Cours Stage - La Seconde Guerre mondiale

Exercice - La déportation des Tziganes

L'énoncé

Document : La déportation des Tziganes lors de la Seconde Guerre mondiale

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Source: La déportation des Tziganes, massacres et révoltes : 1939-1945. La carte numéro 182 de l’Atlas de la Shoah de Martin Gilbert. Clioweb. 


Question 1

À quelle échelle se déroule la déportation des Tziganes ?
La déportation des Tziganes, ainsi que la carte le figure, se déroule à l’échelle de l’Europe toute entière, avec des exécutions qui touchent aussi bien les Tziganes installés en France que ceux issus de la Russie. Cette « européanisation » des déportations au cours de la période 1939-1945 entraîne l’apparition de flux de populations déportées qui traversent les frontières pour rejoindre des camps de mise à mort ou de travail situés à plusieurs centaines de kilomètres.

Question 2

Référencer les types de camps vers lesquels les Tziganes étaient acheminés. Quelles sont les différentes formes de déportations ?

Trois types de camps relatent le phénomène de déportation des Tziganes. Des camps de transit, notamment en France, en Belgique, au Pays-Bas et en Italie qui visaient à regrouper les populations tziganes avant leur acheminement final vers les camps de mise à mort ou de travail.

Les camps de travail étaient tous situés en Allemagne, et ont presque exclusivement concerné les Tziganes déportés depuis la France. Ils reflètent une forme d’esclavagisme pour le compte de l’effort de guerre de l’Allemagne nazie, avec des populations profondément maltraitées devant participer au développement économique du Reich.

Les camps de mise à mort enfin, établis sur le territoire polonais annexé, reflètent la forme de déportation la plus crue, avec un assassinat et des tortures systématiques de ces populations.

Question 3

Qu’est-ce que l’organisation et l’ampleur de la déportation des Tziganes révèlent des alliances et des oppositions nationales à l’échelle européenne ?

La déportation des Tziganes au cours de la Seconde Guerre mondiale, par la traduction qu’elle prend dans l’espace européen, révèle les rapports de collaboration, de domination ou d’opposition entre les différentes puissances au cours de la période. Ainsi, les Tziganes du Royaume-Uni n’ont pas été déportés dans la mesure où le pays n’a pas connu d’occupation de la part de l’Allemagne nazie. Aussi, les communautés tziganes d’Espagne ou de Turquie par exemple n’ont pas été touchées par le phénomène de déportation de par la neutralité de ces pays au cours du conflit mondial. En revanche, les flux de tziganes depuis la France vers l’Allemagne représentent quelque part la politique de collaboration du gouvernement de Vichy, dans la mesure où la déportation est entièrement dirigée vers des camps de travail, reflétant ici la volonté du régime de Pétain de livrer des forces vives et une main d’œuvre gratuite à la mise en œuvre de l’effort de guerre allemand.

Aussi, les proportions respectives des nombres de morts par pays et des nombres de survivants, montrent les pays qui ont le plus été assujettis à la domination de l’Allemagne nazie. Les proportions les plus lourdes en terme de vie sacrifiées sont ainsi le lot de l’Allemagne elle-même, de la France, de l’Autriche, de la Pologne et des Pays Baltes, avec pour ces derniers des exécutions systématiques au cours de la campagne de Russie, sans déportation préalable vers les camps.

Paradoxalement, ce sont dans des pays alliés de l’Allemagne nazie que le nombre de survivants de la déportation est le plus fort, comme l’Italie par exemple, où les Tziganes furent acheminés vers les camps de la mort dans une bien moindre proportion.