-de-marée"

- humaine : "des projets de grands travaux publics ou privés ; un rapide développement urbain et touristique ; la destruction due à des changements d'utilisation ou de propriété de la terre ; l'abandon pour des raisons quelconques ; un conflit armé venant ou menaçant d'éclater".

Les sites concernés à proprement parler sont au nombre de 53 partout dans le monde (à la date d'août 2020). On constate cependant que la majorité d'entre-eux se trouve en Afrique et au Moyen Orient.

Question 2

Que peut-on dire plus précisément de la localisation des sites concernés par cette liste ?

Les sites concernés se trouvent en majorité en Afrique et au Moyen Orient.

Le Moyen Orient est une région très instable du fait des nombreux conflits armés qui l'émaillent depuis plusieurs décennies. On peut donc penser que certains sites, notamment des sites archéologiques ou des monuments historiques en Syrie ou en Iraq ont fait les frais de ces guerres et ont été endommagés comme c'est le cas pour le site de Palmyre en Syrie, en partie détruit par Daesh.

L'Afrique, comme c'est le cas pour les pays dits du Sud, plus pauvres, obtiennent davantage de label concernant un patrimoine naturel (parc, réserve, forêt, etc). On peut donc penser que ces sites sont menacés par le réchauffement climatique ou l'agriculture qui s'étend. Mais également par le fait que ces pays en développement n'ont pas assez de moyens économiques pour préserver ces sites.

La localisation des sites en péril est donc fortement lié au développement des pays en question et aux enjeux géopolitiques mondiaux actuels : conflits armés, pauvreté, réchauffement climatique, etc.

Les sites concernés se trouvent en majorité en Afrique et au Moyen Orient. A votre avis pourquoi ?

Question 3

Pourquoi et de quelle façon le site de Palmyre a-t-il été endommagé ?

Le site de Palmyre se trouve en Syrie, or depuis 2011 le pays connaît un conflit armé de grande envergure qui a détruit une partie des villes et des monuments historiques du pays. En mai 2015, Palmyre est le théâtre d'une bataille entre le régime syrien et les djihadistes de l'État islamique qui finiront par contrôler la totalité de la cité antique. Le site archéologique et le musée de Palmyre ont subi dégâts considérables : "Des statues et des sarcophages (...) avaient été détruits et défigurés ; des bustes, retrouvés couchés sur le sol et en ruine, avaient été décapités."

Cette mise à sac est donc l'oeuvre de Daesh qui produit un véritable nettoyage culturel visant à la fois les vies humaines et les monuments historiques, dans le but de priver le peuple syrien de son passé et de son avenir.

En mai 2015, Palmyre est le théâtre d'une bataille entre le régime syrien et les djihadistes de l'État islamique.

Question 4

De quelle façon l'UNESCO est-elle intervenue à Palmyre ?

Grâce à l'inscription de Palmyre sur la liste du patrimoine mondial en péril, l'UNESCO a pu débloquer des fonds dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. En effet, figurer sur cette liste permet au bien menacé une assistance financière et médiatique qui a pour but de sauver ou reconstruire des sites.

Etant donné l'ampleur des destructions à Palmyre, l'UNESCO a décidé d'envoyer une mission d'évaluation du 24 au 26 avril 2016. Les experts ont ainsi pu lister les pertes et commencer à organiser la sauvegarde du site. C'est dans ce cadre qu'est intervenue la restauration du Lion d'Al-lât : "Les fragments du Lion du temple d'Al-Lât ont été transférés à Damas afin d’y être restaurés." Cette mission a été couronnée de succès puisque le Lion a pu reprendre sa place sur le site de Palmyre.

D'autres missions sont en jeu à Palmyre et en Syrie grâce au Projet de sauvegarde d’urgence du patrimoine culturel syrien de l’UNESCO.