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ÉVOLUTION ET SANTÉ ; ÉVOLUTION ET AGRICULTURE

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Évolution et santé

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Évolution et santé

 

I. Le principe d’un antibiogramme

 

En laboratoire, on peut réaliser des antibiogrammes. C’est-à-dire qu’à partir d’un prélèvement organique, des selles par exemple, on va pouvoir tester l’action d’antibiotiques sur des bactéries. Ci-dessous on a un schéma du résultat final du test d’un antibiogramme : en orange la population de bactéries de la même espèce sous forme de couche uniforme, par exemple Escherichia coli, et on souhaiterait tester l’efficacité de différents antibiotiques, représentés ici par des pastilles de couleur.

 

 

Il est très important de pouvoir répondre précisément à la question posée concernant l’interprétation d’un antibiogramme : si la question est de savoir quel est l’antibiotique le plus efficace, il faudra répondre le rouge et le jaune.

Par contre si la question est de savoir quels sont les antibiotiques efficaces de manière générale, il y a alors toujours le jaune et le rouge, mais aussi le noir et le bleu.

Par contre, on voit que le vert ne tue aucune bactérie. En effet, le halo qui entoure les pastilles représentant les antibiotiques, ce sont des bactéries qui ont été tuées par la diffusion de l’antibiotique depuis cette pastille. Il faut donc, selon la question, citer les antibiotiques les plus efficaces, ou tous ceux qui sont efficaces de manière générale, tout en précisant lesquels le sont davantage.

Les antibiogrammes permettent d’adapter le traitement à un antibiotique, par exemple. C’est très important puisqu’on peut voir l’apparition de bactéries résistantes à un antibiotique.

 

II. Apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques

 

En moyenne quand on commercialise un antibiotique, dans les deux ans qui suivent, on observe des premières résistances. Les antibiotiques sont des découvertes très récentes attribuées à Fleming à partir d’une souche de champignon. Les bactéries ont un fort taux de mutation, ce qui signifie que même si la découverte des antibiotiques est assez récente dans notre Histoire, on a déjà de nombreuses bactéries résistantes. Effectivement, elles ont un temps de génération qui est très court, ce qui signifie qu’elles se reproduisent très rapidement, et un taux de mutation élevé.

Il y a donc une probabilité existante d’avoir dans un milieu donné des bactéries résistantes. Quand on utilise un antibiotique, qui va agir sur ces bactéries, cela va tuer la plupart, mais les bactéries résistantes qui étaient déjà présentes dans le milieu (attention ce n’est pas la bactérie qui d’un coup devient résistante : par mutation des bactéries présentaient une résistance et n’avaient pas d’avantage sélectif) vont se retrouver, en présence de l’antibiotique, avantagées sur le plan sélectif car ce sont les seules qui vont survivre. De ce fait elles vont se multiplier davantage et créer des colonies de bactéries résistantes.

Il faut prendre conscience qu’il y a donc un problème de santé mondiale à venir et qu’il faut avoir une utilisation parcimonieuse des antibiotiques.

 

III. Antibiotiques et vaccins

 

Les vaccins agissent au niveau des populations bactériennes de différentes façons, ce qui signifie qu’une bactérie, pour être résistante à un vaccin, doit développer de nombreuses mutations, ce qui n’est pas impossible mais statistiquement assez improbable. Cela implique qu’il y a beaucoup moins de résistances aux vaccins qu’aux antibiotiques.

Par ailleurs les vaccins permettent à l’organisme de lutter contre les bactéries avant même qu’elles n’aient acquis certains caractères, certaines mutations, ce qui limite la propagation des mutations au niveau des bactéries.

Particularité sur les bactéries résistantes : certes, elles peuvent se multiplier et transmettre ainsi la résistance d’une bactérie mère à des bactéries filles, mais elles font également des échanges de matériel génétique entre espèces de bactéries, ce qui signifie que les résistances développées dans une espèce peuvent se retrouver dans une autre.

Il est donc vraiment important d’utiliser nos antibiotiques de manière parcimonieuse. Vous avez peut-être déjà entendu le slogan « Les antibiotiques, c’est pas automatique », tout simplement pour éviter ce développement et ce transfert de résistance. Car si vous utilisez un antibiotique non adapté ou non efficace, par exemple parce que vous avez une maladie virale, maladies contre lesquelles les antibiotiques ne sont pas efficaces contre les virus, dans ce cas les bactéries inoffensives que vous avez en permanence dans et sur votre corps vont pouvoir être affectées par cet antibiotique, les bactéries résistantes vont survivre. On se dit alors « pas de problème puisqu’elles sont inoffensives », or par ce transfert horizontal de gènes (les transferts horizontaux sont vus pour les élèves de spécialité) les bactéries vont pouvoir transmettre cette résistance à d’autres espèces, dont des espèces pathogènes. D’où l'existence des campagnes sanitaires très importantes pour essayer d’avoir des bonnes pratiques concernant l’utilisation des antibiotiques.