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ANNALE - CHOIX DE LOCALISATION DES FIRMES MULTINATIONALES

Exercice d'application


Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

  • Exercice : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire - Annale Bac

    Sujet : À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les choix de localisation des firmes multinationales répondent à différentes logiques.

     

    Document 1

    Divers facteurs déterminent la décision d’IDE(1). La firme ne s’engage pas si elle n’a pas conscience de détenir des avantages compétitifs spécifiques [...].
    Quant aux pays où elle est susceptible de s’implanter, ils doivent présenter des avantages comparatifs.

    Du côté de la demande, il s’agit de la taille ou de la richesse (fort revenu par tête) du marché, de sa croissance et de sa composition par produits, reflétant des disparités internationales dans les préférences des consommateurs. Cela n’explique pas pourquoi cette demande est satisfaite par l’IDE plutôt que par l’exportation. Des barrières à l’entrée(2) du marché étranger peuvent alors déterminer l’IDE [...]. L’IDE est aussi considéré comme un moyen d’économiser les coûts de transport liés à l’exportation. Valable pour les produits lourds à faible valeur unitaire, l’argument s’amenuise avec la baisse continue des coûts de transport. L’IDE diversifie les risques entre plusieurs marchés intérieurs. [...]

    Du côté de l’offre, l’IDE est déterminé par des avantages de coût de production.

    (1) Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition d’au moins 10 % d'une entreprise située à l'étranger.
    (2) Ici, les barrières à l’entrée sont les obstacles à la concurrence que peut rencontrer une entreprise pour pénétrer sur un marché, comme les droits de douane.

    Source : Les multinationales globales, Wladimir ANDREFF, 2003.

     

    Document 2

    Pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles à exporter depuis leur base nationale, alors que les autres grands constructeurs continentaux délocalisent de plus en plus, et pour certains deviennent importateurs nets de véhicules ? [...]
    La productivité du personnel (valeur ajoutée/personne occupée) a progressé très fortement en Allemagne sur la période 2000-2008. En Italie, elle a également progressé mais beaucoup plus lentement, alors qu’en France, elle a régressé. [...] Au total, sur la période, la part des charges de personnel dans la valeur ajoutée baisse dans la filière automobile allemande alors qu’elle augmente en Italie et surtout en France, d’où une forte dégradation de la compétitivité de l’industrie automobile en France. [...]

    La préférence des constructeurs français pour des stratégies d’internationalisation via les IDE(1) s’explique donc en partie par la dégradation des conditions de production en France, ce qui conduit ces constructeurs à produire des véhicules dans les pays de l’Est, pour ensuite les réimporter en France. [...]

    La stratégie de délocalisation semble plus adaptée pour des entreprises qui investissent moins en R&D(2) et qui ont ainsi un positionnement en moyen et bas de gamme, comme c’est le cas pour les entreprises automobiles françaises et italiennes. Cette tendance à la délocalisation a été renforcée par une évolution très défavorable des conditions de production domestique en termes de coût. Ces évolutions conduisent les constructeurs à rechercher de nouvelles zones de production, et ce d’autant plus que la part des coûts de production dans le prix final est bien plus élevée en ce qui concerne les véhicules d’entrée de gamme(3).

    (1) Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition d’au moins 10% d'une entreprise située à l'étranger.
    (2) R&D : recherche et développement.
    (3) Entrée de gamme : version la moins chère d’un modèle de véhicule.

    Source : « Les déterminants des stratégies internationales des constructeurs automobiles européens : exportation ou investissements directs à l’étranger ? », Pierre BUIGUES, Denis LACOSTE, Maurice SAIAS, Annales des Mines - Gérer et comprendre, 2015.

     

    Document 3 : Répartition des flux d'investissement direct à l'étranger (IDE(1)) par région (en % des flux mondiaux)

     

    Entrées d’IDE

    Sorties d’IDE

    2000

    2005

    2010

    2015

    2000

    2005

    2010

    2015

    Economies en développement(2)

    17,1

    34,9

    45,0

    43,4

    7,6

    13,5

    25,7

    25,6

    Economies en transition(3)

    0,4

    3,2

    4,6

    2,0

    0,3

    2,2

    3,6

    2,1

    Economies développées(4)

    82,5

    61,9

    50,4

    54,6

    92,1

    84,3

    70,7

    72,3

    Monde

    100

    100

    100

    100

    100

    100

    100

    100

     
    (1) Investissement direct à l'étranger : création d'un lieu de production à l'étranger ou acquisition d’au moins 10 % d'une entreprise située à l'étranger.
     
    (2) Economies en développement dont : Chine, Inde, Maroc, Mexique...
     
    (3) Économies en transition dont : Fédération de Russie, Ukraine, Albanie, Géorgie, Serbie...
     
    (4) Économies développées dont : France, Allemagne, États-Unis, Japon, Australie...

    Source : D’après CNUCED, 2016.

     
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