Le Malade imaginaire, Molière

Le commentaire linéaire à l'oral

I. Définition

 

Le terme linéaire vient du mot ligne. Une progression linéaire est une progression par ligne, en suivant l’ordre du texte.

 

II. Différence commentaire composé/linéaire

 

Le commentaire linéaire est une composition à partir de l’ordre du texte tandis que le commentaire composé se construit autour de plusieurs éléments présents dans le texte, selon un agencement logique et personnel. Un commentaire composé consiste donc à prendre des éléments du texte et de les articuler autour d’un axe de lecture. L’axe de lecture s’apparente à une thématique clé du texte ou de son contexte, comme par exemple un texte romantique. Dans un commentaire linéaire, l’explication se fait en fonction des décisions de l’auteur. Il ne s’agit plus de rechercher de grandes thématiques communes au texte mais d’analyser le texte en fonction de son articulation. Pour construire le plan, il faut suivre le plan du texte.

 

III. Comment s’y prendre le jour J ?

 

Voici quelques pistes pour construire un commentaire linéaire. Ces étapes se réalisent au brouillon.

 

A. Découper le texte

Avant d’en dégager les grandes parties, il faut s’interroger sur le mouvement du texte. Le mouvement du texte correspond à l’articulation des parties et à leurs cohérences internes. Afin de faciliter la découpe du texte, il est conseillé de trouver un titre pour chaque partie, au fur et à mesure. Par exemple, une première partie peut avoir comme titre un dialogue romantique tandis que la deuxième partie peut avoir comme titre un coup de théâtre tragique et la troisième partie une esquisse de réponse.

 

B. Entrer dans le détail du texte

Pour ce faire, vous devez commenter chaque partie du texte, phrase par phrase. Attention, le but de ce travail n’est pas de citer les phrases telles qu’elles sont inscrites dans le texte mais de trouver des paraphrases permettant d’en expliquer le sens. Ce travail permet également de relever le style du texte comme les figures de styles ou les temps des verbes (passé, présent, subjonctif, etc.). Enfin, l’analyse méthodique des phrases doit aussi être l’occasion de relever les références de l’auteur. Il peut s’agir de références à l’Histoire, à la littérature, etc. Ces références ne sont pas forcément explicites dans le texte, il faut donc faire appel à sa culture générale pour déceler les références dissimulées par l’auteur. Ce deuxième temps de préparation au brouillon permet de trouver des éléments argumentaires.

 

En définitif, l’enjeu de ce commentaire linéaire est la compréhension du texte. Il ne s’agit pas d’une interprétation. L’interprétation a lieu dans un commentaire composé. Attention à ne pas se tromper.

Le Malade imaginaire, Molière - Oral

Si vous choisissez de parler du Malade imaginaire de Molière à l’oral du baccalauréat, dans la partie exposée de critique subjective, vous vous préparez à répondre à des questions posées par l’examinateur sur cette œuvre. Même si ces questions dépendent de l’examinateur, certaines d’entre elles sont récurrentes. Il faut donc les anticiper.

 

A. Les questions de connaissances

 

– En quoi cette pièce est-elle une comédie ?

Pour la définition de la comédie au XVIIe siècle, il faut se référer à la vidéo sur l’écrit à propos de cette pièce. La comédie est définie sur trois critères : appliquez ces critères au Malade imaginaire, et vous aurez des pistes concernant la réponse. Ajoutez deux autres critères : deux types de comique. Les types de comique sont tous les moyens utilisés par un auteur pour faire rire le spectateur.

Chez Molière, il y a deux types de comiques. Le premier est le comique de caractère qui est le fait de prendre un trait de caractère, comme le malade imaginaire ou encore l’avare. Ce trait de caractère va être poussé à son extrême par l’auteur pour faire rire. Souvent, le rire naît de l’exagération. Ici, le malade imaginaire fait rire parce que son obsession d’être malade le conduit à faire des choses absurdes, comme vouloir marier sa fille à son médecin ou encore ne pas se rendre compte que sa servante est déguisée en médecin, que le médecin qui le soigne est sa servante et qu’elle lui donne des conseils loufoques. Il est à ce point inquiété par sa maladie qu’il a besoin de remèdes et il a besoin d’y croire ; il est capable de tout avaler. Le Malade imaginaire est donc une comédie car il y a un comique de caractère dans cette pièce.

Le deuxième type de comique est le comique de situation. C’est un comique où il y a une situation particulière, absurde, bizarre et drôle. Par exemple, la dernière scène, où Argan pense pouvoir devenir médecin avec un rituel magique et un latin scandé et chanté, repose sur l’absurde et sur un quiproquo puisque Argan pense que le médecin qui va l’aider est un vrai médecin alors qu’il s’agit de sa servante déguisée. Il y a un quiproquo et un comique de situation. Le Malade imaginaire est donc bien une comédie.

 

– Peut-on considérer cette pièce comme le testament de Molière ?

Cette question du testament de Molière repose sur un sous-entendu : cette pièce est la dernière pièce écrite et jouée par Molière. De ce fait, cette pièce est bien un testament de Molière parce que c’est la dernière qu’il ait écrite et qu’il ait jouée (il est décédé peu de temps après la fin de la représentation).

Cependant, un testament est quelque chose d’assez fort en littérature : c’est là où l’auteur livre le message qu’il veut laisser à ses lecteurs de manière définitive et c’est là qu’il met ses plus grandes qualités. Ce n’est pas le cas du Malade imaginaire, il aurait pu être écrit à n’importe quel moment de la vie de Molière puisque Molière suit toujours le même schéma : un personnage masculin, avec un caractère particulier, qui amène à des situations bizarres et qui fait rire. Donc ce n’est pas vraiment un testament au sens littéraire du terme.

 

B. Les questions d’avis personnel

 

– Comment mettriez-vous vous en scène cette pièce ?

C’est une question très classique pour une pièce. Si vous commentez une pièce, il faut savoir ce qu’est une mise en scène : le décor, les costumes, les acteurs, la lumière, l’ambiance sonore, le placement des personnages sur la scène etc. Ces éléments de mise en scène peuvent être développés pour répondre à cette question.

 

– Quel est votre personnage préféré ?

Il faut donner son avis personnel et surtout il faut argumenter cet avis. Si c’est Argan, vous pouvez dire : « Malgré ses défauts, malgré qu’il soit égoïste et obsédé par sa propre santé et qu’il nie les besoins de sa fille, en fait il est touchant parce qu’on se reconnaît, on s’identifie ». Vous pouvez faire le lien avec l’actualité : avec le Covid, il est possible de se sentir proche de son angoisse à lui. Pensez toujours à argumenter en donnant plusieurs arguments et en faisant le lien entre l’argument et la pièce.

 

– Quel acteur verriez-vous dans le rôle d’Argan ?

Là aussi, il faut suivre son intuition et se faire confiance. Donnez un acteur que vous connaissez. Si l’examinateur ne le connaît pas, présentez lui l’acteur et argumentez votre choix.

Exemple possible : Philippe Caubère parce qu’il a déjà joué le rôle de Molière dans un film historique et qu’il a le visage de Molière ; cela donnera alors l’impression de voir Molière jouer Argan.

 

Conclusion

 

Il faut argumenter et structurer vos réponses. Si vous donnez de la matière à chaque question, alors l’examinateur ne va pas vous poser beaucoup de questions. Ainsi vous garderez la main, vous pourrez dire des choses intéressantes que vous maîtrisez et vous pourrez vous mettre en valeur.