La compréhension du texte

Éviter la paraphrase en philosophie

I. Ce qu’est la paraphrase

 

Paraphraser un texte, c’est se faire emporter par le texte lui-même et se contenter de redire ce que dit déjà l’auteur, le redire autrement. Or, l’auteur a très bien écrit, c’est un écrivain en plus d’être un philosophe. Par conséquent, il dit forcément mieux que la paraphrase, et se contenter de redire n’apporte rien. Expliquer un texte ne peut pas être seulement redire ce que dit déjà l’auteur.

 

II. Éviter la paraphrase grâce à la thèse

 

Pour ne pas se faire emporter par le texte dont on se contenterait de redire les phrases, l’enjeu principal, et c’est la première technique pour éviter la paraphrase, est précisément d’identifier la thèse. A partir du moment où on a identifié la thèse, c’est-à-dire l’objectif de l’auteur dans ce texte on est capable au lieu de se faire emporter par le texte et de se contenter de suivre pas à pas ce qui est dit, de prendre les devants et de garder à l’esprit ce que l’auteur cherche à démontrer. On montre ainsi que la première étape du texte consiste pour l’auteur à montrer ceci parce qu’il en a besoin pour démontrer sa thèse.

Autrement dit, on s’appuie sur la thèse pour toujours montrer comment l’auteur s’y prend pour la défendre. Expliquer un texte revient à montrer comment un auteur s’y prend pour défendre sa thèse, quelles sont les étapes par lesquelles il passe. Cela permet d’éviter la paraphrase puisque le travail consiste à montrer en quoi cet argument, en quoi cet exemple, en quoi cette partie du texte a effectivement une fonction particulière dans la défense de la thèse, quel est son rôle par rapport à la défense de la thèse.

 

III. Justifier les propos de l’auteur

 

Second point, il s’agit de justifier les propos de l’auteur. Pour chaque partie du texte, l’objectif est non seulement d’énoncer l’idée générale de la partie, de dire un petit peu ce qui est défendu, mais aussi quel est le sens de ce qui est énoncé.

Ensuite, l’objectif est de ne pas se contenter de redire autrement ce que dit l’auteur mais montrer en quoi ce qu’il dit est vrai, pourquoi c’est vrai, pourquoi cela permet effectivement de défendre la thèse, quelle est la logique de son argumentation et qu’est-ce qui fait la cohérence interne du texte, c’est-à-dire en quoi ce qu’il dit est cohérent avec ce qu’il a dit antérieurement, est cohérent avec ce qu’il dit ensuite. Il faut être attentif à cette justification du texte, ne pas se contenter de redire ce que l’auteur dit déjà mais justifier ses propos, ou bien en se référant la logique interne du texte, ou bien en se référant une logique externe, c’est-à-dire à ce qui est vraisemblable et expliquer pourquoi c’est crédible.

 

IV. L’attention au sens des concepts

 

Pour éviter la paraphrase, il faut aussi être attentif au sens des concepts. Un des objectifs de l’explication de texte est bien-sûr de montrer comment un auteur défend une thèse. Mais un des objectifs sous-jacents, et qui va augmenter la valeur de la copie, est de définir le sens des concepts. Comme pour la dissertation, il ne s’agit pas d’être un dictionnaire philosophique puisque la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Par conséquent, il faut utiliser le texte lui-même pour défendre et pour définir le sens du concept en question. On va chercher dans le texte lui-même les réponses aux questions qu’on se pose sur le texte. Cela signifie aussi que le texte contient en lui-même les clefs de sa propre intelligibilité, ce qui fait qu’un texte est compréhensible.

L'organisation des parties

On prend une bonne heure et demie au brouillon pour analyser le texte, pour écrire des choses au brouillon : la thèse, des concepts importants, etc. Ensuite vient l’organisation de la copie. Une copie d’explication de texte comporte d’abord une introduction, ensuite un développement et enfin une conclusion.

 

I. Introduction

 

Dans l’introduction, des éléments très précis sont attendus. Premier élément attendu dans l’introduction, le thème, c’est-à-dire de quoi parle le texte, quel est son objet.

Ensuite vient la formulation du problème donc la problématique traitée, le problème philosophique abordé et traité par l’auteur.

Troisièmement vient la thèse. Il faut prendre un grand soin à l’identification et à la formulation de la thèse dans l’introduction. Un correcteur qui voit que la thèse n’est pas formulée dans l’introduction se dit : « ça commence mal, l’élève ne sait même pas ce qu’il a à expliquer. »

Enfin vient la structure de l’argumentation, c’est-à-dire comment l’auteur structure la défense de sa thèse.

 

II. Développement

 

Entre l’introduction et le développement, on saute deux lignes, et entre chaque partie du développement, on saute une ligne de telle sorte qu’on puisse voir clairement à l’ouverture de la copie les différents éléments attendus et les étapes du devoir.

Le développement est structuré en autant de parties qu’il y a de parties dans le texte. Si on a identifié trois parties dans la structure de l’argumentation, on fait trois parties dans le développement. Il y a entre deux et quatre parties.

Chaque partie est organisée de la manière suivante. On commence le développement de la partie en donnant l’idée générale de la partie. Si c’est un argument, l’idée générale de cet argument et quelle est sa fonction argumentative, quel rôle il joue dans la défense à la thèse. Si c’est un exemple, dire que c’est un exemple et ce qu’il illustre. On commence ainsi de telle sorte que le correcteur sache où l’auteur en est dans sa démonstration, qu’est-ce qu’il lui reste à montrer, et comment il fait pour le montrer. Cela permet de montrer au correcteur que l’on est attentif à l’organisation logique et structurée du texte.

Ensuite, on explique le texte proprement dit, donc on explique les concepts, le sens des concepts, la logique de chacun des concepts, la logique de telle phrase et ce que cela suppose. On met l’apport critique, si on fait le choix d’introduire cet apport critique à l’intérieur de l’explication linéaire.

Chaque partie doit être structurée de cette manière, mais surtout, l’important est de commencer la partie en rappelant l’idée générale et la fonction argumentative de la partie expliquée.

 

III. Conclusion

 

L’objectif d’une conclusion est de revenir au problème formulé dans l’introduction, le reformuler, rappeler les enjeux qui sont associés à ce problème. Il faut montrer et rappeler quelle position a été défendue par l’auteur, c’est-à-dire montrer comment l’auteur s’y est pris, quelle signification on a pu déceler dans le développement, et quelle signification a été éclairée.

On passe deux lignes entre la dernière partie du développement et la conclusion.

Il est admis de faire, dans le développement, une partie d’explication et puis une autre partie qui soit un apport réflexif ou critique. La meilleure solution reste d’introduire à l’intérieur de l’explication linéaire du texte l’apport réflexif ou critique.