Annale – Analyse d’un texte de Maylis de Kerangal et d’une photo

Genres et registres

Les genres sont des catégories d’œuvres littéraires, regroupées selon des codes littéraires différents. Les codes littéraires du roman ne sont pas les mêmes que ceux du théâtre par exemple. Les registres quant à eux désignent l’intention de l’énonciateur, l’effet qu’on cherche à produire sur le lecteur. Ainsi, à l’intérieur d’un genre, on peut trouver différents types de registres.

 

I. Les genres

 

– La nouvelle : il s’agit d’un récit bref et fictif, où un seul événement est raconté. Il y a peu de personnages, et leur psychologie est peu ou pas développée. Très souvent la nouvelle met en jeu à la fin du récit une chute, c’est-à-dire une fin surprenante, inattendue.

– Le roman fictif : il existe plusieurs types de romans. Le roman policier, articulé autour d’une enquête ; le roman historique, qui a pour trame de fond un ou plusieurs événements historiques ; le roman d’aventure ; le roman d’anticipation ou roman de science-fiction, qui se déroule dans le futur ; le roman social ou roman d’apprentissage.

– L’écriture de soi : il existe plusieurs sortes d’écriture de soi, le journal, les mémoires, l’autobiographie, la correspondance privée.

– La lettre : elle peut désigner une correspondance fictive ou authentique.

– La poésie : avec des vers libres, des vers réguliers, ou de la prose. Il s’agit d’un langage musical et imagé.

– Le théâtre : il se caractérise par un échange de répliques dans lequel se trouvent des didascalies, qui sont des indications scéniques. Il s’agit d’un texte destiné à être joué sur une scène. On distingue plusieurs types de pièces de théâtre, les principales sont la farce, la comédie, la tragédie et le drame.

 

II. Les registres

 

– Comique : l’énonciateur cherche à faire rire. Il peut s’agir d’un comique de mots, d’un comique de situation, d’un comique de gestes ou d’un comique de caractères.

– Tragique : il s’agit de susciter la peur ou la pitié du lecteur. On met souvent en scène dans le registre tragique l’impuissance de l’homme face à la mort ou face à son destin.

– Lyrique : il consiste à exprimer ou partager ses sentiments personnels.

– Pathétique : il consiste à émouvoir le lecteur, à susciter la pitié, la compassion. Le mot « pathétique » vient du grec pathos, qui signifie la douleur.

– Satirique : il consiste en la critique de quelque chose ou de quelqu’un en se moquant. On dénonce ainsi des vices et des défauts de quelqu’un ou de la société.

– Ironique : il est également une critique, mais cette fois-ci déguisée. L’ironie consiste à dire le contraire de ce que l’on pense.

– Polémique : le terme polemos en grec signifie la guerre, le combat. Dans le registre polémique, le but est ainsi d’attaquer, souvent avec des mots violents.

– Épique : il met en scène un héros, qui a généralement de grandes qualités. Il présente également des forces antagonistes qui s’affrontent, représentant le bien et le mal. Le registre épique utilise de nombreuses hyperboles, c’est-à-dire des exagérations.

Dénotation et connotation, implicite et explicite

I. Dénotation

 

Le sens dénoté d’un mot est sa signification première donnée par le dictionnaire. Par exemple, dans le dictionnaire on trouve que le rouge est une couleur primaire.

 

II. Connotation

 

Le sens connoté d’un mot est sa signification dérivée, affective et personnelle, qui s’ajoute au sens premier. Par exemple, le rouge peut évoquer par association d’idées et selon le contexte soit la passion amoureuse, la violence, le sang ou l’interdiction. Par exemple, dans ce vers de Nerval, « mon front est rouge encore du baiser de la reine », le mot « rouge » associé au mot « baiser » évoque par connotation la passion, l’émotion.

Attention : il faut garder à l’esprit que la connotation dépend du contexte. Par exemple, la connotation du blanc dépend du contexte socio-culturel. En Occident, le blanc est la couleur du mariage mais en Orient, c’est la couleur du deuil.

 

III. Explicite

 

Un énoncé explicite est un énoncé qui ne contient qu’une seule interprétation. Par exemple, lorsque l’on dit « il va y avoir de l’orage », on peut ne vouloir faire qu’un simple constat qui consiste à faire remarquer que le temps va changer.

 

IV. Implicite

 

Dans un énoncé implicite, il y a une interprétation que le destinataire doit deviner. On peut dire aussi « il va y avoir de l’orage » pour faire comprendre à un destinataire que nous n’allons pas pouvoir sortir comme nous l’avions prévu. Un autre exemple : « cette valise est trop lourde ». On peut dire cela pour faire comprendre à la personne qui est avec nous que nous aimerions qu’elle la porte à votre place : c’est un sous-entendu. Dans un autre exemple « le musée ferme le lundi », on peut avoir ce qu’on appelle un présupposé, c’est-à-dire que si on dit que le musée ferme le lundi, c’est qu’on suppose au départ qu’il est ouvert les autres jours.

 

V. Différenciation

 

Ces notions peuvent sembler proches des notions de sens propre et de sens figuré, mais ce n’est pas exactement la même chose. Par exemple, quand j’emploie le mot « souris » je l’emploie soit au sens propre soit au sens figuré. Au sens propre cela signifiera l’animal et au sens figuré, l’outil informatique ; alors que le sens connoté d’un mot s’ajoute au sens premier, au sens dénoté.

Si on a des difficultés pour comprendre la différence entre explicite et implicite, il faut se rappeler l’origine des préfixes « ex- » et « in- ». En latin ex signifie « en dehors de », c’est ce qui se voit tout de suite, l’interprétation première. In signifie « à l’intérieur, dedans », c’est ce qui ne se voit pas, il faut creuser pour aller chercher l’interprétation.

La science-fiction

La science-fiction est un genre littéraire et cinématographique qui associe des progrès scientifiques pour raconter une histoire, un récit de fiction. La science-fiction n’est pas totalement née au XXe siècle. Déjà au XVIIe siècle, un personnage de théâtre, Cyrano de Bergerac, inventé par l’auteur Edmond Rostand, a imaginé un voyage dans la lune et le soleil. Ce genre s’est toutefois particulièrement développé au XXe siècle, avec les progrès techniques.

Les progrès sont de diverses natures : progrès techniques, progrès physiques (exemple : mondes parallèles), progrès biologiques ou médicaux (exemple : des êtres clonés).

Un récit de science-fiction est souvent un récit d’anticipation qui se passe dans le futur, mais pas nécessairement. Exemple : Star Wars se passe il y a très longtemps.

Au cinéma, les cinéastes se sont vites emparés de la science-fiction car elle permet de mettre en scène des effets spéciaux. Avec des images, il est possible de faire croire qu’il existe des choses qui n’existent pas en réalité. Exemple : le réalisateur Méliès a filmé en 1902 le premier voyage d’un personnage dans la lune, alors que le premier vrai voyage dans la lune date de 1969.

 

Pour interpréter un récit de science-fiction, il faut se demander ce que l’auteur a voulu dire sur nous-mêmes. Voici trois pistes d’interprétations possibles :

– Les valeurs morales : il y a des forces du Bien (la loyauté par exemple) qui s’opposent aux forces du Mal (la trahison).

– Les mises en garde : le récit de science-fiction peut mettre ne garde le lecteur sur ce que la société deviendrait si l’homme ne contrôle pas le progrès.

– La métaphore : le récit de science-fiction peut être une métaphore de la société contemporaine, elle fonctionne comme une image de la société de l’époque de l’auteur. Exemple : 1984 de George Orwell : il y a un monde gouverné par Big Brother, qui surveille toute la société. Ce livre est en réalité une métaphore des régimes totalitaires du XXe siècle d’Hitler et de Staline notamment.