Cours Stage - Circulation et formation des étudiants indiens

Exercice - L'Inde et la fuite de ses cerveaux

L'énoncé

Document 1 : L'Inde et la fuite de ses cerveaux – Le Monde, Julien Bouissou, 02/10/2007

Des députés indiens ont demandé en septembre à Arjun Singh, le ministre des ressources humaines, de créer une "taxe de sortie" pour les étudiants. Tout diplômé de l'enseignement supérieur public devrait ainsi s'acquitter d'un impôt avant de partir travailler à l'étranger. (…)

"Les jeunes diplômés gagnent beaucoup d'argent à l'étranger. Il n'y a aucune raison pour qu'ils ne paient pas de taxe de sortie. Ils doivent servir leur pays", explique Ram Deo Bandhary, un des parlementaires à l'origine de l'initiative.

En laissant fuir ses cerveaux, l'Inde risque surtout de perdre sa compétitivité. Alors que la croissance tourne à plein régime, le pays a besoin de ses ingénieurs. Au rythme actuel, 260 000 postes d'informaticiens ne seraient pas pourvus en 2012. "On oblige bien des médecins à exercer dans les villages. Les étudiants des IIT et IIM pourraient très bien recevoir leur diplôme après avoir travaillé un certain temps en Inde", suggère Anil Gupta, professeur à l'IIM d'Ahmedabad (ouest du pays). (…)

Les défenseurs du nouvel impôt préféreraient améliorer le niveau des universités en y investissant la manne récoltée par la "taxe de sortie", estimée à 200 millions d'euros. Faute de moyens, aucun établissement indien ne figure parmi les 100 meilleures universités du monde...

Mais comment mettre en place la "taxe de sortie" ? La tâche, délicate, a été confiée au ministère de l'économie. Il doit notamment décider des modalités de taxation, progressives ou non, en fonction des revenus des jeunes diplômés. L'impôt pourrait leur être remboursé s'ils acceptent de retourner dans leur pays, après un nombre limité d'années passées à l'étranger. (…)

 

Document 2 : La diaspora indienne en 2015


Question 1

Quels sont les inconvénients de la « fuite des cerveaux » pour le pays de départ ?

La « fuite des cerveaux » illustre les 300 000 étudiants indiens qui partent finir leurs études à l’étranger chaque année. Le tiers d'entre eux, soit 100 000 étudiants, s’expatrient aux États-Unis. Le reste se répartit entre différents pays anglo-saxons tels que l'Australie, le Royaume-Uni, ou encore le Canada, qui compte chacun entre 20 000 et 25 000 étudiants indiens. 

Cette « fuite des cerveaux indiens » mène à une désertion des postes en Inde. Selon le document 1, on estime à 260 000 postes le nombre de postes d’informaticiens non pourvus en 2012. En effet, les indiens les mieux formés partent à l’étranger pour trouver un travail où ils seront mieux payés. Ainsi, « fuite des cerveaux » nuit au développement du pays, tant sur le plan économique que sur le plan social.

Définir ce que désigne cette « fuite des cerveaux » en citant les chiffres clés du cours pour appuyer le propos.


Pays de départ = Inde.

Question 2

Quels sont les avantages de cette « fuite des cerveaux » pour le pays de départ ?

L'Inde n’est pas seulement affectée par cette « fuite des cerveaux ». En contrepartie, l’Inde reçoit grâce à ses expatriés des transferts de technologie. Par exemple, lorsque Microsoft a décidé d'installer l’un de ses premiers centres de recherche à l'étranger, c’est à Bangalore en Inde, dans son réputé Institute of Technology, très porteur grâce à son environnement high-tech, que cette implantation s’est faite. Elle profite donc de la délocalisation des entreprises étrangères.

D'autre part, les indiens de la diaspora réussissant professionnellement réalisent souvent des transferts financiers vers l'Inde. L'Inde est le premier récepteur au monde de remises de la diaspora avec un montant annuel d'environ 70 à 75 milliards de dollars.

Ll’Inde bénéficie de transferts de technologie et des transferts financiers.

Question 3

Pourquoi les étudiants indiens sont-ils si prisés à l’étranger ?

Un des atouts majeurs des étudiants indiens est leur niveau d’anglais. Cela s’explique notamment par le fait que leurs études supérieures leur imposent de partir faire un séjour à l’étranger.

Les étudiants indiens sont également très recherchés par les secteurs d'emploi high-tech, notamment dans l'informatique, non seulement parce qu'ils sont bien formés, mais aussi parce qu'ils ont l'image de travailleurs humbles, disciplinés, mais très engagés et ambitieux.

On compte par exemple dans la Silicon Valley en Californie parmi les créateurs d’entreprises étrangers trois quart d’indiens. Pichai , Nadella et Suri, sont les directeurs respectifs de Google, Microsoft et Nokia. Ces réussites ont donc créé une réelle émulation autour des diplômés indiens.

Question 4

Où se répartie la diaspora indienne dans le monde ? En quoi est-ce un réel atout pour l’Inde ?

La diaspora indienne compte environ 30 millions d’indiens non-résidents sur le territoire indien, présents dans le monde entier. D'après le document 3, on constate que la diaspora indienne est présente sur tous les continents mais notamment en Asie du Sud-Est, en Europe (Royaume-Uni), en Amérique du Nord (Canada, États-Unis), au Moyen-Orient, en Australie et en Afrique-du-Sud. Cette diaspora est ainsi très présente dans les pays anglo-saxons, ce qui s’explique notamment par le passé colonial de l’Inde (en tant que colonie britannique). 

Grâce à cette diaspora, l’Inde bénéficie de transferts financiers très importants puisque l’Inde est le premier récepteur au monde de remises avec un montant annuel pouvant aller jusqu’à 75 milliards de dollars environ.

De plus, cette diaspora permet de servir les intérêts diplomatiques de l’État indien à l’étranger. La diaspora indienne aux États-Unis a notamment eu un rôle non négligeable auprès des sénateurs américains dans le cadre de la signature de l’accord sur le nucléaire civil entre les États-Unis et l’Inde en 2006, mettant ainsi fin à un embargo nucléaire mené contre New Delhi depuis des décennies.

Définir la diaspora indienne.