Terminale > Géopolitique et sciences politiques > Identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques > Le « patrimoine mondial » de l’Unesco

LE « PATRIMOINE MONDIAL » DE L’UNESCO

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L'UNESCO

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L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) est l’institution fondamentale en termes de patrimoine. Avec cette organisation, des questions géopolitiques sont en jeu.

 

I. L’UNESCO est créée en 1945

 

A. Maintenir la paix par la culture

L’UNESCO a été fondée en même temps que l’ONU, en 1945, avec les mêmes objectifs, notamment maintenir la paix. La devise de l’UNESCO repose dans l’idée que « les guerres naissant dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix ».

L’idée est donc de favoriser la paix par des actions, en s’aidant de politique d’éducation, de science et de culture, comme en témoigne son nom. Au début de son existence, ses actions restaient très abstraites, mais il y a eu un cas extrêmement concret.

 

B. Une légitimité international grâce au cas Abou SIMBEL

Il s’agit du cas des différents temples de l’époque de Ramsès II, qui menaçaient d’être engloutis sous les eaux, car au même moment, Nasser, le leader égyptien, avait décidé de construire le barrage d’Assouan. Il s’agissait d’un ouvrage titanesque qui affirmait l’indépendance de l’Égypte et sa modernité technologique, de plus qu’il avait nationalisé le canal de Suez à cette fin.

À ce moment, l’Égypte était en affrontement avec la Grande-Bretagne et la France et pourtant, des voix s’élevèrent du monde entier. Notamment celle d’une archéologue française, Mme Desroches Noblecourt, soutenue par le ministre des affaires culturelles André Malraux, qui prononce un discours célèbre. Elle soutient que le temple appartient à l’Égypte mais qu’il compte pour l’ensemble de l’humanité. Avant même la création du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’idée existait déjà.

Abusimbel

L’UNESCO, qui accompagne la médiatisation, organise une grande tournée de levée de fonds et va prendre en charge le sauvetage de ces temples. Chacun des temples va être surélevé d’une soixantaine de mètres pour les sortir de la zone à risque du lac artificiel.

Alors même qu’on est dans un conflit de la Guerre froide avec la nationalisation du canal de Suez, la culture, ce qu’on appellera le soft power, va apaiser les esprits et permettre le sauvetage de ces temples. Surtout, l’UNESCO va gagner sa légitimité internationale.

 

II. La Convention de 1972

 

A. La liste du patrimoine culturel et naturel mondial

L’aspect le plus célèbre de l’UNESCO est la création de la liste du patrimoine mondial en 1972. Dès le départ, cette liste intègre patrimoine culturel (sites archéologiques, châteaux et monuments auxquels on pense en priorité) mais aussi le patrimoine naturel. L’UNESCO a bien compris tous les enjeux géopolitiques de cette protection du patrimoine et veut, dès le départ, intégrer des sites dans tous les pays et continents possibles.

On célébrait alors le centenaire du parc Yellowstone aux États-Unis qui est l’un des premiers grands parcs géologiques classés et protégés.

 

B. 161 États en profitent

Cette liste compte aujourd’hui plus de 1121 biens inscrits et 161 États ont au moins un bien inscrit à l’UNESCO. C’est l’Italie qui en possède le plus. Il s’agit de 161 États sur 193 reconnus dans le monde. Il s’agit ainsi d’une vraie réussite.

Toutefois, il faut préciser que 40 % des biens classés sont sur le continent européen ou en Amérique du Nord et qu’il y en a moins de 10 % sur le continent africain par exemple. L’UNESCO n’a de cesse de rétablir cet équilibre. Par exemple, en 2018, sur 20 nouveaux biens inscrits, 7 se situaient en Afrique avec des sites naturels comme des réserves de biodiversité en Afrique du Sud ou à Madagascar.

 

III. Un bilan positif

 

A. Un label recherché de tous

Le label est recherché par tous les pays car il s’agit d’un gage de sérieux de gestion de ces sites. Les pays doivent postuler et contrairement à ce que l’on pense l’UNESCO ne donne pas de financement. Le dossier est très lourd et certaines critiques soulignent que les États pauvres ne peuvent pas assurer le financement nécessaire au dossier Unesco, il s’agit donc d’une limite de ce label.

 

B. Un levier touristique

Il s’agit d’un levier touristique incontestable. Il est difficile de chiffrer la part du label dans la fréquentation touristique d’un site. Alain Juppé, alors maire de Bordeaux, avait essayé de le faire après le classement de sa ville. Il avait estimé entre 20 et 30 % d’augmentation de la fréquentation touristique grâce à ce label.

 

Conclusion

 

Globalement, le bilan est extrêmement positif et l’institution est reconnue de tous. Mais certains dénoncent quand même un risque « d’unescoisation ». Cela s’expliquerait car l’UNESCO vise à préserver le patrimoine dans toute sa globalité, comme le patrimoine immatériel. Certains disent que dans les villages, tout le folklore est bon pour les touristes, mais ne correspond plus à la véritable vie des habitants. « L’unescoisation » c’est donc ce décalage entre les enjeux économiques, l’attractivité touristique, et cette image touristique d’un lieu que défend l’UNESCO et qui empêcherait une certaine modernisation de certaines régions. La question du problème se pose également car l’UNESCO invite les touristes à se regrouper dans ces sites labellisés et ainsi à détériorer ces sites qui devaient être initialement protégés.