Outils d’analyse du genre argumentatif

Convaincre : raisonnements déductif & inductif

I. Thèse

 

Le principe d’un texte argumentatif, est qu’il contient une thèse. Une thèse, c’est simplement une idée qu’on défend. Par exemple, « je voudrais sortir avec mes amis » est une thèse que l’on pourrait défendre vis-à-vis d’autres interlocuteurs. Pour défendre cette thèse, on peut utiliser plusieurs moyens comme convaincre ou persuader.

 

II. Convaincre

 

A. Définition

Convaincre son interlocuteur, c’est le faire adhérer à sa thèse, à l’idée qu’on défend, non pas en s’adressant à ses sentiments, à sa sensibilité, mais en s’adressant à sa raison. On utilise des arguments rationnels pour convaincre. Par exemple, un argument rationnel pour défendre la thèse « je voudrais sortir avec mes amis » serait « car j’ai 17 ans, je suis assez mature pour pouvoir sortir ». Cet argument ne fait pas appel à la sensibilité de l’interlocuteur, mais à sa raison.

 

B. Comment convaincre ?

On convainc d’une part avec des exemples qui illustrent les arguments ; d’autre part avec des connecteurs, qui expriment l’idée de cause (car, parce que), l’idée de conséquence (donc, par conséquent), l’idée d’opposition (bien que, cependant).

 

C. Plusieurs types de raisonnement

 

1. Le raisonnement déductif

Celui-ci part d’une loi ou d’une proposition générale pour en arriver au cas particulier. C’est le principe même de la démonstration mathématique, de type :

« Je sais que a est parallèle à b et que b est parallèle à c. Or, quand deux droites sont parallèles entre elles, si une troisième est parallèle à l’une, elle est parallèle à l’autre (il s’agit ici de la proposition générale), donc a est parallèle à c (il s’agit ici de la déduction). »

Les auteurs en littérature adoptent parfois le même raisonnement, en partant d’une loi générale pour arriver à un cas particulier. Par exemple ici, pour la thèse « je voudrais sortir avec mes amis », un raisonnement déductif serait : « tous les adolescents de mon âge sortent sans leurs parents » (loi générale) « donc, j’ai le droit de sortir avec mes amis » (déduction d’un cas particulier).

 

2. Le raisonnement inductif

C’est le contraire du raisonnement déductif. Dans le raisonnement inductif, on part d’un cas particulier pour aboutir à une loi générale. C’est le principe de la recherche scientifique.  Par exemple : « la banquise au pôle Nord fond » (cas particulier) « donc la planète est en train de se réchauffer » (loi générale).

Avec la thèse « je voudrais sortir avec mes amis », un exemple serait « Baptiste sort sans ses parents » (cas particulier) « donc les adolescents sortent avec leurs amis » (loi générale).

Convaincre : raisonnements par concession & par l'absurde

3. Le raisonnement par concession

Le raisonnement par concession c’est commencer par admettre certains éléments de la thèse adverse pour mieux la dénoncer. Par exemple « je sais que Norah n’a pas le droit de sortir sans ses parents » (il s’agit ici d’un élément de la thèse adverse qu’on commence par admettre) « mais Norah semble triste, dépressive, et en plus les professeurs lui reprochent son manque de maturité et d’autonomie » (après avoir admis un élément de la thèse adverse, on repousse cette thèse), « donc si vous voulez que Norah gagne en maturité, laissez-la sortir ».

 

4. Le raisonnement par l’absurde

Le raisonnement par l’absurde c’est démonter les conséquences absurdes que pourrait avoir la thèse adverse. Par exemple « Je n’aurais pas le droit de sortir car tu me l’ordonnes, mais si tu m’ordonnais de me jeter par la fenêtre, devrais-je t’écouter ? ». Ici donc, la thèse adverse est rejetée par une analogie avec une action absurde (se jeter par la fenêtre).

Convaincre : les différents types d'arguments

L’argument d’autorité

Il fait référence à une personnalité célèbre, réputée sage ou a une de ses citations.

Si par exemple la thèse serait « on doit se reposer pendant les vacances », un argument d’autorité pourrait être : « comme disait mon professeur, les élèves doivent se reposer pendant les vacances afin de revenir travailler sereins ». La figure du professeur ici, réputée sage, raisonnable, constitue l’autorité mobilisée pour appuyer la thèse.

 

L’argument ad hominem 

Il vise une personne directement.

Par exemple « cette chipie d’Héloïse t’as mis dans la tête ses idées ». Le mot « chipie » vise ici directement Héloïse et permet d’invalider sa thèse.

Délibérer

On tente de convaincre ou de persuader quelqu’un lorsqu’on a une thèse précise. Lorsqu’on hésite entre plusieurs thèses, on délibère. Délibérer, c’est peser le pour et le contre de chaque possibilité. Ce phénomène aboutit à ce que l’on appelle le dilemme. Le dilemme constitue un choix à effectuer entre deux possibilités qui mènent l’une et l’autre à un véritable sacrifice. Voici un exemple de dilemme :

Proposition 1 : je reste travailler à la maison.

Proposition 2 : je sors avec des amis.

On est ici face à un choix difficile, qui entrainera des sacrifices quelle qu’en soit l’issue.

La délibération de chacune des propositions soulève alors les pours et les contres : si on travaille à la maison, on sera frustré, mais on augmente les chances d’avoir une bonne note au contrôle, et on sera récompensé et félicité par ses parents. Si on sort avec ses amis, on passera un bon moment mais on augmente les risques d’une mauvaise note, voire, dans le pire des cas, d’un redoublement.

La délibération fait donc ressortir plus de points positifs que négatifs pour la proposition 1 par rapport à la proposition 2. Conclusion, après délibération, on choisit la proposition 1.

Persuader

Persuader, c’est faire adhérer son interlocuteur à sa thèse en utilisant des arguments irrationnels, qui ne font pas appel à sa raison mais à sa sensibilité. Par exemple : « si tu ne me laisses pas sortir, je serais le plus malheureux du monde ». On ne fait pas ici appel à la raison de l’interlocuteur mais à ses émotions, on tente de l’émouvoir. Plusieurs éléments servent à persuader.

 

I. La prise en compte du destinataire de la thèse

 

– L’apostrophe : on peut appuyer un argument d’une apostrophe, qui renforce le pouvoir de persuasion, par exemple « Maman, si tu ne me laisses pas sortir, je serais le plus malheureux du monde ».

– Le tutoiement ou le vouvoiement : selon les contextes, le choix du tutoiement ou du vouvoiement a un impact sur la capacité de persuasion.

– L’impératif : le mode impératif peut renforcer la persuasion, par exemple « laisse-moi sortir ! ».

– L’interrogation rhétorique : il s’agit d’une interrogation qui n’appelle pas de réponse mais qui contient en elle-même sa réponse. Par exemple « serais-je heureux si je reste à la maison ? ». On n’attend pas de réponse de l’interlocuteur, c’est une « fausse question ».

 

II. Les modalisateurs

 

Les modalisateurs sont les adverbes, les adjectifs, qui peuvent souligner l’implication du locuteur dans le discours, comme « extrêmement », « terriblement », ou encore comme « triste », « désemparé », etc.

 

III. Les figures de rhétoriques

 

Les figures de rhétorique ont été inventé pendant l’Antiquité et ont pour but de toucher l’auditoire. Parmi les figures de rhétorique employées pour la persuasion, il existe notamment la métaphore. Par exemple : « si je ne peux pas sortir je serais un martyr ». Il s’agit d’une métaphore puisqu’il n’y a pas d’outil de comparaison.

On peut également utiliser pour persuader la comparaison « si tu ne me laisses pas sortir je serais malheureux comme les pierres ». Il s’agit bien d’une comparaison puisqu’il y a un outil de comparaison.

On peut également employer l’hyperbole, qui constitue une exagération qui permet d’appuyer le discours. Par exemple : « si tu ne me laisses pas sortir je serais l’enfant le plus malheureux du monde ».