Le cerveau, un organe fragile à préserver

Les perturbations chimiques de la vision

La circulation de de l’information de type nerveuse se fait d’un neurone à un autre, par l’intermédiaire de médiateurs chimiques que sont les neurotransmetteurs. Ces derniers sont libérés dans la synapse, l’espace entre le neurone présynaptique et le neurone postsynaptique. Les neurotransmetteurs viennent alors activer le neurone postsynaptique : c’est la transmission synaptique.

 

 

Cette transmission synaptique fait donc appelle à des neurotransmetteurs, en rouge sur le schéma, dont la forme est complémentaire à celle d’un récepteur particulier. Il existe toutefois d’autres molécules capables de se fixer à ces neurotransmetteurs, sans pour autant jouer le rôle de neurotransmetteurs (représentées en vert sur le schéma). Ces molécules sont pour la plupart des molécules exogènes, c’est-à-dire non produites par l’organisme mais absorbées par un individu.

Ces molécules sont capables de se fixer à la place des neurotransmetteurs puisqu’elles sont dotées de la même complémentarité avec le récepteur. Cette place étant occupée, il y a donc activation du neurone postsynaptique, de la même façon que s’il y avait eu libération de neurotransmetteurs. Cette activation se traduit donc par la transmission d’information de type visuelle et par la production in fine d’une perception visuelle dans le cortex visuel. L’individu obtient donc une vision qui n’est pas une vision de la réalité, une vision erronée ou autrement dit une hallucination.

Ces molécules exogènes à l’origine de l’hallucination peuvent être le LSD, la kétamine (un médicament anesthésique), la psilocine (qui provient de champignons), l’ecstasy ou d’autres drogues encore. Ces molécules sont consommées dans le but d’activer des perceptions visuelles et d’obtenir des effets recherchés par le consommateur, comme des hallucinations.

Néanmoins ces effets recherchés s’accompagnent d’effets secondaires indésirables comme des vertiges, des problèmes digestifs, des problèmes de rythme cardiaque.

Si elles sont consommées de façon répétée, ces molécules produisent également une accoutumance, qui peut se traduire par une dépendance physique et psychologique vis-à-vis des substances.

La fragilité du système nerveux

Dans l’organisme humain, surtout dans le cerveau mais également dans d’autres régions, il y a un grand nombre de cellules nerveuses. En premier lieu, on retrouve les neurones (l’organisme en compte environ 100 milliards) mais aussi plusieurs centaines d’autres qui les protègent, qui les nourrissent. Il existe ainsi plusieurs centaines de milliards de connexions et de communications. Mais ces cellules nerveuses sont fragiles. Elles sont peu réparables et peu remplacées lorsqu’elles sont abîmées ou détruites.

 

I. Un système fragile à protéger

 

Au cours de notre vie, il est donc indispensable de prendre soin de notre système nerveux. En effet ces cellules nerveuses, et surtout les neurones, nous sont particulièrement utiles. Elles sont utiles pour percevoir le monde par nos yeux, par nos oreilles, par notre nez, etc. Elles nous sont utiles pour agir, pour nos actions de déplacement, de communication avec les autres individus, etc. Enfin, ces cellules nerveuses sont indispensables pour tout le fonctionnement interne de notre corps (pour respirer, pour digérer, pour faire battre le cœur, etc.).

Nos cellules nerveuses, bien qu’elles soient fragiles, doivent être protégées puisqu’elles sont indispensables pour tout le fonctionnement interne et externe du corps.  Les yeux par exemple sont sensibles à la lumière. Une lumière trop forte peut endommager une partie de la structure de l’œil et ainsi mettre en péril notre vision. De la même façon, des sons trop forts stimulent mais peuvent aussi endommager les cellules nerveuses à l’intérieur des oreilles. Notre comportement face à ce système nerveux fragile doit être relativement responsable ou au moins être en connaissance des dangers que peuvent courir nos cellules nerveuses.

 

II. Bonnes habitudes à prendre

 

Pour l’ensemble du système nerveux, il est indispensable d’avoir de bonnes habitudes de sommeil, c’est-à-dire dormir suffisamment longtemps et dormir suffisamment fréquemment à des horaires réguliers. Il faut aussi de bonnes habitudes de nutrition, manger sein, manger équilibré, manger régulièrement.

Pour finir, il faut éviter les substances qui peuvent nous faire développer des addictions, c’est-à-dire des accoutumances. Ces substances (drogues, tabac, alcool) ont des effets sur notre système nerveux. Souvent ces molécules ressemblent à des molécules naturelles de notre organisme et viennent dérégler les communications entre les neurones. Lorsque ces molécules agissent dans notre organisme, elles vont modifier le fonctionnement du corps et cela peut avoir des répercutions à long terme. En effet, avec ces molécules, on développe une accoutumance, le corps s’habitue a leur présence, il y a alors le développement d’une addiction, soit le besoin de consommer ces substances avec des effets sur la vigilance, sur le bien-être (paranoïa), sur la communication qu’on peut avoir avec le monde qui nous entoure, et avec la perception qu’on peut avoir de tout ce qui nous entoure également.

Les effets des drogues sur les neurones

Voyons comment certaines substances chimiques peuvent perturber la communication qui existe entre deux cellules nerveuses, donc deux neurones.

À gauche, le premier neurone, représenté avec une membrane jaune, dans lequel peuvent circuler des signaux électriques (représentés par une flèche verte). Ces signaux sont transmis au niveau de ce qu’on appelle une synapse (un point de communication ou de contact) au neurone post-synaptique, en noir de façon chimique.

 

 

Pour résumer la transmission synaptique, c’est une transmission d’informations qu’on peut découper en cinq étapes. L’arrivée de signaux nerveux à l’extrémité du premier neurone, qu’on appelle pré-synaptique, puis la libération par ce neurone pré-synaptique de messagers chimiques représentés ici en rouge. Ils sont libérés dans un espace où les deux membranes cellulaires sont très proches l’une de l’autre. En troisième étape, ces signaux se fixent au neurone post synaptique et déclenchent alors une réaction en cascade et de nouveau signaux électriques dans le neurone post-synaptique. Pour terminer, normalement le neuromédiateur (le messager chimique) est recapturé et détruit, c’est-à-dire recyclé, par le neurone pré-synaptique.

 

Effets principaux de certaines drogues ou de certaines substances chimiques

 

 

(+) : la substance chimique a un effet activateur sur un des aspects de cette transmission d’informations.

(-) : il y a un effet d’inhibition, c’est-à-dire de blocage de la transmission synaptique.

 

Au niveau de la première étape (l’arrivée de signaux électriques) la nicotine (principe actif du tabac) mais aussi la morphine, l’héroïne et d’autres molécules ont un effet d’activation de l’influx, c’est-à-dire du message électrique. Le neurone, sous effet de ces substances, est plus actif.

Au niveau de la transmission synaptique on a, par exemple, par les amphétamines, une augmentation de la libération de neuromédiateurs. Il y a plus de messagers libérés dans la synapse en présence d’amphétamines qui sont des molécules excitatrices, que lorsqu’il n’y a pas de présence de ces drogues.

On peut aussi citer l’effet de la cocaïne, de l’ecstasy ou encore des amphétamines qui ont un effet négatif, un effet d’inhibition, sur la recapture du neuromédiateur. Ainsi, si le neuromédiateur est moins recapturé, cette synapse reste active plus longtemps. Donc les deux neurones sont activés par la présence de ces molécules. Enfin la nicotine, déjà évoquée pour un effet précédent, va aussi diminuer la destruction et le recyclage du neuromédiateur représenté en rouge.

On voit que ces molécules, qui sont des molécules non naturelles, non produites par l’organisme, ont un effet sur la transmission des signaux. On peut donc dire qu’elles perturbent la communication des neurones, les rendant plus actifs ou au contraire moins actifs. Cet effet est particulièrement important sur certains neurones de notre cerveau, notamment des neurones qui sont impliqués dans les sensations agréables, les sensations de plaisir. C’est pour cette raison que la consommation de ces substances peut donner des sensations effectivement agréables, néanmoins elles vont ensuite provoquer la mise en place d’une dépendance voir même d’une toxicomanie, c’est-à-dire que l’effet qu’elles ont sur les neurones va nous rendre dépendant et va faire que l’on va rechercher à nouveau cet effet de façon répétée et finalement parfois de façon irrépressible.