Première > SES > Science économique : marchés > Stage - Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-t-ils ?

STAGE - COMMENT LES MARCHÉS IMPARFAITEMENT CONCURRENTIELS FONCTIONNENT-T-ILS ?

Exercice - Politique de concurrence : fusion Alstom-Siemens



L'énoncé

Fusion Alstom-Siemens : la Commission européenne dit non, la France peste

Ouest France avec AFP. Modifié le 06/02/2019 à 16h27. Publié le 06/02/2019 à 11h55

La Commission européenne a interdit, ce mercredi 6 février, le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens en vertu du règlement de l’Union européenne sur les concentrations entre entreprises. Selon l’exécutif européen, une fusion aurait porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation ferroviaire et des trains à très grande vitesse. Mais la décision passe mal auprès du gouvernement français.

La Commission européenne a rejeté, ce mercredi, le projet de rapprochement entre le Français Alstom et l’Allemand Siemens, censé créer, avec le soutien des gouvernements français et allemand, un champion européen du ferroviaire face à la concurrence internationale, notamment chinoise. La direction d’Alstom a pris acte de cette décision et annoncé qu’elle enterrait le projet de fusion.

Le patron de Siemens, Joe Kaeser, a, lui, dénoncé une Europe qui n’est pas au niveau face à la Chine. Il appelle à une refonte « structurelle » de la politique industrielle européenne face à la concurrence chinoise ou américaine. « Protéger les intérêts des clients localement ne signifie pas se priver d’être sur un pied d’égalité avec des pays leaders comme la Chine et les États-Unis », a-t-il déclaré. Estimant que « les élections européennes à venir constituent une opportunité unique de bâtir l’Europe du futur, y compris dans le champ de la politique industrielle ».

De son côté, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a évoqué une « triste nouvelle », regrettant que les règles de la concurrence empêchent la création de « champions européens ».

 

La crainte d’une hausse des prix

« La Commission a interdit la concentration parce que les parties n’étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés », a déclaré la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, citée dans un communiqué de l’exécutif européen. Elle estime que « cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse. »

Cette décision largement attendue a été critiquée par avance par le gouvernement français, le patronat européen et le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui reprochent à la Commission de limiter son analyse au seul marché intérieur européen sans tenir compte de l’évolution de l’environnement mondial, marqué notamment par l’émergence du géant chinois CRRC dans le ferroviaire.

Alstom comme Siemens ont déjà indiqué qu’ils ne contesteraient pas la décision de la Commission européenne.

 

Édouard Philippe y voit « une mauvaise décision »

« La décision de la Commission est une mauvaise décision. C’est un mauvais coup à l’industrie européenne. Elle me semble avoir été prise sur de mauvais fondements », a déclaré dans l’après-midi Édouard Philippe devant les députés, dénonçant une décision « extravagante » et une « conception du droit extrêmement datée ».

« Il faut reconstruire le droit de la concurrence tel qu’il est mis en œuvre dans l’UE […] Sachez que la commission n’a pas voulu se poser la question du marché mondial en intégrant l’Asie et la Chine. C’est extravagant. C’est une conception du droit extrêmement datée », a déploré le Premier ministre. « Il faut revoir le droit de la concurrence car il n’est plus adapté, ce sera mis sur la table des élections européennes » de mai, a abondé Benjamin Griveaux à la sortie du Conseil des ministres.

Dès ce mercredi matin, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, avait confirmé le rejet attendu par la Commission européenne du projet de fusion entre Alstom et Siemens, fustigeant « une erreur » qui « va servir les intérêts » de la Chine. « Je crois que les jeux sont faits », a affirmé le ministre sur France 2. « Je le regrette profondément parce que je considère que c’est une erreur économique », a-t-il ajouté. « Les jeux sont faits, c’est une erreur économique qui servira les intérêts de la Chine ! » Plus tard dans la journée, il a fait savoir que le gouvernement allait réfléchir à d’autres « possibilités de consolidation pour Alstom » à la suite de cet échec.

 

Les syndicats applaudissent

En parallèle, la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher affirme que le rejet de ce projet de fusion entre Alstom et Siemens est une décision « complètement à côté de la plaque », lors de son intervention ce mercredi 6 février sur BFM Business. Elle juge nécessaire de faire évoluer les règles concurrentielles en Europe. « Ne pas construire une analyse de la concurrence en prenant en compte ce qui se passe sur le plan mondial […] c’est de mon point de vue appliquer des règles du XXe siècle à une économie du XXIe siècle. On est complètement à côté de la plaque », a déclaré Agnès Pannier-Runacher.

De leur côté, plusieurs syndicats d’Alstom à Belfort ont exprimé leur « satisfaction » après l’annonce officielle de Bruxelles. Secrétaire CGT du CE d’Alstom Belfort, Pascal Novelin, a notamment « salué » une « décision qui n’est pas une surprise », estimant que « la fusion était une opération avant tout financière » et aurait conduit « à une absorption d’Alstom par Siemens ». Selon lui, « l’Airbus ferroviaire que l’on veut créer peut se faire par la coopération (entre Alstom et Siemens, N.D.L.R.) sans aller jusqu’à la fusion ».

 

Alstom et Siemens avaient fait des concessions

Les deux groupes ont proposé en janvier des cessions d’actifs à la Commission européenne, qui s’inquiétait de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Ces « remèdes », destinés à « prendre en compte les préoccupations de la Commission tout en préservant les fondamentaux économiques et industriels de la transaction », représentent 4 % du chiffre d’affaires de l’entité combinée, a précisé Alstom dans un communiqué. Ils concernent notamment la technologie Velaro des trains à grande vitesse de Siemens (roulant sous le nom d’ICE en Allemagne), selon des sources proches du dossier. Mais la Commission européenne juge ces concessions insuffisantes pour assurer le maintien d’une concurrence satisfaisante.

Source : lesechos.fr


  • Question 1

    Pourquoi est-ce la Commission européenne qui a tranché dans le dossier de la fusion Alstom-Siemens ?

  • Question 2

    Comment la Commission européenne justifie-t-elle son refus de la fusion ? Expliquer le mécanisme qui la pousse à penser cela.

  • Question 3

    Pourquoi le choix de la Commission européenne est-il critiqué ? Que cela apprend-il sur le marché des trains à grande vitesse ? Expliquer le mécanisme de la concurrence en jeu.

La correction et les astuces de cet exercice t'intéressent ?

Accède librement à l'ensemble des contenus, aux astuces et aux corrections des exercices en t'abonnant sur Les Bons Profs. Clique ici pour démarrer l'abonnement.