Terminale > SES > Regards croisés > Inégalités et justice sociale

INÉGALITÉS ET JUSTICE SOCIALE

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

Évolution et cumulativité des inégalités

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

Une inégalité est une différence qui se traduit en termes d’avantage ou de désavantage entre différents groupes d’individus au sein d’une société. On souligne principalement deux types d’inégalité économique : les inégalités de revenu ou les inégalités de patrimoine. Les inégalités sociales sont beaucoup plus nombreuses, comme les inégalités d’accès à la santé, au logement ou des discriminations.

 

I. Les grandes évolutions des inégalités au XXe siècle

 

A. Une baisse globale des inégalités au cours du XXe siècle

Durant le plein essor industriel, les inégalités ont augmenté dans un premier temps car cet essor avait davantage favorisé des groupes d’individus qui avaient investi dans le secteur industriel. Néanmoins, avec le développement économique, la tertiarisation de l’économie, la mise en place de politiques redistributives et la mise en place d’un système éducatif qui permet à de plus en plus d’individus d’être scolarisés, les inégalités ont baissé au fur et à mesure du temps. Ainsi, selon l’analyse de Simon Kuznets, l’évolution des inégalités se fait en deux temps : premièrement, essor des inégalités, secondement, vient une tendance baissière.

 

B. Une résurgence des inégalités depuis les années 1980

Dans les économies développées, il y a une résurgence des inégalités depuis les années 1980. L’analyse de Simon Kuznets apparaît donc incomplète. Cette résurgence est observée en utilisant des indicateurs, comme l’indice de Gini. Il s’est dégradé pour les pays de l’OCDE. Cette résurgence est principalement structurelle, c’est-à-dire que le chômage a augmenté, la croissance a baissé et les politiques redistributives ont évolué. La fiscalité est moins pesante sur les plus aisés qui tirent une bonne partie de leurs revenus de leur patrimoine. Des catégories favorisées ont beaucoup plus d’argent ou de patrimoine, certaines catégories stagnent voire régressent. Mécaniquement, cela fait augmenter les inégalités économiques.

 

II. La cumulativité des inégalités

 

A. Une inégalité économique peut entraîner une autre inégalité économique

Par exemple, une inégalité de revenus : je gagne peu d’argent => j’accumule peu ou pas de patrimoine.

 

B. Une inégalité sociale peut entraîner une autre inégalité sociale

Par exemple, un faible diplôme peut conduire au chômage ou à un contrat à durée déterminée. Cela peut se répercuter sur une opportunité à trouver facilement ou pas un logement. Une inégalité en termes de diplôme peut se traduire ou peut entraîner une inégalité d’accès au logement.

 

C. Une inégalité économique peut entraîner une inégalité sociale

Par exemple, un individu qui a des faibles revenus peut avoir moins accès à la santé car certaines prestations ne sont pas remboursées par la protection sociale.

 

D. Une inégalité sociale peut entraîner une inégalité économique

Ainsi, les discriminations sont des inégalités de traitement. Les femmes gagnent en moyenne, à poste équivalent, moins que les hommes. On traite les femmes d’une autre manière que les hommes, et cela entraîne une inégalité de revenus.

 

E. Le processus cumulatif des inégalités

Des individus cumulent tellement d’inégalités qu’elles se nourrissent entre-elles et qu’elles forment un système d’inégalités

 

 

Prenons par exemple un individu qui est issu d’un milieu social défavorisé. Ces parents lui transmettent peu de capitaux économiques, peu de capital social (réseau, carnet d’adresses) et peu de capital culturel (connaissances). La trajectoire scolaire de cet individu risque donc fort d’être moins prestigieuse qu’un autre individu avec plus de capitaux. Il obtient des diplômes moins prestigieux, peu valorisés. Cela se répercutera sur le marché du travail. Il a un métier peu valorisé, peu rémunéré. Il aura une consommation moindre, plus de difficultés à accéder au logement. Ainsi, cela se transmet de génération en génération.

L’homogamie sociale (avoir comme conjoint une personne issue de son milieu social) est forte en France. On sait que les ouvriers ont comme conjoint des employées. C’est pour cela que des politiques de l’Etat sont nécessaires, des politiques de justice sociale, afin de pallier ces systèmes d’inégalités qui mettent en cause la cohésion sociale.