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LA FRANCE DE 1974 À 1988 : UN TOURNANT SOCIAL, POLITIQUE ET CULTUREL

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La France de 1974 à 1988 : un tournant social, politique et culturel

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I. Des tournants politiques

 

A. Un virage libéral et européen (1974)

L’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 est une rupture par rapport à l’ordre gaulliste qui était en place depuis 1958 et qui a été poursuivi par le successeur du général de Gaulle à l’Élysée, Georges Pompidou.

 

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Valéry Giscard d’Estaing est un président jeune à l’époque, moderne, comme en témoigne le portrait officiel qu’il a choisi après son élection. Deux éléments principaux marquent son idéologie :

- D’abord, une volonté de libéraliser, à la fois au plan économique mais aussi au plan de la société française, d’un point de vue sociétal avec par exemple la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse ou l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans.

- Enfin, ce qui marque le septennat de Giscard, surtout après les mandats gaullistes du général de Gaulle et de Pompidou, c’est son engagement européen extrêmement ferme qui va approfondir la coopération dans le cadre de la CEE entre les pays qui forment l’Europe avec un axe franco-allemand particulièrement solide. Le problème de Giscard est qu’il a été, et la France par la même occasion, frappé de plein fouet par la crise de 1973 qu’il va devoir gérer pendant toute la durée de son septennat.

 

B. La gauche au pouvoir (1981)

En 1981, François Mitterrand est élu. Pour la première fois, depuis que les institutions de la Ve République sont en place, la gauche est au pouvoir. Cela s’explique notamment par le fait que les institutions ont toujours été résistantes aux alternances : lorsque le général de Gaulle a voulu les institutions de la Ve République, il n’était absolument pas certain qu’elles lui survivraient telles quelles. Or, Giscard d’Estaing et François Mitterrand ont endossé le costume de président de la Ve République sans problème.

L’expérience socialiste proprement dite a été extrêmement brève, elle n’a duré que 18 mois, et de nombreux problèmes sont apparus, ou ont persisté : la balance commerciale de la France a été dégradée, le problème du chômage n’a pas été résolu, les contraintes extérieures se sont imposées, et, dès 1983, le président Mitterrand fait le choix de l’austérité et de l’engagement européen dans la continuité de Giscard.

Un autre événement marquant de 1981 est l’abolition de la peine de mort. Portée par le garde des Sceaux de l’époque Robert Badinter, cet événement est véritablement considéré comme un acte de courage politique car François Mitterrand avait annoncé durant sa campagne qu’il supprimerait la peine de mort, alors qu’à l’époque la majorité de l’opinion publique était favorable à la peine capitale.

Enfin, le premier septennat de François Mitterrand a été très marqué par la volonté d’une politique culturelle de grande ampleur avec la construction de bâtiments qui sont devenus patrimoniaux et un ministre de la culture, Jack Lang, emblématique de la politique culturelle de la France.

 

II. Des changements sociaux et culturels

 

A. La condition féminine

Les changements sociaux et culturels de l’époque sont à penser dans le prolongement des événements de mai 1968. Mai 1968 a été une révolte sociale et sociétale : on aspirait à un nouveau mode de vie. Les conséquences de cette révolte ont notamment entraîné l’évolution de la condition féminine : dès les années 1960, les femmes peuvent recourir légalement et sans limite à la contraception, entraînant des conséquences démographiques notables. La loi Veil de 1975 permet la légalisation de l’IVG, et représente un tournant dans les droits des femmes.

La condition féminine s’améliore aussi sur le plan de la représentation plus forte des femmes dans les instances de pouvoir, voire les instances du gouvernement : Valéry Giscard d’Estaing fait entrer des femmes au gouvernement et c’est sous François Mitterrand, pendant son second mandat, qu’une femme, Édith Cresson, sera nommée pour la première fois à Matignon en tant que Premier ministre.

 

B. Crise et immigration

A partir du moment où, en 1974, la France a été touchée par le chômage de masse, l’immigration a été remplacée par le regroupement familial : les travailleurs étrangers, qui étaient présents en France, pouvaient faire venir leur famille s’ils choisissaient de rester dans le pays. Cette décision a radicalement modifié le visage de l’immigration en France.

En 1983, au début du premier mandat de François Mitterrand, s’est déroulée la fameuse « marche des beurs » qui témoigne de problèmes, de mauvais ressenti et de discrimination. L’immigration change de nature, et devient une donnée sociale tout à fait différente.

 

C. L’épidémie de SIDA en France

L’épidémie de sida qui est apparue en France et dans le monde dans les années 1980 a entrainé trois changements majeurs :

- D’abord, les pouvoirs publics ont été contraints de prendre des mesures d’accompagnement des malades. Des associations se sont créées, la chose a été prise très au sérieux : c’était un problème de santé publique national.

- Ensuite, l’épidémie de sida a provoqué une prise en charge des patients par eux-mêmes, à travers des organisations comme AIDES par exemple, ou de façon plus radicale avec Act Up. Les malades sont devenus des acteurs essentiels de leur maladie, des traitements et de tous les éléments politiques culturels sociaux qui tournent autour de ça.

- Enfin la condition homosexuelle qui était encore marginalisée avant cette crise a changé :  les homosexuels ont été très touchés par le sida, et de ce fait, la cause homosexuelle a été prise en considération. 

Aujourd’hui, c’est essentiellement le continent africain qui est touché par le sida, mais cette maladie est toujours présente partout dans le monde.

 

Conclusion

 

En somme, tous ces éléments disparates caractérisent, à cette époque, une société qui est en train d’évoluer, de se libéraliser, de se moderniser, avec des gouvernements qui accompagnent cette évolution et cette modernisation.