Rhinocéros, Ionesco - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1959

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre. On peut également ranger cette œuvre dans l’argumentation, car il s’agit d’un texte qui a une portée politique et morale.

 

Mouvement

Cette œuvre est rattachée au mouvement de l’absurde. On est face à un texte qui dénonce l’absurdité de la vie, par exemple, à la condition mortelle humaine.

 

Auteur

Eugène Ionesco (1909 – 1994) est d’origine roumaine, mais il écrit en français, langue qu’il a appris dans son enfance. Il a choisi de venir s’installer en France : on le considère donc comme un auteur français. Il a connu la montée du totalitarisme en Roumanie et l’adhésion des gens de son entourage au nazisme avant la Seconde Guerre mondiale.

 

Moments-clés

– « Scène d’exposition » : on présente les personnages, le contexte spatial et temporel. C’est une scène assez dynamique : on a un ensemble de personnages qui bougent beaucoup sur scène, alors que le reste de la pièce est plutôt statique. On a deux personnages qui se détachent : Jean et Béranger. Pourtant, dans cette scène on ne sait pas encore qui sera le héros. Béranger est présenté comme un anti-héros, comme quelqu’un qui arrive en retard et qui est maladroit, alors que Jean a l’air confiant et sûr de lui.

– « Jean face à Béranger » : les relations entre Jean et Béranger vont changer. Béranger va devenir celui qui a des convictions auxquelles il ne renonce pas, alors que Jean va se convertir et adopter le point de vue des « rhinocéros ». Le point central de cette pièce est la transformation ou non en rhinocéros, cet animal étant un symbole d’idéologie politique fasciste ou totalitaire. Béranger va argumenter face à Jean et il ne va pas comprendre la transformation de Jean en rhinocéros, car il défend les valeurs humaines.

– « Dénouement » : Béranger devient le seul homme parmi tous les rhinocéros et il refuse de se transformer, après avoir délibéré. On est dans un moment délibératif.

 

Thématiques importantes

– L’humanisme et l’animalité. L’humanisme est la défense des valeurs humaines face à la barbarie, ainsi que la foi dans le perfectionnement possible de l’homme. Cet humanisme s’oppose à l’animalité, symbolisé par le rhinocéros.

– L’instinct grégaire qui pousse tous les personnages à l’exception de Béranger à se transformer comme les autres pour suivre l’effet de mode.

 

Citation

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ».

Il s’agit d’une des dernières paroles de Béranger au dénouement, au moment où il décide de rester humain face à la barbarie et de résister, quitte à être le seul.

Le Cid, Corneille - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

La pièce a été représentée pour la première fois en 1637, donc au XVIIe siècle.

 

Genre

C’est une pièce de théâtre qui relève du registre tragi-comique. Cela ne veut pas dire qu’elle est drôle mais qu’elle se présente comme une tragédie avec un dénouement heureux (mariage de Chimène et Rodrigue).

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement classique, même si certaines autres pièces de Corneille s’inscrivent dans le mouvement baroque.

 

Auteur

Pierre Corneille écrit d’abord des comédies, notamment L’illusion comique, puis des tragédies historiques qui se déroulent pendant l’Antiquité romaine et qui traitent des dilemmes et des mésaventures des empereurs romains. Par exemple, Cinna est une des plus grandes pièces tragiques de Corneille.

 

Moments clés

– Dilemme de Rodrigue (Acte I, scène 6) oppose l’amour et l’honneur et en ce sens c’est un dilemme cornélien. Rodrigue se livre à un monologue délibératif : il parle seul sur scène et pèse le pour et le contre pour aboutir à une solution et donc se décider à un acte précis.

– Récit épique de Rodrigue (Acte IV, scène 3), connu pour être un texte qu’on fait apprendre aux acteurs pour s’entraîner à jouer. Il constitue une description par Rodrigue de la préparation d’une bataille et de l’exaltation des valeurs martiales, qui sont aussi au cœur de l’intrigue. Ce récit épique procède à beaucoup de descriptions précises sur le plan visuel qui donne l’impression de voir un tableau.

 

Thématiques

– Dilemme cornélien, Corneille en est l’inventeur : dilemme entre l’amour et l’honneur. Souvent ce dilemme semble insoluble, même si on peut trouver parfois des moyens de le désamorcer comme Rodrigue va le faire.

– Querelle du Cid : élément important lié à la réception de la pièce à propos de la manière dont on l’a comprise en son temps. Le problème porte sur l’invraisemblance de la pièce car il a semblé aux spectateurs qu’une jeune fille ne peut pas aimer le meurtrier de son père, si elle a un minimum de noblesse (comme Chimène). En effet, Rodrigue tue le père de Chimène en duel.

 

Citations

« Va, je ne te hais point », Chimène dit cette phrase à Rodrigue après que celui-ci a tué son père. C’est un exemple de litote, figure de style qui consiste à dire moins pour signifier plus. Elle dit « je ne te hais point » pour dire je t’aime.

« La valeur n’attend pas le nombre des années », phrase que prononce Rodrigue pour se justifier face aux accusations du père de Chimène qui, au départ, refuse de se battre en duel contre lui en alléguant que Rodrigue est trop jeune. Rodrigue se défend de cela et oppose la valeur à l’âge.

 

Bonus

L’adaptation cinématographique Le Cid, par Anthony Mann en 1961 est une fresque hollywoodienne avec les codes du cinéma de l’époque. Elle montre Le Cid comme une histoire d’amour, d’honneur mais aussi comme une histoire de guerre, éminemment épique.

Don Juan, Molière - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

La pièce Dom Juan ou Don Juan (les deux orthographes sont acceptées) a été écrite au XVIIe siècle, en 1665, à l’époque du Roi Soleil, surnom de Louis XIV.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre.

 

Mouvement

Il s’agit d’une pièce de théâtre classique. Le terme classique n’est pas employé à l’époque où a été écrite la pièce. Les auteurs classiques, Molière ou Racine, n’ont pas conscience d’être des classiques. Le terme classique est apparu au XXe siècle. Une pièce de théâtre classique est une pièce respectant les unités de temps et de lieu. Son intrigue se développe autour d’un héros.

 

Auteur

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière est un comédien et un écrivain. Au début de sa carrière, il a fondé une troupe itinérante, qui a plus ou moins eu du succès. Il a reformé sa troupe et l’a nommée Troupe du Roi. Les pièces Dom Juan ou Tartuffe ont été jouées devant le roi et sa cour à Versailles.

 

Moments clés

– Portrait in absentia de Dom Juan, acte I, scène 1, scène d’exposition. Un portrait in absentia est le portrait du personnage principal réalisé en son absence. Dans cette pièce, c’est Sganarelle, le valet de Dom Juan, qui décrit son maître, au valet de Done Elvire que Dom Juan vient d’abandonner. Ce portrait très noir dévoile Dom Juan sous son véritable jour. 

– Portrait de Dom Juan, acte I, scène 2. Cette deuxième scène contraste avec la première. Dom Juan se présente sous son meilleur jour,  en mettant en avant ses qualités et ses bonnes intentions. C’est grâce à l’enchaînement de ces deux passages que le spectateur comprend la véritable nature de Dom Juan : il est manipulateur, séducteur et menteur.

– La mort de Dom Juan, acte V, scènes 5 et 6, scène de dénouement. Cette dernière scène s’organise autour d’un défi. Dom Juan, au cours de la pièce, a tué un homme appelé le Commandeur. Par défi, il doit dîner avec la statue du Commandeur. Il se rend au dîner mais la statue l’engloutit pour le punir.  Ce passage est fantastique. Le terme fantastique est anachronique, il n’est pas employé à l’époque de la pièce. Ce dénouement est important car il a donné le second nom à la pièce Le festin de pierre. D’autre part, la mort de Dom Juan rétablit la moralité, thème important dans cette œuvre.

 

Thématiques

– La moralité est une notion importante. La pièce répond aux questions : Qu’est-ce qu’être moral ?  Qu’est-ce qu’être honnête ? Suivre son penchant est-ce être toujours sincère et honnête ?

– La lutte entre le désir et les règles sociales. Le désir que ressent Dom Juan à séduire les femmes s’oppose aux règles sociales nécessitant de n’en épouser qu’une. Dom Juan promet le mariage à toutes les femmes et va jusqu’à en épouser certaines, en brisant ses vœux après les avoir conquises.

– La représentation, entre mensonge et séduction. Ce thème fait appel à une réflexion sur l’humanité et sur le théâtre. Dom Juan est en perpétuelle représentation. Il joue un rôle face aux femmes qu’il veut séduire. Il joue le rôle de l’amoureux transi. Il ment et il séduit. Il donne envie d’aller vers lui et de le fuir. Cette question de la représentation est aussi intéressante par rapport au théâtre qui est un jeu de représentations.

 

Citation

« Je me sens un cœur à aimer toute la terre », Acte I, scène 2.

Cette citation évoque toute l’ambiguïté de Dom Juan. Il est impossible d’aimer toute la terre, car Dom Juan donne au terme « aimer » le sens d’amoureux. Cette citation exprime la démesure de Dom Juan et son caractère délirant. Il se dégage une fermeté, une certitude, une assurance qui est à la fois repoussante et attirante. C’est en cela que l’on peut parler de fascination envers Dom Juan.

 

Bonus

Sur le même thème, le film d’Ariane Mnouchkine Molière qui retrace la vie de l’auteur et qui permet de comprendre comment les pièces de théâtre étaient préparées et jouées à l’époque.

Dom Juan de Molière peut être comparé à l’opéra Don Giovanni de Mozart. La musique est écrite par Mozart, le texte par Da Ponte. Cet opéra a été écrit au  XVIIIe siècle, soit quelques décennies après celle de Molière.

Phèdre, Racine - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Cette œuvre a été publiée en 1677, à la fin du XVIIe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre et plus précisément à la tragédie.

 

Mouvement

Cette œuvre appartient au mouvement classique. Jean Racine respecte la règle des trois unités, c’est-à-dire celles de temps, d’action et de lieu. Il inscrit sa pièce dans des références antiques liées à la Rome antique ou à la Grèce antique.

 

Auteur

Jean Racine est un dramaturge, il a écrit plusieurs pièces tragiques. Mais c’était aussi l’historiographe du Roi, il écrivait les faits et gestes de Louis XIV. Racine n’a pas écrit de pièces lorsqu’il était historiographe, cependant il reprend l’écriture après et écrit notamment Esther.

 

Moments-clés

– Acte I, scène 3 : l’aveu de Phèdre à Oenone, cette dernière étant la confidente. Phèdre avoue son amour pour Hippolyte qui est son beau-fils. Hippolyte étant le fils de son mari, Thésée.

– Acte V, scène 6 : récit de la mort d’Hippolyte. Ce récit est pris en charge par un personnage secondaire, Théramène. Il s’agit d’une narration très précise, qui peut être qualifiée de tableau, la description de l’action étant très visuelle.

Ces deux scènes sont les acmés de la pièce. (acmé = point culminant)

 

Thématiques importantes

– La mesure et la démesure. Phèdre est emportée par son sentiment amoureux démesuré qui peut être qualifié de furor antique. Il s’agit de la prise de possession par certains humains de forces qui les dépassent et qui les mènent aux limites de l’inhumanité et du monstrueux.

– Le thème du tragique. Une héroïne doit se battre contre des forces qui la dépassent. Cette pièce vise la catharsis, c’est-à-dire la purification du spectateur en suscitant la pitié et la crainte face aux actions qu’elle doit mener.

– Désir et interdit. Le désir est celui qu’éprouve Phèdre pour Hippolyte, son beau-fils, qui a le même âge qu’elle mais qui socialement et filialement ne peut recevoir cet amour. L’interdit est donc social, familial et moral.

 

Citation

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. »

Assonance en -i : « vis, rougis, pâlis ». Allitérations en -s : « pâlis à », « sa », et en -v : « vis », « vue » qui marquent une symétrie entre le premier son -v au début et à la fin du vers. Cela contribue à instaurer un rythme et témoigne du travail de Racine sur la musicalité de l’alexandrin.

 

Bonus

Patrice Chéreau propose une mise en scène audacieuse et contemporaine de Phèdre.

Lorenzaccio, Musset - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1834, première moitié du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre et plus particulièrement du drame romantique.

Le drame romantique est une pièce de théâtre dont la construction est libre, c’est-à-dire que l’auteur choisit le nombre d’actes (entre I et IV) pour raconter son histoire. Le drame romantique est souvent écrit en prose mais pas nécessairement. Il présente un héros en prise avec des questions d’identité, de dissimulation d’identité et affirmation de lui-même.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement romantique, du début du XIXe siècle en France, mouvement dont fait aussi partie Georges Sand alias Aurore Dupin.

 

Auteur

Les premières œuvres d’Alfred de Musset sont des recueils de poèmes c’est donc un poète et un dramaturge, il a notamment écrit la pièce On ne badine pas avec l’amour.

C’est lors d’un voyage en Italie à Venise que l’amante de Musset, Georges Sand, lui confie une pièce qu’elle a écrite sur une conspiration à Florence au XVIe siècle. Avec son accord, Musset s’en empare pour écrire Lorenzaccio. La pièce se déroule à la Renaissance, à Florence, durant le règne des Médicis. Elle met en scène des complots politiques et familiaux.

 

Moments-clés

– Acte I, scène 4 : Portrait in praesentia de Lorenzaccio (la description du personnage se fait en sa présence, le personnage est sur scène lorsqu’il est décrit). Cette description met en lumière la dualité du personnage. S’appelant en réalité Lorenzo, il s’est créé une réputation de débauché différente de son véritable caractère, noble et dévoué à Florence, pour tromper les observateurs et organiser en secret un complot politique. Il est donc en permanence tiraillé entre ces deux identités.

– Acte II : Récit de songe. La mère de Lorenzaccio lui raconte un rêve, dans lequel il lui apparaît sous la forme d’un spectre. Lorenzaccio est terrifié par ce songe qu’il perçoit comme une prophétie qui lui annonce sa mort prochaine. Lorenzaccio demande alors à sa mère, dans l’hypothèse où elle reverrait le spectre, de lui dire qu’il ne tardera pas à le voir. Cette scène fait référence au début de la pièce Hamlet de Shakespeare dans laquelle le père décédé d’Hamlet lui apparaît.

– Acte III, scène 3 : Monologue de Lorenzaccio. Nouvelle référence à Hamlet, et plus particulièrement au monologue « Être ou ne pas être, telle est la question ». Ici, Lorenzaccio se pose les même question identitaires, le monologue de Lorenzaccio commençant par « Suis-je un satan ? ». Le héros se demande ce qui est bien ou mal, qui il est réellement dans le jeu de dupe qu’il a construit.

 

Thématiques importantes

– L’identité et la dualité : la dualité se reflétant dans la dissimulation et le mensonge. L’identité à travers la vérité.

– Morale et politique : la question étant, pour arriver à des fins politiques, tous les moyens sont-ils bons ? Tuer pour sauver son royaume ? Qu’est-ce que bien gouverner ?

– Le héros romantique : ce dernier est en prise avec ses passions et les contraintes du monde extérieur mais suit malgré tout ses idéaux.

 

Citation

Issue de la préface de Lorenzaccio : « Spectacle dans un fauteuil ». Musset a conçu cette pièce pour être lue et non pour être jouée. Cela est dû au fait qu’il y a beaucoup de changement de décors et une multitude de personnages et de costumes, ainsi que des difficultés techniques.

« Le mal existe mais pas sans le bien »

Cette citation illustre l’idée de héros romantique en prise avec des problèmes moraux. Musset affirme son refus du manichéisme. Il refuse d’opposer le mal et le bien et soutient l’idée qu’en chaque être le mal coexiste avec le bien. Le héros romantique peut donc être défini comme un le héros se débattant entre le bien et mal.

 

Bonus

Hamlet de Shakespeare, mis en scène par Peter Brook.

Othello de Shakespeare, réalisé par Orson Welles. Où l’on retrouve les thématiques de pouvoir et de dilemme moral.

Ces pistes permettent d’observer en quoi le drame romantique français doit beaucoup au théâtre élisabéthain anglais.

En attendant Godot, Beckett - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Écrit en 1948, publié et joué en 1953.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement absurde comme La Peste de Camus ou les pièces de Ionesco.

 

Auteur

C’est en 1948, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, que Samuel Beckett écrit En attendant Godot. Beckett était irlandais, mais vivait en France et écrivait en français. C’est pourquoi son œuvre fait partie de la littérature française. Son premier roman s’intitule Molloy. À la fin de sa vie, il écrit des poèmes. Son œuvre est essentiellement composée de pièces de théâtre, c’est pourquoi il est considéré comme un dramaturge. Il fait paraître ses œuvres aux éditions de Minuit. Ces éditions ont été créées pendant la Seconde Guerre mondiale par un résistant, le nom Minuit fait référence à la résistance, minuit étant l’heure où les résistants s’organisaient. Beaucoup d’auteurs importants de l’après-guerre ont été publiés aux éditions de Minuit.

 

Moments-clés

– Acte I : Retour d’Estragon, qui retrouve Vladimir, le deuxième personnage. Une attente s’installe, sans que le lecteur en sache les raisons. Les deux personnages semblent avoir une existence désordonnée sans foyer, sans travail, et sans famille. Ils attendent un personnage nommé Godot, dont l’identité reste mystérieuse et qui n’explique pas les raisons de leur attente.

– Acte II : Le deuxième jour, Vladimir et Estragon continuent d’attendre Godot. Cependant deux autres personnages viennent à leur rencontre : Pozzo et Lucky. Leur relation ressemble à celle entre un maître et son valet, qui mime la relation au cirque entre le clown blanc étant le maître, ici Pozzo, et le clown auguste au nez rouge, le valet, ici Lucky. Cette relation reflète celle de Vladimir et Estragon, en exacerbant certains de ses aspects.

– La fin de l’acte II est marquée par le dénouement de la pièce. C’est un dénouement paradoxal car il s’agit de l’arrivée du même garçon venu à la fin de l’acte I, annoncer que Godot viendra demain. Cette deuxième intervention indique au lecteur et au spectateur que cette attente ne finira jamais, chaque jour amenant le même garçon et le même délai dans l’arrivée de Godot.

 

Thématiques importantes

– L’attente, l’espoir et le désespoir qui symbolisent une position face à l’existence : qu’attendons-nous de la vie ? Pendant combien de temps sommes nous capable de maintenir cette attente ? À quels moments espère-t-on puis désespère-t-on ? À quel moment décidons-nous d’agir ?

– L’absurdité et le sens de la vie : après la guerre, période où toutes les certitudes sont annihilées : comment retrouver un sens à sa vie ? Faut-il en arriver à la conclusion que la vie est absurde ?

– La rapport entre le maître et le valet, (thématique demandée dans des questions sur corpus) ici traitée dans la relation entre Pozzo et Lucky.

 

Citation

« – Fais voir.

– Il n’y a rien à voir. »

Elle illustre la situation d’attente et d’absurdité. Les dialogues mettent en échec permanent toute volonté d’action, et toute entreprise positive et constructive. Godot est souvent interprété comme représentant Dieu. God, en anglais, signifie Dieu. Ce serait une manière de parler du sens de l’existence par rapport à l’attente d’un sens transcendant supérieur à la vie.

 

Bonus

Pour prolonger cette thématique de l’attente et cette parabole de l’existence humaine, le roman de Dino Buzzati, Le désert des Tartares, lui aussi écrit au XXe siècle, dans lequel une armée logeant dans un fort s’épuise à attendre un ennemi qui ne viendra jamais. De même que dans la pièce En attendant Godot, les personnages s’échinent à attendre sans plus y penser.

Victor ou les enfants au pouvoir, Vitrac - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Cette œuvre a été publiée en 1929, pendant l’entre-deux-guerres, peu après que Vitrac ait rompu avec le surréalisme. Le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique qui a été fondé par André Breton. Ce mouvement prône la libération de l’inconscient en littérature et dans l’art.

Cette pièce est restée peu connue, jusqu’à ce qu’Emmanuel Demarcy-Mota la mette en scène en 2012.

 

Auteur

Roger Vitrac est né à la fin du XIXe siècle, en 1899 et est mort au milieu du XXe siècle, en 1952. Il a connu les deux guerres mondiales. Roger Vitrac quitte le surréalisme en 1928 et rejoint le mouvement du théâtre de la cruauté inventé par Antonin Artaud.

Le théâtre de la cruauté est une manière de considérer le théâtre en accordant de l’importance à la représentation scénique. Artaud veux mettre en avant la présence du corps sur la scène, le fait que le corps soit un spectacle en soi. Artaud fait aller le comédien dans les extrêmes en lui demandant de jouer la douleur pour montrer la souffrance morale et psychologique à travers la corporéité. Vitrac aura une reconnaissance posthume en 1962, grâce à la mise en scène de Jean Anouilh.

Dans Victor ou les enfants au pouvoir, Victor, anagramme à une lettre près de Vitrac, fête ses 9 ans mais il a décidé d’arrêter de grandir. Cependant, il mesure déjà 1m81.

 

Moments-clés

– Scène d’exposition : Acte I scène 1. La bonne de la famille ne reconnaît pas Victor. La situation est absurde, comique et satirique.

– Acte II, scène 5 : Arrivée d’Ida. Ida est une prophétesse, elle entre sur scène pour annoncer ce qui va se passer jusqu’à la fin de la pièce. Le prénom Ida renvoie au mouvement Dada qui a précédé celui du surréalisme. L’arrivée d’Ida introduit un nouveau moment d’absurdité et fait référence aux tragédies où un oracle détermine à l’avance le sort des personnages.

 

Thématiques importantes

– La taille démesurée de Victor renvoie à la notion de corps sur scène et au mouvement du théâtre de la cruauté.

– L’absurde. Victor est conscient que son père trompe sa mère cependant cela ne donne pas lieu a un vaudeville ni à un drame. Au contraire, Victor s’en amuse et joue avec les adultes pour les mettre face à leurs contradictions.

– Le comique. Référence au vaudeville (genre théâtral comique dans lequel, en général, on met en scène un adultère pour en rire), utilisation du burlesque (dans la situation de farce, de jeu comique avec le corps) et satire (la critique de certaines valeurs bourgeoises : par exemple le personnage de général est souvent ridiculisé).

 

Citation

« Je voudrais jouer à Dada / à dada avec vous. »

Phrase qui mêle la parole du personnage qui veut jouer à un jeu enfantin et celle de l’auteur qui crée sa pièce comme un jeu littéraire.

 

Bonus

Les tableaux de Salvador Dalí qui déforment la réalité et les objets dans une perspective absurde ou onirique.

Ruy Blas, Hugo - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Cette œuvre a été publiée en 1838, dans la première moitié du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre et plus précisément au drame romantique. Un drame romantique est une pièce de théâtre organisée en plusieurs actes, qui a abandonné les règles d’unité de temps et de lieu, mais qui conserve l’unité d’action. Les décors changent, les jours se succèdent, mais l’intrigue reste cohérente et constante.

 

Mouvement

Cette œuvre appartient au Romantisme. Le mouvement romantique naît en Allemagne à la fin du XVIIIe, il s’étend en France au XIXe siècle. Ce mouvement romantise la vie et la réalité. L’idéal est recherché.

 

Auteur

Victor Hugo est dramaturge, poète et romancier. Il a notamment écrit les romans Notre-Dame de Paris et Les Misérables ainsi que le poème « Demain dès l’aube » tiré du recueil Les Contemplations. Victor Hugo était aussi un homme politique, monarchiste au début de sa carrière politique. Il est un intellectuel engagé, terme qui apparaît au XXe siècle, mais qui peut être utilisé en parlant de Victor Hugo car il critique Napoléon III. Victor Hugo part en exil à Guernesey et Jersey pour marquer sa désapprobation de l’accession au pouvoir de Napoléon III.

 

Les dimensions politiques sont présentes dans la pièce.

 

Moments-clés

– La lettre de Ruy Blas à la Reine. Il s’agit d’une lettre d’amour, instrumentalisée dans un contexte politique. Ruy Blas, un valet, est utilisé par son maître, un noble du nom de Don Salluste, pour arriver à ses fins et se venger de la Reine. Don Salluste lui reproche de l’avoir banni de la cour pour avoir séduit une de ses suivantes sans accepter de l’épouser. Ruy Blas est sincèrement amoureux de la Reine, mais Don Salluste va utiliser cet amour pour la piéger. La Reine est malheureuse, elle s’ennuie car le Roi est souvent à la chasse et n’a le droit de rien faire en son absence. La lettre d’amour de Ruy Blas est pour elle un espoir de vivre l’amour.

– La mort de Ruy Blas. Don Salluste a forcé Ruy Blas à se déguiser pour se faire passer pour un noble du nom de Don César au yeux de la Reine et de la cour. À la fin de la pièce, Don Salluste piège la Reine en la découvrant seule dans sa chambre avec Ruy Blas. Il lui demande de partir en exil avec Ruy Blas. Cependant Ruy Blas lui révèle qu’il n’est pas un noble, qu’il ne possède ni terres ni argent. Pour sauver la Reine du déshonneur, Ruy Blas tue Don Salluste. La Reine se sentant trahie, revient sur sa déclaration d’amour. Ruy Blas absorbe alors un poison. La Reine révèle alors à Ruy Blas qu’elle l’aime malgré qu’il soit un valet.

 

Thématiques importantes

– L’amour est ici un amour romantique. Il est une force qui parvient à vaincre tous les obstacles comme les représentations sociales.

– Le héros romantique, il s’agit de Ruy Blas, en prise avec son identité puisqu’il est soumis à un travestissement. Ruy Blas est animé par des aspirations d’absolus amoureux et social, mais il est contraint car limité par sa véritable situation sociale. Il est donc tendu entre l’idéal et le réel ainsi qu’entre le mensonge et la vérité.

– Le mélange des genres. Dans ce drame romantique, il y a un mélange de comédie, de tragédie et de drame. La mort de Ruy Blas est tragique. Les péripéties amènent à des quiproquos qui sont parfois comiques. Rien n’est joué d’avance et les personnages sont libres, ce qui renvoie au drame.

 

Citation

Extrait de la lettre de Ruy Blas à la Reine, en vers.

« Madame, sous vos pieds, dans l’ombre, un homme est là

qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ;

qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile. »

Ici, apparaît par la métaphore du dernier vers, la différence sociale entre Ruy Blas, le « ver de terre » et la Reine, « l’étoile ». Ce vers symbolise aussi l’aspiration romantique vers l’absolu. Chaque homme serait un « ver de terre » qui aspire à la beauté des astres. Cette dimension d’infériorité face à l’immensité et l’élévation est déjà présent au début du vers « sous vos pieds, dans l’ombre », « perdu dans la nuit », ces termes sont opposés à l’amour qui ouvre le deuxième vers.

 

Bonus

Le film parodique et comique La Folie des grandeurs de Gérard Oury, tourné en 1971. Le rôle de Ruy Blas est joué par Yves Montant, face à Don Salluste joué par Louis de Funès. Cette comédie joue avec les éléments de Ruy Blas tout en les détournant de manière caricaturale.

Tartuffe ou l'imposteur, Molière - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Pièce écrite et jouée en 1664, mais aussitôt interdite par le roi Louis XIV, elle n’a pu être rejouée qu’en 1669.

 

Genre

Théâtre qui relève du registre comique, il s’agit d’une comédie qui entend dénoncer l’emprise des dévots sur les nobles à l’époque de Louis XIV. Ces dévots qui donnaient des leçons de morale et de religion pour dire aux nobles comment bien se comporter sur le plan religieux.

 

Mouvement

Comme presque toutes les pièces de Molière, il s’agit du mouvement classique. C’est une façon de concevoir le théâtre qui est dominante à l’époque de Louis XIV et qui veut que l’on respecte un certain nombre de règles, notamment les unités de temps, de lieu, d’action, la bienséance et la vraisemblance.

 

Auteur

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière est un dramaturge mais aussi un acteur. Après des débuts difficiles, sa troupe devient la troupe du roi Louis XIV.

 

Moments clés

– Orgon s’inquiète plus de Tartuffe que de sa femme : dans la scène d’exposition (Acte I, scène 1), Orgon revient de voyage et s’inquiète pour Tartuffe, qui n’a pas été souffrant, mais ne s’inquiète pas de la santé de sa femme Elmire qui, elle, l’a été. Cela donne lieu à un dialogue comique entre Orgon, le maître de maison, et sa servante Dorine qui ne comprend pas que son maître s’inquiète plus de la santé de quelqu’un qui se porte bien que de celle sa femme, censée lui être plus proche que Tartuffe et malade, de surcroit. La phrase récurrente d’Orgon est « Le pauvre homme » qu’il lance à chaque fois que Dorine explique comment Tartuffe a bien mangé ou bien dormi.

– Tartuffe tente de séduire Elmire, Orgon le surprend. Elmire subit ce jeu de séduction dénoncé par le fils d’Orgon lui-même qui essaie d’alerter son père sur les abus de Tartuffe, celui-ci se faisant passer pour dévot alors qu’il est immoral. Orgon se cache sous la table et assiste à la déclaration enflammée de Tartuffe pour Elmire. Orgon comprend donc que Tartuffe se joue de lui depuis le début et qu’il en veut qu’à son argent puisqu’il espère être porté sur le testament d’Orgon.

 

Thématiques

– Le mensonge et la manipulation : à travers le langage, les arguments et son usage de la rhétorique, Tartuffe réussit à convaincre et à persuader Orgon de lui céder toutes ces décisions, mais aussi ses biens et même sa fille, puisqu’Orgon avait prévu de faire épouser sa fille à Tartuffe. Manipulation et emprise psychologique posent la question de la morale et du pouvoir des mots.

– Société : rapport social entre Tartuffe, qui n’a pas de naissance noble, et Orgon, qui se laisse dominer.  Le rapport maître/valet est inversé : Tartuffe se rend le maître du maître.

 

Citations

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir » Tirade de Tartuffe qui correspond au moment où il donne des leçons de morale sur la manière dont il faut s’habiller. Il demande à un des personnages féminins de cacher son décolleté or le même Tartuffe prononce la phrase suivante, un peu plus loin : « Pour être dévot, je n’en suis pas moins homme » Tirade de Tartuffe à Elmire pendant sa déclaration d’amour. Cela indique qu’il ne se défend pas contre son désir charnel envers elle. Ces deux phrases entrent en contradiction et montrent bien la dimension de manipulation du comportement de Tartuffe.

 

Bonus

Pour comprendre pourquoi cette pièce a été interdite, on peut lire Don Juan de Molière pièce qui a été écrite après l’interdiction de Tartuffe afin de pouvoir continuer à dénoncer l’hypocrisie de ces directeurs de conscience tout en le faisant de façon plus indirecte. En effet, Don Juan, après avoir été un séducteur volage et cruel, finit par faire semblant de se ranger et se fait passer pour un faux dévot comme Tartuffe. À la fin de la pièce, on le découvre plus cruel et machiavélique quand il annonce que lorsqu’on fait semblant d’être bon, personne ne s’inquiète de savoir si l’on est vraiment mauvais ou pas. En cela, Molière tente de faire tomber les masques de sa société et ainsi les deux pièces ont été jugées très dérangeantes à son époque.

Le Mariage de Figaro, Beaumarchais - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement appartient cette œuvre ?

Beaumarchais est un auteur du XVIIIe siècle, époque du mouvement des Lumières auquel Beaumarchais et son œuvre se rattachent.

 

Connaissez-vous une représentation de cette pièce ?

L’opéra Les noces de Figaro ou en italien Le Nozze di Figaro de Mozart.

 

II. Questions sur l’acte I, scène 1 : la scène d’exposition

 

Comment commence la pièce ?

La pièce commence in media res, c’est-à-dire au milieu de l’action. Figaro est en train de mesurer la pièce que lui a donné son maître et qu’il va occuper avec sa fiancée Suzanne.

 

Comment le dénouement résoudra-t-il le problème posé dans cette scène ?

Cette scène d’ouverture montre les relations entre Suzanne et Figaro et montre l’inquiétude de Suzanne vis-à-vis du Comte qui semble vouloir profiter de son droit de cuissage, c’est-à-dire profiter sexuellement de Suzanne avant son propre mari. Le dénouement sera heureux. Figaro et Suzanne restent ensemble et le Comte reste fidèle à sa femme.

 

III. Questions sur le monologue de Figaro

 

Est-ce un discours ou un récit ?

Il s’agit d’un monologue, le personnage est seul en scène, il s’agit donc d’un discours puisque c’est un personnage qui parle. Cependant Figaro y fait le récit de sa vie. Il s’agit donc d’un récit dans un discours.

 

À qui s’adresse Figaro dans ce monologue ?

Figaro est seul en scène, il s’adresse donc à lui-même, il est en proie à l’émotion, il a besoin de d’exprimer ses inquiétudes et ses émotions. Cependant Figaro s’adresse aussi indirectement au public.

 

On ne badine pas avec l'amour, Musset - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Quel est le mouvement littéraire dans lequel s’inscrit cette pièce ?

Il s’agit du mouvement romantique. Au XIXe siècle, Musset est un des représentants illustres de ce mouvement.

 

De l’œuvre de quel(le) auteur celle de Musset peut-elle être rapprochée ?

De l’œuvre de George Sand, qui était un pseudonyme utilisé par une auteure française. Musset était amoureux de George Sand juste avant d’écrire la pièce et il s’inspire d’elle pour le personnage de Camille.

 

II. Question sur le passage de la lettre de Camille

 

À quelle étape de l’intrigue théâtrale correspond cet événement ?

Il s’agit du passage où Perdican lit une lettre que Camille a écrite à son sujet, dans laquelle elle indique qu’il est désespérément amoureux d’elle et où il est blessé de voir la manière dont elle parle de lui.

Les étapes de l’intrigue théâtrale sont : l’exposition, le nœud dramatique, les péripéties et le dénouement.  Il faut donc se demander si cet événement correspond au nœud dramatique et si dans cette lecture se concentre tout le problème de la pièce, ou bien s’il s’agit d’une des nombreuses péripéties qui va permettre de résoudre un autre problème. Les deux interprétations sont possibles : il faut en choisir une et la défendre. Première solution : il s’agit du nœud dramatique et si Perdican n’avait jamais lu cette lettre, il n’aurait pas suivi sa volonté de séduire Rosette. Si l’on considère que c’est juste une péripétie, le nœud dramatique serait l’amour contrarié entre Perdican et Camille et cette lettre se rajoute simplement aux difficultés qui retrouvent les deux personnages.

 

III. Questions sur le passage de la mort de Rosette

 

Cette fin remet-elle en question l’appellation de « comédie » pour cette pièce ?

Même si l’appellation de comédie n’est pas explicite, elle est sous-entendue par le fait qu’on désigne cette pièce comme un proverbe. Un proverbe est un genre théâtral comique, léger et parfois drôle. Le fait qu’un des personnages meurt à la fin semble contrarier l’appellation de comédie.

 

En quoi ce dénouement illustre le proverbe ?

La mort de Rosette, qui a été séduite par Perdican pour rendre Camille jalouse, montre justement qu’il ne faut pas badiner avec l’amour, on ne peut pas jouer avec les gens au sein d’une relation amoureuse puisque les conséquences sont dramatiques. Rosette meurt en découvrant qu’elle a été séduite pour ce motif. Le proverbe du titre est donc bien illustré et dans ce sens, la pièce est bien un proverbe.

Le Cid, Corneille - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire se rattache cette œuvre ?

L’œuvre a été écrite au XVIIe siècle, il y a deux courants majeurs à cette époque, le baroque et le classique. Ici, il s’agit du mouvement classique. Le Cid s’inscrit dans ce mouvement dans la mesure où il respecte l’unité d’action, de lieu, de temps et qu’il se veut respectueux des règles de bienséance et de vraisemblance même si cela pourra être contesté par les contemporains de Corneille.

 

Pourquoi Le Cid a-t-il suscité une « querelle » ?

La querelle du Cid apparaît à cause des règles de vraisemblance et bienséance qui, selon beaucoup, n’ont pas été respectées par la pièce. En effet, Rodrigue tue en duel le père de Chimène, continue à aimer celle-ci et finit par l’épouser. Or cela n’est ni bienséant ni vraisemblable, selon certains, une fille dont on a tué le père ne peut pas rester amoureuse de son meurtrier. Cette pièce a donc suscité des polémiques auxquelles Corneille a répondu dans des textes parvenus jusqu’à notre époque.

 

Quel est le genre théâtral de cette pièce ?

Cette pièce possède un nœud dramatique tragique car il y a une forme de fatalité à ce que Rodrigue doive tuer le père de Chimène pour laver son honneur et ainsi renoncer à elle. Par ailleurs, la fin est plutôt heureuse et tire la pièce vers la comédie, non pas au sens de drôle mais au sens de qui finit bien, on peut donc la qualifier de tragi-comédie.

 

II. Questions sur le dilemme de Rodrigue

 

Qu’est-ce qu’un dilemme cornélien ?

Cornélien réfère à Corneille, l’auteur. Il s’agit d’un dilemme qui oppose chez un personnage son sens de l’honneur et un sentiment, ici l’amour. Rodrigue doit choisir entre les deux et c’est un choix impossible pour lui car il veut, à la fois, défendre son honneur et continuer à aimer Chimène. Le dilemme apparaît donc comme insoluble en apparence.

 

Quelles sont les étapes du monologue délibératif ?

Le monologue délibératif est un type de monologue au théâtre dont use beaucoup Corneille, à la fois dans Le Cid mais aussi dans Cinna, une autre pièce du dramaturge. Un monologue délibératif est un monologue dans lequel un personnage parle seul et délibère. Il étudie d’abord le pour d’une question puis le contre et ensuite il prend une résolution. Il y a toujours ces trois parties.

 

III. Question sur le récit épique de Rodrigue

 

En quoi ce récit est-il épique ?

Rodrigue raconte la façon dont des troupes s’allient à son armée. Il faut définir le registre épique par le thème martial de la guerre et les valeurs de l’héroïsme et de la défense d’un groupe face à une menace. Il parle d’un combat que mène un groupe qu’il va défendre en tant que figure de proue et dont il va être le héros.

Ruy Blas, Hugo - Oral

I. Questions sur l’œuvre en général

 

Qu’est-ce qu’un drame romantique ?

Un drame romantique est une pièce où rien n’est joué d’avance, la liberté du personnage s’exerce jusqu’à la fin. Ce genre s’oppose à celui de la tragédie où tout est déjà décidé. Dans le drame romantique, la fin est souvent néfaste pour le héros. Le romantisme apparaît dans le genre théâtral par l’alternance entre de passages légers et comiques puis graves. Le drame romantique mêle aussi des personnages de différentes classes sociales, issus de la noblesse et d’autres classes plus basses.

 

Ruy Blas est-il un héros romantique ?

Le héros romantique est un personnage tourmenté, partagé entre rêve et réalité. Ici, Ruy Blas cherche à s’élever dans la société de manière spirituelle et morale. Mais il est confronté à la réalité de sa classe sociale qui l’entrave. Le héros romantique est double, il se dissimule derrière une autre identité.

 

II. Question sur l’Acte II, scène 2 : la lecture de la lettre de Ruy Blas par la Reine

 

Cette lettre est-elle une surprise pour le spectateur ?

Le spectateur connaît déjà l’existence de la lettre, car à l’acte I, Ruy Blas avoue l’avoir écrite et déposée sur un banc où il a l’habitude de déposer des fleurs pour la Reine. La Reine porte la lettre sur son cœur et lorsqu’elle relit la lettre, le spectateur accède aux mots de la lettre et à la sincérité des sentiments de Ruy Blas.

 

III. Question sur la mort de Ruy Blas

 

En quoi cette fin justifie la caractérisation de cette pièce comme un drame ?

La mort de Ruy Blas n’était pas décidée d’avance, jusqu’au bout il semble possible à Ruy Blas de survivre. Sa mort survient rapidement et découle du choix de Ruy Blas de se suicider, ce qui surprend les spectateurs et la Reine, seul personnage présent. Ruy Blas n’est pas enchaîné à un destin qui le pousse à mourir, il est libre. C’est en cela que cette fin justifie la caractérisation de cette pièce comme un drame.

Tartuffe ou l'imposteur, Molière - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Quel est le sens du mot « tartuffe » aujourd’hui ?

Ce mot vient de l’italien tartufo qui signifie truffe, à prendre au sens métaphorique, puisque quelqu’un que l’on qualifie de truffe est quelqu’un de pas très intelligent, qui se laisse facilement prendre au piège qu’on lui tend. Ce sens entre en contradiction apparente avec le personnage de Tartuffe de Molière car il manipule les autres et n’est pas du tout dupe de son entourage.

 

Connaissez-vous une mise en scène de cette pièce ?

La plupart des temps, on étudie une pièce en regardant une retransmission, si ce n’est pas le cas, peut être une photographie avec un décor, des costumes et les personnages sur scène. Sinon, on peut se référer aux images qui se trouvent dans l’édition des livres et manuels étudiés pour développer l’argumentation de la réponse.

 

II. Questions sur la scène d’exposition

 

Sur quoi repose le comique de cette scène ?

Orgon revient de voyage et s’inquiète pour Tartuffe, qui n’a pas été souffrant, mais ne s’inquiète pas de la santé de sa femme Elmire qui, elle, l’a été. Au début, on ne sait pas qui est Tartuffe, on comprend qu’il n’est pas le maître du personnage mais son subalterne, puis on comprend qu’il s’agit du directeur de conscience d’Orgon, qui le domine spirituellement. Cette scène est comique car Orgon s’enquiert de la santé de Tartuffe de manière obsessionnelle avec un comique de répétition et la phrase « Le pauvre homme » qu’il répète sans cesse. Mais c’est aussi un comique à ressort, c’est-à-dire que quelle que soit l’information donnée par Dorine, Orgon n’adapte pas son discours à la réalité et reste figé dans une attitude qu’il répète jusqu’à l’absurde. Malgré le fait que Dorine donne des nouvelles positives de Tartuffe, Orgon trouve matière à plaindre Tartuffe, ce qui crée un décalage et donc un effet comique.

 

Que nous dit cette scène de la pièce ?

La scène d’exposition donne toutes les informations sur le lieu, le temps, les personnages et l’intrigue. Ici, on nous présente Orgon et Dorine, un maître et sa domestique et on fait le portrait, en son absence, de Tartuffe. On apprend aussi l’existence d’Elmire, la femme d’Orgon. Le lieu est la maison d’Orgon et l’époque est celle de Molière lui-même : le XVIIe siècle.

  

III. Questions sur l’acte IV

 

Sur quoi repose le comique de cette scène ?

Orgon découvre qui est réellement Tartuffe et comment il se joue de lui depuis le début. Le comique tient au fait qu’Orgon est caché sous une table pour prendre Tartuffe sur le fait, celui-ci essayant de séduire Elmire, la femme d’Orgon. Il assiste à toute la scène de séduction où Tartuffe dit la vérité sur ses intentions et sur le fait qu’il se joue d’Orgon en faisant semblant d’être vertueux alors qu’il a des désirs pour Elmire. Orgon découvre tout cela à l’insu de Tartuffe. Cet effet comique peut être qualifié d’arroseur-arrosé qui montre que celui qui veut se jouer de quelqu’un est en fait celui qui est pris au piège. C’est un renversement de situation qui peut engendrer du comique.

 

À quelle autre pièce cette scène vous fait-elle penser ?

C’est une situation avec un « couple » uni par une séduction, subie par l’une (Elmire) et voulue par l’autre (Tartuffe), épiée par un troisième personnage (Orgon). Cette situation peut évoquer celle développée par Racine dans Britannicus où Néron demande à Junie (qu’il a enlevée la veille), de parler à Britannicus (le fiancé de Junie) et dont Néron est à la fois le demi-frère et le rival. Il lui demande de dire à Britannicus qu’elle ne l’aime pas et pendant ce temps Néron se cache et épie les deux amoureux. La situation est plus tragique et cruelle que chez Molière où elle induit un effet comique. On peut mettre en parallèle ces deux scènes pour étudier les différences de registres au théâtre.

Victor ou les enfants au pouvoir, Vitrac - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Qu’est-ce que le théâtre de la cruauté ?

Le théâtre de la cruauté est le mouvement auquel cette pièce est attachée, avec le mouvement surréaliste. Le théâtre de la cruauté a été créé par Antonin Artaud, avec qui Vitrac a collaboré. Ce mouvement théâtral donne de l’importance au corps sur scène, et plus précisément de la souffrance physique sur scène. C’est autour du corps du personnage principal, Victor, que se cristallise l’ensemble de l’intrigue.

 

Connaissez-vous une mise en scène de cette pièce ?

Les mises en scènes les plus connues sont celles faites du vivant de l’auteur par Artaud et après la mort de Vitrac par Anouilh. Il existe une mise en scène récente faite au Théâtre de la Ville en 2012 par Demarcy-Mota.

 

II. Question sur la scène d’exposition

 

Quelles informations nous donne cette scène sur l’intrigue ?

La scène d’exposition renseigne habituellement sur le lieu, sur l’époque, les personnages impliqués et le problème qui va se poser à eux. Ici, la scène s’ouvre dans la maison de Victor enfant. Victor qui fête ses 9 ans et qui est en pleine discussion avec la bonne. Cette dernière indique le niveau social de l’enfant qui appartient à la haute bourgeoisie. Les répliques s’enchaînent de manière absurde, qui bousculent les attentes du spectateur. Le ton de la pièce est donc, dès le début, satirique et ironique.

 

III. Question sur l’arrivée de la prophétesse Ida

 

Que nous dit l’onomastique du personnage sur la pièce ?

L’onomastique signifie l’étude du nom propre, c’est-à-dire ce que signifie un prénom et/ou un nom dans le contexte d’une oeuvre littéraire. Par exemple, quels sont les sens et les symboles auxquels ils renvoient pour mieux comprendre qui est le personnage. Le prénom Ida fait référence au mouvement Dada qui est le mouvement précurseur du surréalisme. Le mouvement Dada prônait la loi du hasard pour donner des créations artistiques. La pièce se range à la fois dans le mouvement du théâtre de la cruauté ainsi que dans une référence au mouvement Dada.

Phèdre, Racine - Oral

I. Questions sur l’œuvre en général

 

En quoi cette pièce est-elle classique ?

Cette pièce fait partie du classicisme, le mouvement littéraire du XVIIe siècle qui succède au mouvement baroque. Ce mouvement revient aux fondamentaux du théâtre grec antique à travers la lecture de La Poétique d’Aristote. Il respecte donc les unités de temps, de lieu et d’action, ainsi que les règles de bienséance et de vraisemblance. Toutes ces règles sont respectées dans Phèdre.

 

Quel est le registre de cette pièce ? Pourquoi ?

Cette pièce est une tragédie. Une tragédie montre des personnages issus de la noblesse et de la classe dirigeante. La fin de Phèdre est funeste, Hippolyte est tué par un monstre marin et Phèdre se suicide. Ne restent sur scène que Thésée, l’époux de Phèdre et Aricie, la fiancée d’Hippolyte. Cette fin tragique est précipitée par une série d’événements relevant de la fatalité et provoqués par l’offense faite aux Dieux par Phèdre en avouant son amour pour Hippolyte, son beau-fils.

 

II. Questions sur l’acte I : Aveu amoureux de Phèdre

 

Cette scène est-elle typique des aveux amoureux au théâtre ?

Phèdre n’avoue pas son amour à Hippolyte mais à sa suivante et confidente, Oenone. Cette scène est typique des aveux amoureux au théâtre, car les personnages amoureux se confient non pas à la personne aimée mais à leurs confidents. Les aveux amoureux au théâtre provoquent généralement l’attention du spectateur qui espère la concrétisation de l’amour avoué. Ici, cet aveu provoque un sentiment plus réservé, car Phèdre avoue son amour pour son beau-fils, un sentiment proche de l’inceste. Cet aveu est donc typique dans la structure mais il est atypique par l’amour dont il est question.

 

Quelle est la fonction de cet aveu dans l’intrigue théâtrale ?

Cet aveu a lieu dans l’acte I qui expose les éléments de l’intrigue. La question est de savoir si cet aveu fait partie de la scène d’exposition ou du nœud dramatique de l’action théâtrale. Le nœud dramatique de Phèdre n’est pas cet amour incestueux mais l’annonce de la mort de Thésée qui s’avérera être fausse. Cet aveu et la mort supposée de Thésée vont précipiter les événements et vont déclencher l’action théâtrale. Cet aveu remplit la fonction d’une scène d’exposition d’une part et de nœud dramatique d’autre part.

 

III. Question sur l’acte V : Récit de la mort d’Hippolyte

 

En quoi ce récit est-il un tableau ?

Le mot tableau est un terme littéraire technique qui décrit au théâtre la façon de raconter un événement de manière imagée pour que le spectateur s’en fasse une représentation mentale. La mort d’Hippolyte est sanglante, ce serait donc contraire à la règle de bienséance de la représenter sur scène. Cette description renforce l’empathie des spectateurs pour le personnage de Thésée, le père d’Hippolyte qui écoute sur scène le récit. L’omniprésence du sang à la fin de la tirade, les références aux couleurs rouges, les évocations du corps démembré rendent la description visuelle imagée, ce qui en fait un tableau.

Rhinocéros, Ionesco - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire appartient ce texte ?

C’est un texte théâtral qui relève du mouvement littéraire de l’absurde. Ce mouvement est principalement représenté par le théâtre, mais on trouve aussi des romans et des textes philosophiques qui reprennent cette idée d’absurdité de l’existence. Il est apparu face à un désenchantement du monde qui survint après la Seconde Guerre mondiale et cette perte d’espoir en l’avenir se traduit par ce sentiment d’absurdité. Dans la pièce de Ionesco, l’absurdité se voit à travers un certain nombre de situations ou de personnages qui se comportent de manière irréaliste. Par exemple, on a la transformation des personnages en rhinocéros, alors que toute la pièce est menée de manière réaliste avant cela. On peut aussi nommer l’irruption d’un rhinocéros dans la scène d’exposition, ce qui est difficile à mettre en scène et qui est à la limite du réalisme et de l’irréalisme.

 

À quel contexte historique Eugène Ionesco fait-il référence ?

Eugène Ionesco est d’origine roumaine et il est né avant la Seconde Guerre mondiale. Cette œuvre fait référence à ce contexte antérieur à la guerre, pendant la montée du totalitarisme, avec l’idéologie nazie qui se répand parmi les compatriotes de Ionesco. Il assiste à ce retournement de pensée en quelques mois et années, qui va être comme une épidémie, selon l’image utilisée par Albert Camus dans La Peste. Cette dimension critique par rapport au contexte politique existe dans Rhinocéros, mais on peut aussi proposer une autre interprétation. À travers ce mouvement d’adhésion à une idéologie, Ionesco va aussi critiquer l’instinct grégaire des hommes qui veulent toujours suivre le troupeau : c’est pour cela qu’il prend comme animal emblématique le rhinocéros.

 

II. Question sur la scène d’exposition

 

Cette scène d’exposition remplit-elle sa fonction ?

La fonction de la scène d’exposition est de présenter lieu, temps, personnages et leurs relations. Dans ce cas, on a le personnage de Jean qui attend Béranger dans un café un dimanche matin, les gens passent et tout est tranquille. On a donc une présentation de temps, de lieu et des personnages, mais en même temps tous les éléments sont décalés. Il y a toute une discussion sur l’heure qu’il est entre les deux personnages. Par rapport au lieu, on a un endroit qui est tellement typique qu’il n’a rien de réaliste : on dirait un décor de carton-pâte. En outre, Jean est présenté comme le personnage qui aurait le dessus sur Béranger, qui serait plutôt celui qui est toujours en retard, qui n’est jamais poli. On verra que cette relation va s’inverser en cours de pièce. En conclusion, la scène d’exposition remplit sa fonction mais pas totalement, car il y a des éléments qui dissonent.

 

III. Question sur la transformation de Jean

 

Peut-on qualifier cette scène de coup de théâtre ?

Un coup de théâtre, c’est quand toutes les attentes qu’on avait à propos de l’intrigue sont déjouées et quand les certitudes qu’on avait cumulées vis-à-vis d’un personnage sont remises en question. Jean, qui semblait être quelqu’un de droit, se laisse gagner par les idées totalitaires et se transforme en rhinocéros. Béranger, qui avait l’air très influençable, ne comprend pas cette transformation. Il y a un coup de théâtre et un retournement de situation, puisque ce qu’on attendait ne se réalise pas.

 

IV. Question sur le dénouement

 

Cette fin est-elle ouverte ou fermée ? Pourquoi ?

Cette fin est ouverte puisque Béranger décide à la fin de ne pas devenir un rhinocéros alors qu’il est en train de se laisser tenter : il est le dernier à ne pas se transformer. Il finit par avoir un « instant de lucidité » final et il décide de rester un homme et de combattre les rhinocéros. L’avant-dernière phrase qu’il dit, quand il prend un fusil, est « Je suis le dernier homme et je le resterai jusqu’au bout ». On peut imaginer qu’il va essayer de chasser les rhinocéros ou qu’il va peut-être se suicider. C’est une fin à partir de laquelle on est libre d’imaginer ce qu’on veut.

Lorenzaccio, Musset - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire appartient cette œuvre ?

Cette œuvre appartient au mouvement romantique. Alfred de Musset est un des grands représentants du romantisme français.

 

À quel grand tragédien se réfère Musset dans cette pièce ?

Cette question fait référence à la genèse de l’œuvre c’est-à-dire comment elle a été conçue par l’auteur, il s’agit donc d’une question d’histoire littéraire. Le grand modèle de Musset pour cette pièce est Shakespeare, car Lorenzaccio se réfère à Hamlet. Hamlet est le prince du royaume de Danemark qui découvre que son père a été assassiné par son oncle avec la complicité de sa mère pour accéder au trône. Il est donc question de complot familial, d’assassinat d’une figure régnante, de la question de dire la vérité ou la taire. Hamlet choisit de dire la vérité et choisit pour la révéler de monter une pièce qui met en scène le meurtre de son père, pour faire comprendre à son oncle qu’il sait ce qui s’est passé. Musset reprend ce procédé avec Lorenzaccio, le personnage prend le parti du déguisement pour assassiner le Duc. Cela pose la question entre le mal et le bien.

 

II. Question sur l’acte II, scène 4, le récit de songe

 

Que dit cette scène sur le personnage de Lorenzaccio ?

Dans cette scène, la mère de Lorenzaccio raconte un rêve où elle voit son fils plus jeune, s’assoir à côté d’elle et lire un livre. Puis lorsque le Lorenzaccio réel frappe à la porte, cette figure du passé s’en va. Cela nous apprend que, Lorenzaccio a été un personnage studieux, calme, pensif et contemplatif et croyant en l’humanité. Alors qu’au moment où se déroule l’action de la pièce, Lorenzaccio se fait passer pour un débauché, qui multiplie les relations amoureuses, et les forfaits. Lorenzo, son véritable nom fait référence à sa véritable personnalité, le diminutif -accio évoque son caractère de débauché. Une dualité du personnage apparaît donc dans cette scène

 

III. Question sur l’acte III, scène 3, profession de foi de Lorenzaccio

 

En quoi Lorenzaccio est un héros romantique ?

Un héros romantique est un héros qui est torturé et tendu entre deux extrêmes. Ici, il s’agit du mensonge par la dissimulation de sa véritable personnalité et donc son identité, car Lorenzaccio est en réalité un personnage qui aspire à la vertu, à la justice et au bien. Cependant, il se déguise en débauché pour mieux se rapprocher du Duc et l’assassiner. Il y a donc une tension entre le mal et le bien chez Lorenzaccio ce qui est caractéristique du personnage romantique. Cette tension entre deux extrêmes peut aussi apparaître chez d’autres romantiques sous la forme de l’idéal et la réalité.

Cette notion de la dissimulation et d’une quête d’identité est une autre caractéristique du héros romantique qui est souvent amené à se déguiser pour paradoxalement, faire éclater la vérité.

En attendant Godot, Beckett - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

En quoi cette pièce relève du théâtre de l’absurde?

Le théâtre de l’absurde est un mouvement théâtral qui se développe après la Seconde Guerre mondiale et qui met en avant l’absurdité de l’existence lié à un sentiment de désenchantement, de perte d’espoir et de perte de confiance en l’avenir. L’existence semble alors vaine puisqu’elle est vouée à la mort.

Dans cette pièce, le lieu et le temps sont indéterminés. Le temps est cyclique, les personnages recommencent toujours la même journée. Cette répétition ne semble pas avoir de but. La scène est quasiment vide, le seul élément de décor est un arbre. Un léger changement de décor fait se demander si les personnages sont toujours dans le même lieu et combien de temps a passé. Aucune clé d’interprétation n’est envisageable, ce qui participe à l’absurdité de la pièce. Les dialogues sont inconsistants et ne font pas avancer l’intrigue.

 

Connaissez-vous d’autres dramaturges de ce mouvement et lesquels ?

Ionesco est un autre auteur du théâtre de l’absurde. Ses pièces Rhinocéros, Le Roi se meurt, Les Chaises, La Cantatrice chauve, relèvent toutes de l’absurde. Vitrac et sa pièce Victor ou les Enfants au pouvoir, relève du théâtre de l’absurde d’avant-guerre mais aussi du théâtre de la cruauté (Antonin Artaud).

 

II. Question sur la scène d’exposition

 

En quoi cette scène perturbe-t-elle le spectateur ?

Les scènes d’ouvertures offrent généralement des clés de compréhension de l’intrigue, c’est-à-dire, le lieu, le temps, et quelle est l’action que l’on va suivre. Or, aucune de ces clés n’est donnée car le décor est minimal, l’heure n’est pas définie. Le spectateur sait seulement qu’un des personnages était absent et qu’il vient de revenir. Le rapport entre les deux personnages n’est pas défini, le spectateur comprend seulement que ce sont des clochards. Cette scène d’ouverture est déceptive, les attentes qu’a le spectateur ne sont pas comblées. Cette scène perturbe donc le spectateur car elle ne lui donne pas les informations qu’il attend.

 

III. Question sur le dénouement

 

Comment qualifier ce dénouement ?

L’absence d’enjeu n’a pas créé de nœud théâtral, il n’y a donc pas de fin, ce qui rend la scène de dénouement déceptive. À la fin de la pièce, le spectateur ne sait toujours pas qui sont les personnages, ce qu’ils venaient faire, qui ils attendaient et pourquoi. Cela renforce l’idée d’absurdité. Ce dénouement est donc déceptif et absurde.

Don Juan, Molière - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Cette pièce est-elle classique ou baroque ?

Pour répondre à cette question, il faut se référer aux mouvements littéraires, intellectuels du XVIIe siècle. Le mouvement baroque se caractérise par l’irrégularité, la profusion des thèmes et des formes. Le mouvement classique se caractérise par une certaine rigueur au niveau des unités au théâtre : unité d’action, unité de lieu et unité de temps. Le mouvement classique respecte les deux règles de bienséance et de vraisemblance.

La pièce Dom Juan est une pièce classique. Elle respecte la règle de vraisemblance en racontant des événements réels qui se sont déroulés à la cour de Louis XIV. La pièce Dom Juan est aussi une pièce baroque parce qu’on y trouve un thème du siècle d’or espagnol qui est Dom Juan et les unités du théâtre ne sont pas respectées. Les deux mouvements correspondent à la pièce de Dom Juan. La réponse apportée peut traiter des deux aspects de la pièce ou un seul argumenté.

 

Que savez-vous du personnage Dom Juan avant et après Molière ?

Cette question fait appel aux autres versions de Dom Juan. La pièce originale est une oeuvre de Tirso de Molina, auteur espagnol, appelée Dom Juan et l’invité de pierre. Il a eu plusieurs reprises du thème de Dom Juan après la version de Molière, comme par exemple Don Giovanni de Mozart.

 

 

II. Question sur la scène d’exposition, acte I, scène 1

 

Comment qualifier le portrait de Dom Juan fait par son valet ?

Sganarelle présente Dom Juan sous son véritable jour au valet de Done Elvire, la femme qu’il a quitté après l’avoir épousé. C’est un portrait dit in absentia, c’est-à-dire en l’absence du personnage qu’il décrit. Ce portrait ne décrit pas le physique de Dom Juan mais sa morale. Sganarelle déplore les mauvais agissements de son maître. C’est un portrait à charge c’est-à-dire un blâme.

 

III. Question sur l’ autoportrait de Dom Juan, acte I, scène 2

 

De quel courant de pensée du XVIIe siècle Dom Juan peut-il être rapproché ?

Le personnage de Dom Juan peut être rapproché du courant libertin de mœurs. Les libertins de mœurs sont athées, ce qui signifie qu’ils ne croient pas en Dieu et n’adhèrent pas à la religion. Par cet athéisme, les libertins de mœurs se libèrent des bonnes conduites prônées par la religion afin de rechercher le plaisir. Ils découlent du courant hédoniste dont la réflexion est axée sur le plaisir. Dom Juan illustre ce courant de pensée car il recherche le plaisir amoureux à travers l’accumulation de conquêtes. Cette recherche traduit aussi sa peur de s’ennuyer, phénomène que l’on retrouve aussi chez les libertins des mœurs.

 

Comment Sganarelle aurait-il pu répondre à Dom Juan ?

Dans cette scène Dom Juan fait son propre éloge à Sganarelle, son valet. Sganarelle ne parvient pas à lui répondre. La question propose d’argumenter à la place de Sganarelle pour contrer les justifications de Dom Juan. Les arguments mis en avant peuvent être inventés ou reprendre ceux présentés dans la scène d’exposition. La lecture de l’œuvre peut permettre de dégager des exemples. Par exemple, pour mettre en avant la lâcheté de Dom Juan lorsqu’il se place en victime.

Le Mariage de Figaro, Beaumarchais - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1778, à la fin du XVIIIe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre et plus précisément du registre comique.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement des Lumières. Beaumarchais fait partie des auteurs qui défendent l’idée de l’égalité en droit des hommes, celui du principe de liberté, ainsi que d’une fraternité entre les citoyens. Beaumarchais sera témoin de la Révolution française et notamment de la prise de la Bastille en 1789.

 

Auteur

Pierre Caron de Beaumarchais est un écrivain, mais aussi un espion et un homme d’affaires. Il a été employé par différentes cours, pour espionner entre l’Angleterre et la France.

 

Moments-clés

Les personnages du Comte Almaviva et de Figaro font aussi partie de la pièce Le Barbier de Séville, une autre pièce écrite par Beaumarchais.

– Acte I, scène 1. Le Comte Almaviva, le maître de Suzanne et Figaro, les loge dans son château avant qu’ils ne se marient. Cependant, Suzanne, la fiancée de Figaro redoute que le Comte en appelle au droit ce cuissage sur elle, autrement dit qu’il lui impose de lui accorder une faveur sexuelle, avant son mariage avec Figaro. En réalité le droit de cuissage n’était pas reconnu de manière légale, il n’était pas un « droit ».

– Acte V, scène 3, Monologue de Figaro. Figaro pense que Suzanne lui a joué un tour, et qu’elle a accepté de céder aux demandes du Comte. Ce monologue est le plus long de l’histoire du théâtre. Figaro y retrace sa destinée, qu’il juge étrange. Des jeux de hasards à la spéculation puis au journalisme, Beaumarchais s’inspire de sa propre vie pour imaginer celle de Figaro. Ce dernier déplore aussi l’absence de mérite de la société à son égard.

 

Thématiques importantes

– Rapport maître et valet. Il s’agit des rapports de domination sociale entre les nobles, les maîtres donnant les ordres et les domestiques devant les servir. Figaro trouve que son maître ne mérite pas les avantages dus à sa naissance.

– Il est question de l’amour à travers l’importance accordée à la fidélité à travers les personnages de Suzanne et Figaro mais aussi de ceux du Comte avec son épouse.

– Le mérite et le déterminisme social. Figaro déplore que la société de son temps ne récompense pas le mérite. Il se présente comme quelqu’un d’intelligent, rusé, qui sait s’adapter et progresser dans la vie. Il dénonce l’attitude du Comte qui se repose sur les avantages qui sont dus à sa naissance noble pour dominer autrui.

 

Citation

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »

Cette phrase, tirée du monologue de Figaro, est devenue la devise du journal Le Figaro. Il s’agit du moment où Figaro défend la liberté de la presse quand il évoque son métier de journaliste.

 

Bonus

L’opéra de Mozart Le Nozze di Figaro, directement inspiré de la pièce de Beaumarchais.

On ne badine pas avec l'amour, Musset - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1834

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du théâtre et elle s’inscrit dans le registre comique, même si la fin est triste, car il s’agit de l’histoire d’une relation amoureuse entre trois personnages. Cette pièce appartient aussi au sous-genre théâtral du proverbe : c’est un genre qui ne s’étudie pas beaucoup car il est considéré comme étant mondain : il développe une intrigue amoureuse peu sérieuse, en cherchant à exemplifier un proverbe.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement romantique.

 

Auteur

Alfred de Musset (1810- 1857) a commencé sa carrière littéraire très jeune. Il s’est d’abord fait connaître par des poèmes assez classiques utilisant les formes fixes de l’époque, en développant des thèmes amoureux exaltés, passionnés. C’était l’amant de George Sand, une auteure plus âgée que lui et dont l’œuvre est aussi inscrite dans le mouvement romantique. Elle a commencé sa carrière littéraire avec le roman Indiana, dans lequel elle raconte l’histoire d’une femme mal mariée. Musset et George Sand partent tous les deux pour faire un long séjour à Venise, en Italie, qui était l’un des pays préférés des romantiques. Mais leur relation se détériore pendant leur séjour et ils se séparent. Musset revient en France et il écrit On ne badine pas avec l’amour à propos de leur rupture. Le personnage masculin de cette œuvre est, en quelque sorte, le représentant de Musset, alors que le personnage de Camille représenterait George Sand. Il y a un troisième personnage, Rosette, que Perdican séduit pour se venger de Camille.

 

Moments-clés

– Perdican lit la lettre écrite par Camille à son sujet. Perdican et Camille ne se sont pas vus depuis longtemps et ils vont se retrouver un peu par hasard. Il va apprendre qu’elle a tenu à son propos un discours qui va l’offenser, puisque dans cette fameuse lettre, Camille explique que Perdican est désespéré suite à leur rupture et qu’il l’aimait plus qu’elle ne l’aimait. Cela va le blesser et l’humilier, et il va chercher à se venger en séduisant une jeune femme, Rosette, afin de rendre jalouse Camille. Rosette tombe sous le charme de Perdican, mais elle découvre les raisons pour lesquelles Perdican s’est intéressé à elle et elle se suicide, juste après que Camille et Perdican s’avouent leur amour retrouvé. Camille, en constatant les dégâts que leur relation a causés, décide de se séparer définitivement de Perdican, car elle ne peut plus être heureuse. 

 

Thématiques importantes

– L’amour romantique, exalté et passionné de Perdican pour Camille. C’est aussi un amour contrarié.

– Le mensonge et l’identité qui montrent un héros romantique en prise avec ce qu’il aimerait être et ce qu’il doit être dans la réalité, et qui souvent ment et dissimule avec des stratagèmes pour arriver à ses fins, sans jamais être totalement content des mensonges qu’il est obligé de mettre en œuvre.

– Liberté formelle du texte : c’est une comédie puisque son sujet est léger (c’est la définition de la comédie classique, qui ne doit pas forcement faire rire). C’est aussi un genre qui s’intéresse à des gens du commun avec des problèmes du quotidien.

 

Citation

« Tous les hommes sont menteurs (…) ; toutes les femmes sont perfides (…) ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux ».

C’est une phrase de George Sand qu’elle lui a adressé dans une lettre et qui est reprise telle quelle dans On ne badine pas avec l’amour, elle montre le lien entre la vie et la littérature.

 

Bonus

Le film Les enfants du siècle de Diane Kurys retrace toute la relation entre Alfred de Musset et George Sand.

Huis clos, Sartre - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

La pièce a été écrite entre 1943 et 1944 et représentée en 1944 au théâtre du Vieux Colombier à Paris. C’est la période de la Seconde Guerre mondiale, époque où l’accès au théâtre n’est pas très facile.

 

Genre

Il s’agit du genre théâtral.

 

Mouvement

Sartre relève du mouvement existentialiste, c’est lui-même qui a créé ce mouvement. L’existentialisme est une école philosophique qui dit que rien n’est écrit à l’avance, que l’existence précède l’essence. Ce qui signifie que l’individu n’a pas une identité en naissant, mais c’est l’existence qui lui forge, qui le fait devenir quelqu’un. Ce qu’on fait nous définit.

 

Auteur

Jean-Paul Sartre est un philosophe : il est agrégé et professeur de philosophie. Il forge la notion d’existentialisme mais aussi d’écrivain engagé car c’est quelqu’un qui s’implique dans les débats politiques de son temps notamment en se rangeant du côté de l’URSS et du Parti Communiste français pour s’en distancier plus tard. La notion d’écrivain engagé reste importante en France car elle implique qu’en tant qu’intellectuel, philosophe et écrivain, il a le devoir de participer au débat public, de la faire avancer grâce à un avis censé être éclairé et rationnel. Sartre est en union libre avec Simone de Beauvoir, autre grand nom de la littérature française. Sartre est un personnage important du panorama intellectuel français de son époque.

 

Moments-clés

– La pièce se déroule dans l’au-delà, plus précisément en enfer, après la mort des personnages. Un homme et deux femmes se retrouvent dans la même pièce pour y coexister pour l’éternité. La pièce est un dispositif de l’enfer pour montrer ce à quoi veut arriver Sartre : montrer que la torture physique est inférieure à la torture psychologique. En effet, les trois personnages se découvrent et, très rapidement, s’affrontent. On découvre au fur et à mesure l’histoire de chacun et on comprend ce pour quoi ils sont en enfer (et non au paradis) et pourquoi ils ont été placés là.

 

Thématiques

– La mort : la vie qui a été menée par chacun des personnages est mise en perspective par le fait que leur vie s’arrête et qu’il faut qu’ils rendent des comptes sur ce qu’ils ont fait. La mort agit comme un révélateur du sens de l’existence.

– La morale et le vivre-ensemble : a-t-on fait des choses bonnes ou mauvaises, et comment cela va-t-il être récompensé ou puni ? Sartre tend à montrer que ce sont les rapports entre les hommes qui induisent le plus de souffrance mais aussi le plus de bonheur.

 

Citation

« L’enfer, c’est les autres » : le plus difficile dans la vie, ce ne sont pas tant les événements extérieurs que les relations entre les humains, la manière dont les gens peuvent se faire du mal les uns aux autres.

 

Bonus

The Good Place, série Netflix avec quatre personnages dans l’au-delà (en enfer) qui se torturent psychologiquement car le démon qui est en charge de la conception générale de cet enfer décide d’essayer la torture psychologique plutôt que la torture physique. C’est une série comique qui aborde beaucoup de thèmes de philosophie morale. La dimension comique fait écho à celle de Huis clos car Sartre entendait avoir écrit une pièce comique, ce qui n’a pas toujours été compris par les spectateurs de l’époque et par les critiques d’aujourd’hui alors que c’était son intention première.

Huis clos, Sartre - Oral

Questions pour l’oral

 

À quel mouvement littéraire se rattache ce texte ?

Huis clos ne se rattache pas clairement à un mouvement littéraire car Sartre a sa propre manière d’aborder le théâtre et la littérature. Il s’agit du théâtre qui se place dans la lignée de l’existentialisme, courant forgé par Sartre (ce qu’on fait dans la vie crée notre identité). Huis clos est existentialiste car elle manifeste certains traits de cette école philosophique. On pourrait aussi dire que Huis clos serait du théâtre engagé car Sartre est un auteur engagé, or ce n’est pas une pièce politique. Cette réponse serait juste sur le plan de Sartre en personne et fausse par rapport à ce qu’est le texte.

 

Comment comprendre le titre de l’œuvre ?

Il y a une dimension d’étymologie car « huis » n’est pas un terme très couramment utilisé. Originellement « huis » signifie la porte comme dans le terme proche de « huisserie ». Huis clos signifie donc une pièce dont les ouvertures sont fermées. C’est le cas dans la pièce, c’est un huis clos car les personnages sont enfermés. Un certain nombre de pièces de théâtre ou de films policiers sont aussi des huis clos dans le sens où tout se passe entre plusieurs personnages enfermés dans un lieu et contraints d’y rester ensemble. C’est une vieille tradition littéraire, devenue un genre en soi : on parle d’un huis clos comme étant une pièce, un film, un livre dans lequel les personnages sont enfermés et la tension qui se joue entre eux est psychologique. Le titre peut donc être compris à deux niveau : comme représentant la situation des personnages et comme désignant un genre de fiction.

 

Quel lien pouvez-vous faire entre l’intrigue et l’existentialisme ?

Le lien entre cette intrigue et l’existentialisme n’est pas forcément explicite mais il peut être compris de la façon suivante : dans cette pièce on est en enfer et l’enfer est constitué des relations entre les personnages, la manière dont ils interagissent. Cet enfer, banal en apparence, est le produit de leur relation : une torture psychologique. Cela illustre l’existentialisme qui veut que « on est ce qu’on fait » : on est le produit de nos actions. L’enfer est le produit des actions des personnages.

 

Dans quelles circonstances historiques Sartre écrit-il cette pièce ?

En 1944, c’est la Seconde Guerre mondiale, ce qui explique que la pièce a à la fois marqué les esprits car elle a été représentée à un moment compliqué pour avoir accès au théâtre et n’a pas été si connue car il y avait d’autres sujets d’actualité plus importants. Le propos de Sartre de faire une pièce comique sur l’enfer était décalé par rapport aux circonstances historiques dramatiques et urgentes sur le plan politique. Cette guerre se reflète très peu dans la pièce elle-même, ce qui peut paraître étonnant d’un auteur habituellement engagé.

 

Pouvez-vous commenter la citation « L’enfer, c’est les autres » ?

Citation la plus connue de la pièce et même avec laquelle on réduit la pièce. Elle signifie que l’enfer c’est la manière dont les gens se comportent les uns avec les autres. Ce n’est pas autre chose qu’une dimension psychologique pouvant se traduire en angoisse, ressentiment, haine ou autres sentiments négatifs. C’est un enfer qui est produit par les individus eux-mêmes, qui ne leur est pas imposé.

On pourrait se poser la question, en quoi Sartre a raison : est-ce que l’enfer c’est vraiment les autres ? Ou est-ce que dans la relation aux autres, il y a toujours un peu de ce qu’on met soi : est-ce que l’enfer n’est pas plutôt notre rapport à nous aux autres. Les autres étant quelque chose d’extérieur, que nous subissons de la même manière que dans l’enfer physique des religions.

Antigone, Anouilh - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1944, durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Genre

Cette œuvre s’inscrit dans le genre du théâtre.

 

Mouvement

Cette œuvre est une tragédie. La tragédie est un genre théâtral, évoluant au fil des siècles. Les premières tragédies remontent à l’Antiquité et il existe toujours des tragédies modernes au XXIe siècle.

 

Le mythe antique

Antigone d’Anouilh reprend la figure mythologique d’Antigone. Ce mythe antique a été raconté pour la première fois dans la pièce de théâtre Antigone, écrite par Sophocle en 422 avant JC. Cette pièce de théâtre antique a donné lieu à de nombreuses réécritures, notamment au XXe siècle, comme celles d’Anouilh, de Brecht et de Cocteau.

Antigone descend de la famille des Labdacides, famille maudite. Elle est la fille du roi Œdipe, personnage pour lequel Sophocle a consacré une pièce, en 425 avant JC, intitulée Œdipe roi. À la fin de cette pièce Œdipe est exilé. Étéocle et Polynice, les frères d’Antigone, sont deux pour un seul trône. Pour résoudre le problème, les deux frères concluent un accord selon lequel ils règneront une année à tour de rôle. Étéocle est fait roi la première année tandis que Polynice quitte la ville. Au terme d’un an, Polynice revient récupérer le trône mais Étéocle refuse de lui céder la place. Les deux frères s’entretuent. À l’issue de cette dispute mortelle, Créon, l’oncle d’Antigone, récupère le trône. Pour faire de ce litige meurtrier un exemple, Créon décide qu’Étéocle sera enterré avec les honneurs destinés au roi tandis que le corps de Polynice sera laissé à l’air libre, pour être dévoré par les charognes. Par cet acte, Polynice est déchu de son titre de roi et ce, parce qu’en agressant le roi régnant, il est devenu l’assaillant et le traître de sa patrie.

Sophocle pose une question d’ordre moral sur la notion d’injustice : l’injustice que subit Polynice de la part de son frère qui refuse de lui céder le trône et la seconde injustice que Polynice subit, en raison de son acte, de la part de Créon lorsque ce dernier fait le choix de laisser sa dépouille aux charognes. Créon menace tous ceux qui iraient à l’encontre de son ordre de recevoir le même jugement. Antigone décide de désobéir à son oncle pour réparer l’injustice faite à son frère.

 

Contexte historique

Le mythe antique explique les nombreuses réécritures du XXe siècle. L’histoire se constitue autour d’un personnage désobéissant à l’ordre public, autrement dit un individu seul s’élevant contre le pouvoir. Cela fait écho au contexte de la Seconde Guerre mondiale. Anouilh écrit la pièce en 1942, mais il  ne peut pas la rendre publique en raison de la censure instaurée par Hitler. La pièce est jouée en 1944, au moment où la France est gouvernée par le régime de Vichy. Le régime de Vichy est un pouvoir autoritaire qui rappelle la tyrannie de Créon. Compte tenu du contexte, cela a du sens pour les auteurs du XXe siècle de mettre en scène cette tragédie si proche des événements de leur époque.

 

Tragédie classique

La tragédie classique reprend les codes de la tragédie antique. Son personnage principal est historique, mythologique ou biblique, comme avec Antigone, personnage mythologique. Il peut être également de haut rang, comme Antigone, princesse de Thèbes. La tragédie s’articule autour de thèmes comme la vengeance, la peur et le pouvoir, qu’on retrouve également dans la pièce d’Anouilh. Le personnage principal est porté par des valeurs. Il accomplit ainsi sa destinée au prix de sa propre vie. Toutes ses caractéristiques correspondent à la pièce d’Anouilh. Anouilh s’inscrit dans la tradition de la tragédie classique, toutefois sa pièce est une tragédie moderne.

 

Tragédie moderne

La pièce d’Anouilh est une tragédie moderne en raison de sa structure. Anouilh déforme la structure imposée, formée initialement de cinq actes, découpés en scènes, en privilégiant une lecture intégrale non découpée visuellement par des marqueurs dans le livre. La pièce d’Anouilh est découpée mais il n’indique pas ses actes et scènes. De même Anouilh respecte le code selon lequel une scène débute lorsqu’un personnage entre ou sort de scène. Ainsi les didascalies indiquent les scènes. On peut compter au total les vingt-et-une scènes attendues, du prologue à la fin. L’autre élément qui fait de la pièce d’Anouilh une pièce moderne est la forme de l’écriture. Anouilh écrit en prose et non en alexandrins.

 

Conclusion

Le thème d’Antigone et la tragédie permettent une tension temporelle. La pièce de Jean Anouilh est un dialogue entre une pièce moderne, se rattachant à l’Antiquité, pour exprimer une idée : la tyrannie est intemporelle.

Antigone, Anouilh - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Quels sont les enjeux de cette réécriture ?

Cette question peut être comprise de telle sorte : pourquoi Jean Anouilh décide-t-il de reprendre le mythe d’Antigone ?

Un élément de réponse se trouve dans le contexte historique. Jean Anouilh écrit cette pièce en 1944, dans un contexte politique particulier puisque la France est gouvernée par le régime de Vichy, régime autoritaire ressemblant à la tyrannie du gouvernement de Créon dans le mythe. Reprendre Antigone permet de rendre hommage aux forces françaises libres et aux résistants. Antigone est l’histoire d’une individualité, montrée dans sa fragilité car Antigone est une femme, et plus exactement une enfant. Elle est confrontée au roi Créon, un homme adulte, incarnant le pouvoir politique. Les forces des deux protagonistes sont déséquilibrées. Autrement dit, c’est l’agneau contre le loup. Anouilh met au coeur de sa pièce un combat politique, celui du courage politique.

Le second élément de réponse est la polémique qu’a provoqué la sortie de la pièce. Lorsque le public a vu la pièce, certains ont trouvé qu’Anouilh valorisait le personnage de Créon. Créon est montré avec sa fragilité, comme l’exprime le prologue dans lequel est racontée la fatigue du roi de gouverner les Hommes. Créon est montré dans son humanité et non comme un tyran. Lors de la confrontation avec Antigone, le dilemme intérieur de Créon est montré dans son discours et révèle sa tentative de la sauver. Il tente de sauver Antigone en appuyant sur les liens filiaux qui les unit, tout en la prévenant de sa mort imminente en raison de sa désobéissance. Créon est une victime du pouvoir. Il se trouve sous le joug de sa propre loi. Anouilh dépasse le contexte historique en introduisant cet aspect. L’auteur sollicite la compréhension du public envers la tyrannie. La polémique dépasse le cadre de la pièce et intervient dans la réalité, au travers du combat contre la tyrannie.

 

D’après cette pièce, dire « non » est-ce faire l’enfant ou agir en héros ?

Le sujet cible le personnage d’Antigone. Le « non » d’Antigone se dirige contre Créon, le pouvoir et les lois. La réponse attendue nécessite les définitions des termes employés dans la formulation de la question. Un enfant ne peut pas dire « non ». Un enfant n’est pas apte à comprendre les enjeux de ce qui se passe autour de lui et ne peut donc pas s’affirmer. Le « non » de l’enfant est immature. Un scène d’Antigone va dans ce sens. Il s’agit de la première scène entre elle et sa sœur Ismène. Ismène prévient Antigone qu’enterrer leur frère est une mauvaise idée, alors qu’Antigone l’a déjà fait mais n’en n’informe pas sa sœur. Les sœurs se livrent à un débat. Ismène avance un argument affectif en mettant en avant que leur frère n’a jamais été bon pour elles. Elle met en avant la figure du roi qu’incarne Créon et par la même occasion la nécessité de lui obéir. Antigone répond à Ismène avec une longue tirade dans laquelle elle avance ne pas vouloir comprendre pourquoi cela est interdit. Elle cite, comme exemple comparatif, la fois où, enfant, elle désirait toucher l’eau sur les dalles, bien que cela lui était interdit. Anouilh donne à sa personne un caractère d’enfant capricieux. Antigone semble agir en enfant en voulant transgresser l’interdit sans exprimer d’arguments convaincants. Elle paraît ne pas saisir les enjeux. Ce refus de compréhension se transforme en acte héroïque. Antigone défie le pouvoir par son refus d’obéir. Antigone refuse de comprendre la loi parce qu’elle la juge injuste. Anouilh érige Antigone en héroïne. Durant la confrontation verbale avec Créon, Antigone domine le débat face au roi désolé. Antigone est héroïque dans sa détermination. Elle sait qu’elle va mourir mais, lorsqu’elle s’est engagée elle savait qu’elle ne pourrait plus reculer et devrait affronter la mort pour aller au bout de ses croyances. Anouilh nous présente un  « non » héroïque plus qu’un enfantillage.

 

II. Question sur le prologue

 

En quoi le prologue fonctionne-t-il comme une scène d’exposition ?

Les enjeux d’une scène d’exposition sont de captiver le lecteur et de lui permettre de comprendre l’intrigue. Une scène d’exposition a aussi pour but de présenter les personnages. Le prologue présente l’ensemble des personnages, individuellement en informant le spectateur des liens qui les unissent et leurs fonctions. Le prologue présente Antigone, fille de roi et sœur d’Ismène, Hémon le fiancé d’Antigone et fils de Créon, et Créon le roi. Le prologue met en place l’intrigue. Il annonce l’histoire des deux frères afin de situer le contexte de la tragédie. L’annonce de la rixe mortelle des deux princes permet d’informer le spectateur de l’ordre donné par Créon, et de la désobéissance d’Antigone. 

Le prologue ne fonctionne pas comme une scène d’exposition classique. Le prologue est raconté par le chœur, le chœur étant un ensemble de comédiens réalisant un monologue. Ce prologue n’est pas une entrée dite in media res, c’est-à-dire une scène où les éléments de l’intrigue sont dissimulés dans un dialogue entre des personnages. Dans ce prologue, pendant l’intervention du chœur, les personnages sont figés. Cette façon de penser le chœur anéanti tout suspense pour les spectateur. Par exemple, lorsque le chœur présente Antigone, il annonce d’ores et déjà sa mort. Le prologue montre l’illusion théâtrale. Le chœur annonce au spectateur par exemple que la jeune fille là-bas sera Antigone dans la pièce. Il présente la comédienne qui va incarner Antigone. Le prologue est une mise en abîme du théâtre. Le prologue d’Anouilh est conforme au prologue de la tragédie antique mais il fonctionne néanmoins comme une scène d’exposition.

Oh les beaux jours, Beckett - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Il s’agit d’une pièce de théâtre, publiée en 1961 et jouée la même année.

 

Genre

Cet œuvre se rattache au théâtre et plus particulièrement au théâtre de l’absurde.

 

Auteur

Samuel Beckett est un auteur de théâtre et de roman. D’origine irlandaise, Samuel Beckett écrit en français. En écrivant dans une langue qui n’est pas la sienne, Beckett questionne le langage et sa difficulté à l’employer.  Il débute sa carrière comme romancier. Sa première publication paraît aux éditions de Minuit. On rattache Beckett au mouvement du nouveau roman. Samuel Beckett se tourne ensuite vers le théâtre.

 

Mouvement

Cette pièce s’inscrit dans le mouvement du théâtre de l’absurde. On retrouve dans cette pièce toutes les caractéristiques de l’absurde telles que les impasses de langage, le silence et la difficulté de s’exprimer. Le théâtre de l’absurde est un mouvement du XXe siècle, mettant en scène l’absurdité de l’existence et de la condition humaine. Il s’inscrit dans un contexte d’après-guerre et est révélateur du traumatisme de toute une génération suite aux atrocités de la guerre. Ce contexte bouleverse le rapport au roman, au théâtre et à l’art. Ainsi, le théâtre de l’absurde demande s’il est toujours possible de croire en l’Histoire après toutes les horreurs qu’elle a engendrées. Ces questionnements se reflètent dans le langage, qui devient lui même absurde. Ce nouveau rapport au langage est visible dans les témoignages de rescapés de la Shoah, comme avec Primo Levi et son roman Si c’est un homme, paru en 1947. Dans le théâtre de l’absurde, autant pour les pièces de Ionesco que de Beckett, cette question du langage est au coeur de l’écriture.

 

Thématiques

– Les difficultés de communication. Cette thématique est exacerbée dans Oh les beaux jours. Le spectateur est face à un couple, Winnie et Willie, dont la femme Winnie est enterrée dans une dune de sable – désignée comme un mamelon dans les didascalies par Beckett – et parle à son ami Willie qui ne répond jamais. Winnie tente, par le dialogue, de maintenir un lien entre elle et son ami. Ils représentent l’archétype du « vieux couple ».

– L’absurdité de l’existence est représentée par la mise en scène et par le dialogue. Dans le dialogue, l’absurdité apparaît par la répétition. Le monologue de Winnie est répétitif. Elle répète régulièrement « Oh les beaux jours » et « le vieux style », terme issu de la traduction littérale de old style terme proprement anglais. Ces formulations traduisent le regret de leur prime  jeunesse. La conversation est souvent creuse. En ce sens, le monologue accentue la fonction phatique du langage. La fonction phatique du langage, théorisée par Roman Jakobson, correspond aux mots employés dans un échange entre deux personnes pour s’assurer de la réception du contenu comme par exemple le terme « allô », terme ne donnant aucune information et permettant de s’assurer de l’écoute du locuteur.

– L’angoisse de la mort est centrale dans la pièce de Beckett. La disposition scénique de Winnie, ensevelie dans une dune, est une représentation de la fin du temps de vie. Le monologue de Winnie devient alors une méditation sur le passé et une réflexion sur la mort future. 

 

Citation

« Je parle de temps tempérés et de temps torrides, ce sont des mots vides » : cette citation est prononcée par Winnie. Beckett joue sur les mots en leur conférant une musicalité et en rappelant le titre et la thématique de la mort. « ce sont des mots vides » est un métadiscours. Cette phrase est emblématique de l’ensemble de la pièce.

 

Bonus

Il est possible de rattacher le théâtre de l’absurde à un mouvement artistique plus ancien : Dada. Ce mouvement apparaît à Zurich en 1916. Il est créé en conséquence à l’absurdité de la Première Guerre mondiale, par un collectif d’artistes ayant comme figure de proue Tristan Tzara. Ce mouvement artistique s’est intéressé également à l’absurdité du langage. Durant les années Zurich, le groupe Dada réalise un spectacle, mêlant poésie et théâtre, au cabaret Voltaire. Pour cette occasion Hugo Ball, déguisé d’un costume de carton, interprète le poème Karawane, écrit dans une langue inventée, composée de sons. On retrouve dans cette performance le même intérêt pour la difficulté du langage et l’absurdité de la vie.

Oh les beaux jours, Beckett - Oral

Questions pour l’oral

 

En combien de parties est construite cette pièce ? Qu’est-ce qui change entre ces parties ?

Elle se construit en deux parties. Sur le plan scénique, le changement s’opère sur la posture de Winnie. Dans la première partie Winnie est enterrée jusqu’au buste dans une dune que Beckett nomme un « mamelon ». Dans la seconde partie, seule la tête de Winnie sort de cette dune. Dans cette seconde partie Willie tente de gravir la dune pour se rapprocher physiquement de Winnie.

 

Comment interpréter ces prénoms ?

Il s’agit d’une question d’onomastique. Willie et Winnie sont des prénoms faisant référence à des mots anglais. Willie fait référence au verbe to will (vouloir) et Winnie au verbe to win (gagner). Ce jeu de mot se retrouve dans la personnalité des personnages puisque Winnie essaie de gagner, de garder Willie, tandis que Willie veut faire mais ne fait rien, dans un acte velléitaire.

 

Comment qualifieriez-vous Willie d’une part et Winnie d’autre part ?

Willie est pratiquement absent de la première partie de la pièce. Il est effacé de la scène et se contente de pousser quelques grognements. Dans la seconde partie, il est désigné comme quelqu’un de velléitaire, incapable d’assouvir son désir de se rapprocher de Winnie.

Winnie est présentée comme une femme de pouvoir, ayant une véritable emprise sur son monde, en donnant régulièrement des ordres à Willie et en s’occupant des objets qu’elle possède ou pas. Winnie est aussi dans la demande d’attention. Ces deux personnages sont donc représentatifs du vieux couple de bourgeois dont le train de vie devient absurde. De manière différente, les deux personnages sont empêchés.

 

Quel est le clou du spectacle ?

Le clou du spectacle est la parole de Willie. Contre toute attente, Willie se met à parler.

 

Au vu du dénouement, quelle est l’intrigue de cette pièce ?

Généralement une pièce de théâtre se construit autour d’une intrigue. Ici, il est difficile de discerner l’intrigue. Toutefois on peut penser que l’intrigue de la pièce est la difficulté à s’exprimer, qui finit par se résoudre.

3 choses à savoir sur : Le mariage de Figaro, Beaumarchais

Les Fausses Confidences, Marivaux - Écrit

Date de publication

Cette pièce a été écrite et représentée en 1737, au XVIIIe siècle, qui est le siècle de la fin du règne de Louis XIV, qui meurt en 1715, de Louis XV et de Louis XVI. C’est également le siècle de la Révolution française.

 

Genre

Au XVIIIe siècle, la division entre tragédie et comédie est revue. Les auteurs essaient de trouver une autre façon de faire du théâtre. Diderot propose l’appellation de « drame bourgeois », c’est-à-dire un drame où les personnages ont le choix de leurs actions et qui se déroule dans le milieu de la bourgeoisie (par opposition à la tragédie) sans que ce soit forcément quelque chose de drôle ou qui finit bien (par opposition à la comédie). Mais ce sont tout de même des sujets légers, amoureux. En cela, on va s’inscrire dans le genre de la comédie. Cette comédie est sensible car elle ne présente pas de farces avec des jeux de mots ou des situations absurdes, mais plutôt des situations avec des rapports complexes entre les personnages voire des rapports avec beaucoup de sensibilité, d’émotion, de délicatesse en fonction des obstacles qu’ils rencontrent pour pouvoir dévoiler leur amour ou pour se retrouver en tant que couple.

 

Mouvement

Marivaux a pratiquement créé son propre mouvement : le marivaudage. Aujourd’hui, au sens courant, le marivaudage est le fait de séduire à tout va. En littérature, le marivaudage est cette manière d’aborder les questions amoureuses avec subtilité, avec délicatesse et surtout avec le langage. Ce sont des personnages qui discutent beaucoup, et c’est en discutant que leurs sentiments se développent, s’affirment ou s’éteignent. Les situations avancent par le langage chez Marivaux.

 

Auteur

Le vrai nom de Marivaux est Pierre Carlet. Il n’est pas simplement dramaturge (celui qui écrit, monte et met en scène les pièces), il est aussi romancier (La Vie de Marianne) et journaliste (la presse se développe beaucoup au XIXe siècle). Il a vécu grâce à sa plume. Il a fait un mariage avec beaucoup d’argent à la clé, puis il a fait faillite. Pour vivre, il a donc dû travailler et publier des pièces de théâtre, des articles, des livres.

 

Moments-clés

– Dubois fait entrer Dorante au service d’une noble car il l’aime : Il s’agit de la scène d’exposition. Dubois, un personnage qui appartient aux domestiques d’une famille noble, fait rentrer un autre personnage, Dorante (un jeune homme d’une trentaine d’années), au service d’une noble. Dorante aime la noble chez qui travaille Dubois. Dubois est l’ancien employé de Dorante. Comme il a envie de rendre service à son ancien patron, qui a fait faillite, il va le faire rentrer au service de cette dame. Dorante ne va pas être n’importe quel domestique, il est intendant : celui qui gère toute la maison. Ce moment est très important car il met en place tout le stratagème qui va créer des quiproquos, des malentendus, du suspens dans ce rapprochement entre Dorante et cette noble dont il est amoureux.

– Révélation finale et aveux réciproques : L’autre moment clé est la fin, la révélation finale de Dorante. Il va expliquer que tout cela n’est qu’une supercherie, que c’est Dubois qui a parlé à cette jeune femme de lui parce qu’il lui avait demandé. Les stratagèmes vont être révélés à la fin – comme le stratagème du portrait donné va être révélé à la fin. Les deux personnages vont pouvoir s’avouer leur amour de manière sincère, sans faux-semblants.

 

Thématiques importantes

– Surprise de l’amour : « La surprise de l’amour » est une expression de l’époque. Marivaux a écrit plusieurs pièces qui s’appellent La Surprise de l’amour, La Seconde surprise de l’amour. C’est un thème important de son œuvre. Cela veut dire qu’il y a des personnages dans les pièces de théâtre qui se laissent surprendre par leurs sentiments. Ils font tout pour ne pas tomber amoureux. Finalement, ils n’arrivent pas à résister et cela s’impose à eux : c’est la surprise de l’amour. Le suspens dans cette pièce est de savoir à quel moment ils vont s’avouer qu’ils sont amoureux de tel personnage, à quel moment ils vont baisser la garde.

– Rapports d’argent dans le mariage : La raison pour laquelle Dorante ne peut pas voir directement cette femme, c’est qu’il a fait faillite alors qu’elle est riche. Cela montre comment l’argent conditionne les rapports entre les gens au XVIIIe siècle.

 

Citation

« Quand l’amour parle, il est le maître », Dubois.

Dubois est le maître du jeu, il dirige les marionnettes et décide de tout. C’est une manière de dire que l’amour va forcément s’imposer, se dire à un moment ou un autre. Il y a l’importance du langage qui est fondamental chez Marivaux à travers cette citation.

 

Bonus

Cette pièce a été adaptée en téléfilm par Luc Bondy au Théâtre de l’Odéon en 201(. Ce théâtre devient le décor de ce téléfilm avec Isabelle Huppert, qui joue le rôle de cette femme noble. Elle va devoir combattre ses préjugés pour accéder à la surprise de l’amour.

Les Fausses Confidences, Marivaux - Oral

À l’oral de français, vous devez choisir une œuvre pour la présenter à votre examinateur à la fin de l’oral et pour donner votre avis personnel sur cette œuvre. Après cela, l’examinateur peut vous poser des questions pendant 4-5 minutes sur l’œuvre que vous venez de lui présenter. Le but est de vérifier si vous avez bien lu l’œuvre et de voir si vous êtes capable d’approfondir cet avis personnel que vous avez présenté dans votre propre exposé précédent. Pour vous préparer à l’avance, voici quatre questions récurrentes : deux questions de connaissances, deux questions d’avis personnel.

 

I. Questions de connaissance

 

Pouvez-vous définir le marivaudage ?

Dans ce genre de question, il faut partir du plus simple : « marivaudage » contient « Marivaux ». Le marivaudage est une manière d’écrire inspirée par Marivaux. C’est un courant littéraire qui propose des sujets amoureux, des sujets sentimentaux, des sujets sensibles, comme ils étaient appelés à l’époque, de manière subtile, raffinée, élégante en mobilisant surtout le langage. Les histoires d’amour chez Marivaux et dans le marivaudage se développent par la parole. Les personnages se trompent, ils font des méprises, ils font des erreurs sur les intentions ou les sentiments de telle personne parce qu’ils ont mal compris une phrase ou parce qu’ils ont été victimes d’un mensonge ou parce que quelqu’un a monté une supercherie pour leur faire entendre quelque chose qui n’est pas vrai. Tout passe par le langage. Parfois, il y a quelques accessoires : un portrait ou encore une lettre qui vont être mal interprétés. Mais c’est ce qui va en être dit qui est important pour faire avancer l’action. Ce sont des pièces où les personnages parlent beaucoup. Voici le sens littéraire du marivaudage.

Dans le sens courant, le marivaudage est la séduction, c’est le fait de vouloir séduire partout sans s’attacher à personne et de passer d’une personne à une autre ; mais de manière assez élégante dans le flirt, dans le sentiment et avec beaucoup d’émotions et beaucoup d’attachements aux personnes. Il y a quand même l’idée de multiplier les conquêtes.

Vous pouvez citer les films d’Eric Rohmer qui sont souvent vus comme des films sur le marivaudage moderne, il y a beaucoup de discussions autour de l’amour : c’est quoi l’amour ? c’est quoi la fidélité ? c’est quoi être amoureux ? Il y a beaucoup de femmes qui parlent aux hommes et d’hommes qui parlent aux femmes, ils flirtent ou pas. Ce sont des films dans la lignée de Marivaux et du marivaudage.

 

Que pensez-vous du dénouement de la pièce ?

Le dénouement de la pièce est que les deux personnages principaux, la noble et Dorante, l’intendant, vont finir par s’avouer leur amour mutuel. Ce n’était pas gagné puisqu’au départ, Dorante est amoureux secrètement de cette femme, il a fait faillite et est désargenté alors qu’elle est riche. A priori, dans la société du XVIIIe siècle, ce n’est pas possible qu’ils finissent ensemble.

En principe, il y a plusieurs d’obstacles qui vont faire qu’elle ne peut pas tomber amoureuse de lui. Pendant toute la pièce, il lui est d’ailleurs proposé d’épouser un homme riche qu’elle ne connaît pas, ou très peu, mais qui lui serait à son avantage.

Donc il est possible de trouver bizarre qu’à la fin de la pièce ils finissent ensemble. Mais chez Marivaux, l’amour triomphe toujours (par-delà les préjugés sociaux, par-delà les déguisements, par-delà les mensonges et les tromperies). C’est ce qui est appelé la surprise de l’amour, thème qui revient souvent chez Marivaux : l’amour sincère finit toujours par éclater au grand jour et par vaincre les obstacles qui lui sont opposés.

 

II. Questions d’avis personnel

 

Quel rôle joueriez-vous dans cette pièce ?

Est-ce que vous voyez dans le rôle de Dorant ? de Dubois ? de la noble ? Ne vous limitez pas au fait que vous soyez une fille pour jouer la noble ; et d’un garçon pour jouer Dorante. Il faut toujours justifier votre réponse avec des arguments précis. C’est le moment de montrer que vous connaissez bien la pièce et vous donnez des exemples précis dans la pièce.

 

Pouvez-vous parler d’une mise en scène de la pièce ? Laquelle et pourquoi ?

Cela suppose que vous avez vu au moins une mise en scène sinon plusieurs. Vous pouvez regarder des extraits sur internet. Regardez une mise en scène en entier et des extraits d’autres mises en scènes. Vous pouvez choisir, par exemple, celle de Luc Bondy, tournée au Théâtre de l’Odéon sous forme de film mais dans un théâtre. Vous devez dire pourquoi vous choisissez celle-ci. Comme c’est tourné comme un film, il est plus facile de suivre l’action. Et l’action se passe entre le XVIIIe siècle et aujourd’hui, il n’est pas facile d’identifier l’époque au niveau des décors et des costumes. La langue n’est pas contemporaine. Il y a une volonté de flou artistique qui rend la mise en scène intéressante.

Cherchez votre avis et votre argument pour défendre cette mise en scène.

 

Bonus

 

Vous pouvez compléter vos connaissances en regardant les films d’Eric Rohmer ou encore les films plus récents d’Emmanuel Mouret, eux aussi, considérés comme des films de marivaudage.