La production des richesses

Les différentes formes d'organisations productives et leurs rôles

La production est une activité de création socialement organisée à l’origine des biens et des services visant à satisfaire nos besoins. Une activité socialement organisée indique que la production fait l’objet d’une répartition des tâches et des fonctions au sein de la société. On considère donc comme production des activités légales et déclarées. Tout ce qui est illégal ou non-déclaré n’est pas de la production aux yeux de la science économique.

On produit des biens, c’est-à-dire des produits matériels, et des services, c’est-à-dire des produits immatériels, que ce soit des besoins primaires, essentiels ou des besoins plus secondaires. Différents types d’organisations productives effectuent cette activité de création. S’il en existe différents types, c’est qu’elles n’ont pas les mêmes fonctions et ne répondent pas aux mêmes besoins.

 

I. La production marchande

 

D’une part, la production peut être marchande, c’est-à-dire être vendue à un prix au moins égal, et en général supérieur, aux coûts de production pour engendrer des profits.

Cette activité marchande est effectuée par les entreprises qui sont des unités de production avec un propriétaire et éventuellement des travailleurs. Elles peuvent être privées ou publiques. Elles ont un rôle de production destinée à un marché dans le but de faire des profits.

Elle est aussi effectuée par les coopératives et les mutuelles. Leur but est aussi de faire des profits. Mais la logique est différente car elles sont la propriété collective des travailleurs, et les profits sont en général réinvestis ou partagés différemment.

Ensemble entreprises, coopératives et mutuelles forment le secteur marchand, qui produit dans le but de vendre sur un marché pour faire des profits.

 

II. La production non marchande

 

Une partie de la production est effectuée par les associations et les administrations publiques. Elle n’est pas destinée à être vendue, ou elle est vendue dans un autre but que le profit. On dit que c’est une activité non marchande. Elle produit des biens et des services délivrés gratuitement ou à un prix inférieur aux coûts de production. Le but est de rendre des services.

Il y a deux grands types d’organisations produisant des biens et services non-marchands. D’une part, les administrations publiques sont des administrations qui ont pour but de fournir un certain nombre de services publics dans une visée de justice sociale et qui permettent la production de services que personne ne voudrait fournir. Elle a aussi pour but d’opérer une redistribution des richesses. Il y a trois grands types d’administrations publiques :

– les administrations publiques d’État, qu’elles soient concentrées comme les ministères, ou déconcentrées comme les préfectures,

– les administrations publiques locales, des régions, départements, communes qui fournissent à des échelons plus adaptés un certain nombre de services, comme les équipements scolaires,

– les administrations publiques de Sécurité sociale, comme la Caisse d’assurance maladie, qui s’occupent d’un certain nombre de mécanismes de redistribution des richesses et de la prise en charge de la protection sociale.

 

Dernier acteur productif : les associations sont des rassemblements de personnes qui agissent dans un objectif commun non lucratif. Elles interviennent dans des secteurs non occupés ou mal occupés par les entreprises ou les administrations publiques. Elles viennent pallier les défaillances des pouvoirs publics et du marché, pour compléter la fourniture de certains biens et services à certaines populations qui ne sont pas solvables, c’est-à-dire qui ne peuvent pas les payer. Elles peuvent avoir un but d’entraide, de défense d’une cause, etc. C’est pour cela que l’on parle d’ISBLSM : des Institutions sans but lucratif au service des ménages.

 

Conclusion

 

On a trois grands types d’acteurs : les acteurs marchands (entreprises, mutuelles et coopératives) qui fournissent des biens et des services sur un marché, et les acteurs non marchands que sont les administrations publiques et les associations qui agissent sur divers domaines en se complétant.  

Les facteurs de production et leur combinaison

La production est une activité de création de biens et de services. Les biens sont des productions matérielles, les services des productions immatérielles.

 

I. Les ingrédients de la production

 

Pour produire, il faut plusieurs choses. En premier lieu, des consommations intermédiaires qui sont des biens utilisés et détruits dans le processus de production. Il s’agit par exemple de la farine pour le boulanger, du shampoing pour le coiffeur, etc.

Il faut aussi des facteurs de production. Il y en a deux :

– Le travail est l’ensemble des heures de travail effectuées pour une unité de production, entreprises, administrations, etc.

– Le capital est l’ensemble des biens durables utilisés pendant plus d’un cycle de production, par exemple un logiciel informatique, un engin, un bâtiment, etc.

On parle de facteurs de production car ils sont utilisés durant plusieurs cycles de production et contrairement aux consommations intermédiaires, ils ne sont ni détruits, ni altérés durant le cycle de production, ni incorporés au produit. Ce sont ces deux facteurs qui servent à transformer les consommations intermédiaires pour avoir des produits finis, biens ou services.

 

II. La substituabilité et la complémentarité des facteurs de production

 

Les facteurs de productions capital et travail peuvent être substituables ou complémentaires. Ils sont combinés dans la combinaison productive. En fonction de la nature de ces facteurs, on peut les assembler ou les remplacer l’un par l’autre.

S’ils sont complémentaires, alors on ne peut pas ajouter une unité supplémentaire d’un facteur sans ajouter une unité supplémentaire de l’autre facteur. Par exemple, une compagnie de taxis peut difficilement acheter un taxi supplémentaire sans embaucher un nouveau chauffeur. On voit donc que taxi et chauffeur sont complémentaires : si on ajoute de l’un, il faut ajouter de l’autre.

S’ils sont substituables, alors on peut remplacer un facteur par un autre. Par exemple, si un supermarché achète une caisse automatique, il remplace une caissière. Il substitue donc une caisse automatique à une caissière.

 

III. L’intensité capitalistique de la combinaison productive

 

En fonction de la manière dont une entreprise combine les deux facteurs, on dira que la combinaison productive est à forte ou à faible intensité capitalistique.

Une combinaison à faible intensité capitalistique est une combinaison qui utilise beaucoup de travail et peu de capital. Par exemple, si on veut creuser une piscine olympique, on le fait avec 100 travailleurs et leur pelle. On peut creuser le même trou avec une pelleteuse et un seul travailleur. On aura alors une combinaison productive à forte intensité capitalistique. Dans cette situation, les facteurs de production sont substituables : on peut remplacer les travailleurs par une machine.

Qu'est-ce qui influence la composition de la combinaison productive ?

La combinaison productive est la manière dont une entreprise combine les deux facteurs de production travail et capital. On peut mettre davantage de travail ou de capital en fonction qu’ils soient substituables ou non. S’ils ne sont pas substituables, il y a peu de choix, mais s’ils sont substituables, on peut choisir de mettre davantage de facteur travail ou de facteur capital.

 

I. Coûts de production et prix des facteurs

 

Ce choix dépend d’abord des coûts de production. Les coûts de production pour une unité de production sont fixes ou variables. Un coût fixe ne change pas quelque soit le volume de la production. Si on a un loyer pour un bâtiment, le loyer ne change pas quel que soit le volume de la production. Si on a des salariés, leur salaire ne change pas quel que soit le volume de la production. Cependant, si on produit deux fois plus de baguettes de pain, on a besoin de deux fois plus de farine. Le coût de la farine est donc un coût variable, qui varie en fonction du volume de production. Le coût augmente à mesure qu’on augmente la production.

Cela dépend aussi du prix des facteurs eux-mêmes. Si le prix du travail est élevé par rapport au coût du capital, une entreprise peut choisir d’utiliser beaucoup de capital et peu de travail. Inversement, si le prix du travail est faible par rapport aux coûts du capital, l’entreprise peut avoir intérêt à substituer du travail au capital donc utiliser beaucoup de travail et moins de capital.

 

II. Productivité et progrès technique

 

Le second élément qui entre en compte dans le choix de la combinaison productive est la productivité, c’est-à-dire l’efficacité des facteurs de production. La productivité se mesure en rapportant la production aux facteurs qui ont été engagés pour la réaliser : productivité d’un facteur = volume de la production/volume de ce facteur utilisé.

Par exemple, on rapporte la quantité de travailleurs à la valeur ajoutée : on peut dire que la productivité d’un travailleur est de 100 € par jour de valeur ajoutée. On rapporte le nombre de facteurs de production à la valeur ajoutée. Quand on fait des gains de productivité, on peut choisir de produire autant pour un moindre coût puisqu’on est plus efficace, ou de produire davantage pour le même coût. Cela détermine donc la quantité de facteurs engagés et éventuellement la combinaison de ces facteurs, car on devient en général plus productif grâce au capital.

C’est justement parce qu’il y a du progrès technique, c’est-à-dire toutes les innovations qui permettent d’inventer de nouveaux produits, de nouveaux modes de production ou de nouvelles méthodes d’organisation qui permettent de gagner en efficacité, soit parce que le capital utilisé incorpore ce progrès technique, avec des machines plus récentes et plus performantes, etc., soit parce que ce progrès est incorporé au travail avec de nouveaux savoir-faire ou de nouvelles façons de faire. Le progrès technique améliore la productivité, et permet l’évolution de la combinaison productive en général en employant moins de travail rendu plus efficace soit par son propre travail, soit par les gains de productivité du capital.