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LE PLAN ET LA PROBLÉMATIQUE

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La problématique

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L’objectif est de distinguer la problématique en philosophie de la problématique telle qu’on peut la rencontrer dans d’autres disciplines. L’objectif est précisément de voir en quoi c’est autre chose.

 

I. Ce que n’est pas une problématique

 

Une problématique en philosophie n’est pas une simple reformulation de la question. On ne peut pas se contenter de reformuler la question et de dire « on traitera le problème suivant : « peut-on reprocher à une œuvre d’art de ne rien vouloir dire ? » »

De la même manière, il ne suffit pas d’ajouter un petit mot. Par exemple « dans quelle mesure peut-on reprocher à une œuvre d’art de ne rien vouloir dire » ou « en quel sens peut-on dire qu’une œuvre d’art ne veut rien dire ». Tout cela ne sera pas suffisant.

 

II. Ce qu’est la problématique

 

C’est fondamental et décisif par rapport à la réussite de la dissertation : une bonne problématique ou une problématique tout court en philosophique implique la formulation d’une difficulté qui empêche de répondre immédiatement au sujet philosophique, une difficulté qui exige un traitement philosophique. On ne peut pas répondre à la question parce qu’une difficulté se présente, parce qu’une contradiction, un paradoxe se présente. Ainsi, on formule le problème auquel on a affaire, problème qui exige un traitement philosophique. 

 

III. Difficulté, enjeux, fil directeur

 

Il est intéressant, par rapport à la recherche de la problématique, de trouver une difficulté. Alors que jusqu’à présent dans votre scolarité, on vous a demandé de trouver les solutions par rapport à une question donnée, ici ce qui intéresse le correcteur, ce ne sont pas tant les solutions que les problèmes, c’est-à-dire la capacité à montrer pourquoi la question se pose, quelles difficultés rencontre-t-on dans la réponse que l’on cherche à donner à cette question. Donc il faut penser à la difficulté, chercher les difficultés relatives à une question donnée.

Il faut aussi chercher les enjeux. Cela permet également de préciser le sens d’un problème que de trouver ses enjeux. Les enjeux sont les conséquences. Si on répond comme ceci, qu’est-ce que ça donne ? Quelles sont les conséquences pratiques ? Quelles sont les conséquences théoriques à cette réponse ? Si on répond comme cela, quelles en sont les conséquences ? Qu’est-ce qui est en jeu ?

Enfin, l’objectif est bien de se donner un fil directeur pour sa propre dissertation, c’est-à-dire que le problème sera le point sur lequel il faudra à la fin de chaque partie revenir constamment. C’est un point essentiel, ça donne un fil de réflexion, donc un fil directeur pour la dissertation.

 

IV. Exemple de problématique

 

On prend l’exemple de sujet « Peut-on reprocher à une œuvre d’art de ne rien vouloir dire ? » pour essayer de voir comment on pourrait mettre en place ou formuler une problématique. Une problématique ne pourra pas consister à dire « Dans quelle mesure peut-on reprocher une œuvre d’art de ne rien vouloir dire ? » On n’a pas manifesté par là de difficultés, de problèmes ou de contradictions.

La meilleure manière de montrer qu’un problème se pose est de formuler cette problématique sous la forme d’une alternative, d’une contradiction franche. « Faut-il penser ceci ou à l’inverse faut-il penser cela ? » C’est la raison pour laquelle on ne peut pas répondre d’emblée à la question.

« Peut-on reprocher à une œuvre d’art de ne rien vouloir dire ? » On peut reformuler les choses en se donnant deux d’alternatives et se demander si de fait, au bouillon, il y a des œuvres d’art qui n’ont aucune signification ou au contraire faut-il penser que toutes les œuvres d’art transmettent un message. Donc, de fait, les œuvres d’art expriment-elles toutes quelque chose ou au contraire faut-il penser de droit qu’une œuvre d’art n’a aucune signification déterminée ?

Comme on l’a vu, l’objectif est précisément de montrer que si l’artiste avait voulu dire quelque chose, il se serait contenté de le dire, il n’aurait pas créé une œuvre d’art pour cela. Là, on a une vraie opposition, on a une véritable contradiction et c’est donc une problématique. On a vraiment une alternative, une contradiction et on ne peut pas se décider tant qu’on n’a pas traité le sujet.

Pour le sujet qu’on s’est donné, à savoir « Peut-on reprocher à une œuvre d’art de ne rien vouloir dire ? », on peut formuler la problématique de la manière suivante : « Faut-il penser que toutes les œuvres d’art expriment quelque chose ou comprendre qu’au contraire la spécificité de l’art réside dans son caractère irréductible à tout discours ? »