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THÉÂTRE

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Oh les beaux jours, Beckett - Écrit

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Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Il s’agit d’une pièce de théâtre, publiée en 1961 et jouée la même année.

 

Genre

Cet œuvre se rattache au théâtre et plus particulièrement au théâtre de l’absurde.

 

Auteur

Samuel Beckett est un auteur de théâtre et de roman. D’origine irlandaise, Samuel Beckett écrit en français. En écrivant dans une langue qui n’est pas la sienne, Beckett questionne le langage et sa difficulté à l’employer.  Il débute sa carrière comme romancier. Sa première publication paraît aux éditions de Minuit. On rattache Beckett au mouvement du nouveau roman. Samuel Beckett se tourne ensuite vers le théâtre.

 

Mouvement

Cette pièce s’inscrit dans le mouvement du théâtre de l’absurde. On retrouve dans cette pièce toutes les caractéristiques de l’absurde telles que les impasses de langage, le silence et la difficulté de s’exprimer. Le théâtre de l’absurde est un mouvement du XXe siècle, mettant en scène l’absurdité de l’existence et de la condition humaine. Il s’inscrit dans un contexte d’après-guerre et est révélateur du traumatisme de toute une génération suite aux atrocités de la guerre. Ce contexte bouleverse le rapport au roman, au théâtre et à l’art. Ainsi, le théâtre de l’absurde demande s’il est toujours possible de croire en l’Histoire après toutes les horreurs qu’elle a engendrées. Ces questionnements se reflètent dans le langage, qui devient lui même absurde. Ce nouveau rapport au langage est visible dans les témoignages de rescapés de la Shoah, comme avec Primo Levi et son roman Si c’est un homme, paru en 1947. Dans le théâtre de l’absurde, autant pour les pièces de Ionesco que de Beckett, cette question du langage est au coeur de l’écriture.

 

Thématiques

- Les difficultés de communication. Cette thématique est exacerbée dans Oh les beaux jours. Le spectateur est face à un couple, Winnie et Willie, dont la femme Winnie est enterrée dans une dune de sable - désignée comme un mamelon dans les didascalies par Beckett - et parle à son ami Willie qui ne répond jamais. Winnie tente, par le dialogue, de maintenir un lien entre elle et son ami. Ils représentent l’archétype du « vieux couple ».

- L’absurdité de l’existence est représentée par la mise en scène et par le dialogue. Dans le dialogue, l’absurdité apparaît par la répétition. Le monologue de Winnie est répétitif. Elle répète régulièrement « Oh les beaux jours » et « le vieux style », terme issu de la traduction littérale de old style terme proprement anglais. Ces formulations traduisent le regret de leur prime  jeunesse. La conversation est souvent creuse. En ce sens, le monologue accentue la fonction phatique du langage. La fonction phatique du langage, théorisée par Roman Jakobson, correspond aux mots employés dans un échange entre deux personnes pour s’assurer de la réception du contenu comme par exemple le terme « allô », terme ne donnant aucune information et permettant de s’assurer de l’écoute du locuteur.

- L’angoisse de la mort est centrale dans la pièce de Beckett. La disposition scénique de Winnie, ensevelie dans une dune, est une représentation de la fin du temps de vie. Le monologue de Winnie devient alors une méditation sur le passé et une réflexion sur la mort future. 

 

Citation

« Je parle de temps tempérés et de temps torrides, ce sont des mots vides » : cette citation est prononcée par Winnie. Beckett joue sur les mots en leur conférant une musicalité et en rappelant le titre et la thématique de la mort. « ce sont des mots vides » est un métadiscours. Cette phrase est emblématique de l’ensemble de la pièce.

 

Bonus

Il est possible de rattacher le théâtre de l’absurde à un mouvement artistique plus ancien : Dada. Ce mouvement apparaît à Zurich en 1916. Il est créé en conséquence à l’absurdité de la Première Guerre mondiale, par un collectif d’artistes ayant comme figure de proue Tristan Tzara. Ce mouvement artistique s’est intéressé également à l’absurdité du langage. Durant les années Zurich, le groupe Dada réalise un spectacle, mêlant poésie et théâtre, au cabaret Voltaire. Pour cette occasion Hugo Ball, déguisé d’un costume de carton, interprète le poème Karawane, écrit dans une langue inventée, composée de sons. On retrouve dans cette performance le même intérêt pour la difficulté du langage et l’absurdité de la vie.