Cours Stage - Paris : entre protection du patrimoine et nouvel urbanisme

Exercice - Les bouquinistes parisiens

L'énoncé

Document 1 : Les bouquinistes de Paris se verraient bien au patrimoine culturel de l'UNESCO

Sur les quais de la Seine, chaque jour, flâneurs et visiteurs de la capitale peuvent s’attarder devant les quelque 300 000 livres d’occasion, gravures, revues vendus chez les 210 bouquinistes de Paris. Les bords du fleuve sont les seuls au monde à offrir cette librairie à ciel ouvert. Mais depuis longtemps, les porte-clés, tours Eiffel et autres souvenirs touristiques disputent la place aux ouvrages anciens dans les coffres en bois vert wagon.

M. Callais milite pour l’inscription des bouquinistes à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’humanité établi par l’Unesco. « Le dernier petit métier de Paris » mériterait de figurer au registre des arts et traditions populaires de l’Organisation des nations unies pour l’éducation et la culture, plaide-t-il. Au même titre que la dentelle d’Alençon, le repas gastronomique français ou le fest-noz breton déjà répertoriés. Selon lui, une consécration par l’Unesco dissuaderait les bouquinistes de vendre trop de cadenas d’amour.

Pour Florence Berthout, maire du Varrondissement, l’idée de M. Callais n’a rien d’une lubie. L’élue dont l’arrondissement compte le plus fort contingent de bouquinistes du Quartier latin défend le projet avec force. « Une inscription au patrimoine de l’Unesco donnerait un coup de projecteur sur une activité qui fait l’identité intellectuelle de Paris et participe de l’exception culturelle française », s’enthousiasme-t-elle.

Présidente du groupe LR de la capitale, Mme Berthout compte interpeller Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris qui s’ouvre le 2 mai. La maire de Paris se verra soumettre par la droite parisienne un « vœu » lui demandant de relayer auprès de l’Unesco la demande d’inscription des bouquinistes au PCI. L’idée fédère les maires LR des 1er, 6e et 7e arrondissements et celui (PS) du 4e qui comptent tous des bouquinistes sur leurs quais.

Mais la bataille est loin d’être gagnée. La décision de présenter un dossier de candidature au PCI de l’Unesco relève du ministère de la culture, rappelle Olivia Polski, adjointe chargée du commerce, qui a écrit, le 30 mars, à Françoise Nyssen pour demander « avis et soutien » à ce projet. La richesse du patrimoine culturel immatériel français met paradoxalement la France dans une situation délicate, explique au Monde le ministère de la culture. La liste des dossiers éligibles est longue. Ce qui suppose une instruction minutieuse des candidatures pour que les chances de succès de la procédure d’inscription soient maximales. »

La France ne peut déposer qu’une seule candidature au PCI de l’Unesco tous les deux ans. Sous réserve que la ministre de la culture sélectionne ce dossier parmi beaucoup d’autres, il n’est pas certain qu’il soit retenu par l’organisation internationale. « Le projet est intéressant mais la porte sera très étroite », prévient Laurent Stefanini, ambassadeur de France auprès de l’Unesco.

Source : Le Monde, avril 2018.


Question 1

De quel espace et de quelle activité est-il question pour cette demande de patrimonialisation à l'UNESCO ?

L'idée défendue dans cet article de journal du Monde est une patrimonialisation des bouquinistes de Paris. Les bouquinistes sont des vendeurs de livres, d'affiches et de revues installés depuis des décennies sur les quais de Seine. Il s'agit d'une activité reconnue internationalement, attirant les touristes. Il s'agirait donc de classer une activité spécifique qui prend place sur un espace déjà classé. En effet, les berges sur Seine sont la seule zone classée de Paris.

Question 2

Quels sont les arguments ?

Le premier argument avancé tient dans la protection de l'activité des bouquinistes. De fait, celle-ci est concurrencée par des vendeurs de rue qui n'ont rien des bouquinistes à l'ancienne vendant des livres et affiches mais qui s'apparentent davantage à des vendeurs de souvenirs de pacotille fabriqués à la chaîne en Asie.

Les élus de droite et de gauche des arrondissements concernés avancent l'argument du rayonnement culturel et intellectuel de la ville et parlent "d'identité culturelle de Paris". Cela permettrait de continuer à mettre en valeur les berges de Seine et de faire valoir le soft power culturel français et notamment parisien.

Question 3

Quelles sont les difficultés pour un classement à l'UNESCO ?

Toutefois, des difficultés émergent pour un classement à l'UNESCO :

- Il faut tout d'abord un consensus politique au niveau de la ville de Paris : ici les maires LR et le maire PS semblent être d'accord, mais il faut encore convaincre la maire de Paris, Anne Hidalgo, d'en faire la demande après du Ministère de la culture. 

- Ensuite, il faut convaincre le Ministère de la culture de déposer un dossier à l'UNESCO. Le problème étant que chaque pays ne peut déposer qu'un seul dossier tous les deux ans au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Le Ministère doit faire des choix parmi toutes les demandes qui lui sont adressées et on imagine qu'il ne doit pas se montrer trop avantageux vis-à-vis de la capitale dont les berges sont déjà classées. En effet, la France est un pays riche culturellement et donc la "liste des dossiers éligibles est longue".

- Enfin, il faut l'approbation de l'UNESCO : chaque année, le Comité se réunit pour évaluer des candidatures et décider d’inscrire ou non les pratiques et expressions culturelles du patrimoine immatériel proposées par les États. 

Des difficultés se rencontrent à trois niveaux.