Cours Stage - Coopération, tensions et régulation aux échelles mondiale, régionale et locale

Exercice - La Ville de São Paulo

L'énoncé

 Document 1 : L’agglomération de São Paulo

 

 

Document 2 : Immeuble de luxe avec vue sur la favelas de Paraisópolis

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Document 3 : Article São Paulo, Universalis.fr

São Paulo est la plus grande agglomération de l'hémisphère Sud (19 millions d'habitants en 2007) et la cinquième du monde. Principal pôle économique du Brésil et de l'Amérique du Sud, elle est un des lieux de commandement de la nouvelle économie − elle figure parmi les trente premières économies du monde −, et elle constitue un des nœuds du réseau urbain international. Elle offre des millions de mètres carrés de bureaux, de luxueux complexes hôteliers et des districts de haute technologie. L'agglomération a un P.I.B. de 182 millions de dollars (2007), soit le quart du P.I.B. brésilien, et son revenu par tête est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Symbole du développement capitaliste brésilien, elle doit sa fortune initiale à l'économie du café au XIXe siècle, et son dynamisme actuel à la qualité de ses services financiers et technologiques, à l'audace de ses élites et à la force d'une profonde mixité urbaine qui reflète le métissage national. (…)

Source : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sao-paulo/

 

Document 4 : Brésil : « Les villes concentrent toutes les inégalités », Le Monde

Quelque 80 % des Brésiliens sont des citadins. Les villes attirent, car elles offrent des services et des emplois, mais elles manquent d’infrastructures en matière de transports, d’assainissement, de logements. Ce sont des concentrés d’inégalités. São Paulo, 18 millions d’habitants, 20 millions avec ses deux voisines, Santos et Campinas, ne compte que quatre lignes de métro. A l’est, une zone de quatre millions d’habitants, très pauvres, n’est desservie que par des transports publics archaïques, des bus en très mauvais état et des trains surchargés. Pour venir travailler dans le centre, ces habitants mettent deux heures matin et soir (…)

Le Brésil est un des pays les plus inégalitaires. Il y a un véritable abîme entre les riches et les pauvres. Quand, en Europe, l’écart de richesse va d’1 à 5, au Brésil, il est d’1 à 100. À São Paulo, 10 % de la population vit en bidonville, à la périphérie. (…) Par peur des pauvres, les classes moyennes et les riches se regroupent dans des communautés fermées comme dans le reste de l’Amérique du Sud [comme] Alphaville, construite près de São Paulo dans les années 1970. Même dans les quartiers tranquilles du centre, les immeubles cossus sont entourés de grilles de fer, protégés par des clôtures électriques et des sas d’entrée.

Source : Hervé Théry, propos recueillis par Sophie Landrin, Le Monde, 20 juin 2013


Question 1

Expliquer à l’aide des documents comment São Paulo illustre, à l'échelle locale, les contrastes de développement du continent américain.

 

La ville brésilienne de São Paulo illustre les contrastes de développement dont souffre le continent américain. En effet, São Paulo et son agglomération, avec ses 20 millions d’habitants sont le « principal pôle économique du Brésil », elle a tout d’une ville en pleine expansion dans un pays lui aussi classé comme puissance émergente et appartenant aux BRICS. La ville représente le quart des richesses de son pays avec « un P.I.B. de 182 millions de dollars (2007), soit le quart du P.I.B. brésilien ». Elle est aussi dotée d’infrastructures en adéquation avec sa place de leader économique du Brésil, car elle offre « des millions de mètres carrés de bureaux, de luxueux complexes hôteliers et des districts de haute technologie », idéal pour l'installation des entreprises, le tourisme ou le développement et la recherche.

Malheureusement, ces infrastructures ne semblent pas être étendues à l’intégralité de la ville. Elles sont davantage réservées à une élite concentrée en centre-ville, comme on peut le voir sur le document 1, les routes et les voies ferrées convergent vers ce centre. Le document 4 nous apprend que la ville n’est dotée que de 4 lignes de métro et que les espaces pauvres ne bénéficient pas de transports adaptés à ses besoins « une zone de quatre millions d’habitants, très pauvres, n’est desservie que par des transports publics archaïques, des bus en très mauvais état et des trains surchargés ». Cela est une illustration de l’écart de richesse entre les habitants des quartiers aisés et ceux des quartiers pauvres où la multiplication des logements précaires posent des problèmes d'hygiène et de pollution. À São Paulo, les favelas et les quartiers défavorisés s’étendent sur des espaces immenses, bien plus grands que ceux occupés par les quartiers résidentiels aisés où même par ceux des classes moyennes (voir document 1).

Au Brésil, l’écart de richesse s’étend de 1 à 100. On peut en prendre la mesure grâce à la photo du document 2 : sur la partie gauche, la favela, faite de bric et de broc, côtoie un immeuble de luxe avec piscine à tous les étages, terrains de sport et jardin.

Malgré le fait que la ville soit la locomotive du développement économique du Brésil et de l’Amérique du Sud et qu’elle « figure parmi les trente premières économies du monde », elle révèle aussi de fortes inégalités, visibles jusque dans son paysage urbain. Cet exemple d'inégalité illustre l'un des contrastes de développement importants présents au Brésil et sur le continent américain en général.