Les périphrases verbales

Pour comprendre ce qu’est une périphrase verbale, il faut savoir ce que c’est qu’une périphrase.

Une périphrase est une manière détournée de dire quelque chose en employant plusieurs mots au lieu d’un seul. Par exemple, pour ne pas dire « Paris », je peux dire « la capitale de la France ».

 

Définition

 

La périphrase verbale est une expression formée de deux verbes dans laquelle le premier sert à nuancer le sens du second, c’est-à-dire, qu’au lieu du utiliser un seul verbe dans la phrase, on en utilise deux pour faire du sens.

Par exemple : « Il semble dormir ». On a bien deux verbes à la suite : le premier conjugué et le second à l’infinitif. Le premier, « semble », nuance le sens de « dormir ». Quand on dit « il dort », on est sûr. Quand on dit « il semble dormir », on montre par ce verbe « sembler » que l’on n’est pas sûr.

Deuxième exemple : « Il vient de s’endormir ». On a le premier verbe conjugué, « venir de », suivi d’un autre verbe à l’infinitif, « s’endormir ». Le sens de « s’endormir » est nuancé par le premier verbe, « venir de ». Cela veut dire que la différence entre « il s’endort » et « il vient de s’endormir » est que l’action vient de s’accomplir.

Comme on peut le constater dans ces deux exemples, le deuxième verbe est toujours à l’infinitif mais le premier peut être conjugué ou à l’infinitif. Le système de la périphrase verbale fonctionne toujours de cette manière : un premier verbe qu’on appelle semi-auxiliaire (c’est presque un auxiliaire) + un verbe à l’infinitif. C’est un semi-auxiliaire parce que ce premier verbe n’est là que pour être au service du deuxième. Il n’est là que pour aider à nuancer, à préciser son sens. Souvent le semi-auxiliaire perd son sens propre. Le sens du verbe « venir », c’est un verbe de mouvement : « je viens chez toi » veut dire que je me déplace. Il n’y a plus du tout le sens du déplacement dans « il vient de s’endormir ». C’est seulement un sens temporel : cela vient de se produire.

Les nuances les plus courantes des périphrases verbales

Nuances les plus courantes

 

« Il vient de lire » : « venir de » exprime le passé proche ; cela vient de se produire.

« Il va lire » : exprime le futur proche. Cela va se produire bientôt.

« Il se met à lire » : exprime le début d’une action.

« Il est en train de lire » : la périphrase verbale exprime le déroulement d’une action.

« Il cesse de lire » : « cesser de » exprime la fin d’une action.

« Il continue à lire » : « continuer à » exprime la durée d’une action.

« Le prof nous fait lire ce roman » : on a le semi-auxiliaire « faire » et le verbe à l’infinitif « lire ». Le sens de la périphrase, c’est « être la cause de ». C’est le professeur qui est à l’origine de l’action de lire.

« Il me laisse lire tranquillement » : « laisser » plus un verbe à l’infinitif signifie « permettre », « ne pas empêcher de ». « Il me laisse lire » signifie « il ne m’empêche pas de lire », « il me permet de lire ».

« Il doit lire ce texte pour demain » : il s’agit de l’expression d’une obligation, « devoir ».

« Il doit avoir tout lu » : il s’agit de l’expression d’une probabilité : je fais une supposition, je suppose qu’il a tout lu. Le semi-auxiliaire « devoir » n’a donc pas toujours le même sens selon le contexte.

« Il semble apprécier ce livre » : il s’agit de l’expression de l’apparence. 

« Il a failli lire ce livre » : exprime une action qui est presque réalisée mais qui finalement ne s’est pas réalisée.

 

On constate que ces périphrases verbales sont des tournures de langage extrêmement courantes qu’on emploi naturellement dans des conversations. Pour ce qui est de reconnaître leur sens, de comprendre la nuance, c’est aussi une question de bon sens, de logique puisqu’on les emploie, on sait ce qu’ils veulent dire. Lorsqu’on les rencontre dans un texte, on doit se demander ce qu’on voudrait dire en les employant.