Annale – Transmission du capital culturel

Pourquoi dit-on que les inégalités sont multiformes et cumulatives ?

Une inégalité correspond au fait que l’on ne dispose pas égalitairement des mêmes ressources socialement valorisées. Il existe à cet égard différents types de ressources telles que les ressources culturelles,  les ressources symboliques (comme le prestige) ou les ressources économiques.

 

 

En général on considère qu’il existe trois grands ordres d’inégalités :

– les inégalités de l’avoir, de ce qu’on peut posséder comme emploi, revenu, logement, etc., (en rouge, orange et jaune sur le schéma).

– les inégalités du savoir, inégalités culturelles qui correspondent aux savoirs ou à la capacité d’appréhender le monde en donnant un sens à sa vie (en vert sur le schéma).

– les inégalités du pouvoir correspondant à la capacité d’agir sur le monde et déterminer la société dans laquelle on souhaite vivre (en bleu sur le schéma).

Ces inégalités ne sont pas indépendantes les unes des autres. Elles interagissent, si bien que l’on dit qu’elles sont cumulatives. Les groupes sociaux les plus désavantagés le sont généralement sur tous les éléments.

 

Par exemple, en ne prenant uniquement les inégalités de richesse, on se rend compte que le revenu détermine le montant du patrimoine. En effet, sans revenu, on ne peut épargner et se créer un patrimoine mobilier ou immobilier pour l’avenir. En retour, si l’on possède un patrimoine, il sera possible d’en toucher des revenus (des dividendes si l’on possède des actions ou des loyers si l’on possède des biens immobiliers.)

Ces inégalités ont des impacts sur d’autres inégalités notamment les inégalités face à l’école. La capacité à faire des voyages culturels ou bien l’accès aux cours particuliers sont déterminés par le revenu. Par ailleurs, l’accès à des quartiers prestigieux permet d’accéder à des écoles de renom. Le revenu détermine également la qualité du foyer qui est déterminant dans la réussite scolaire : les foyers insalubres ne sont pas des endroits propices à l’étude.

On peut aussi montrer que les inégalités culturelles ont un impact sur les inégalités face à l’école dont le diplôme détermine la qualité de l’emploi par la suite. Enfin, il ne faut pas oublier les inégalités face à l’espace public correspondant à la capacité à appréhender le monde dans lequel on vit et à faire entendre sa voix. Ces inégalités sont cumulatives si bien que tous les groupes sociaux ne sont pas égaux face aux inégalités car ces dernières s’enclenchent les unes après les autres.

Les 4 capitaux de Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu constate que les individus ne sont pas interchangeables. Pour expliquer cela, il a élaboré toute une théorie dont les quatre grands capitaux occupent le centre. Les individus se distinguent de part leur possession inégale de capitaux. Ils ont des volumes différents de capitaux mais aussi une répartition différente des différents capitaux au sein de leurs aptitudes.

 

 

Le capital économique est le capital premier. Il se compose de l’ensemble des richesses d’un individu (revenus, patrimoine).

 

Le capital culturel est le plus important pour Pierre Bourdieu. Il s’agit de l’ensemble des savoirs, des savoir-être (habitus : capacité d’un individu à se positionner), des diplômes et des biens culturels possédés par un individu.

 

Le capital social est le réseau de relations et connaissances dont dispose un individu et sa famille et qu’il peut activer pourobtenir des informations déterminantes pour avoir un stage, un emploi, etc.

 

Le capital symbolique qui valide un certain prestige social correspondant au rayonnement des individus dans la société. Il légitime la possession des autres capitaux. Il diffère en fonction de l’importance de chacun dans la prise de décision notamment.

 

Finalement, la dotation de chaque individu dans les différents capitaux est déterminante. Par exemple, pour réussir en politique, il peut être préférable de disposer d’un fort capital social. D’autre part, le monde de l’art sera peut-être plus accessible si l’on dispose de capital culturel. Ce n’est pas seulement le volume global du capital qui est déterminant mais aussi sa composition.