Première > SES > Science politique > Stage - Comment se forme et s’exprime l’opinion publique ?

STAGE - COMMENT SE FORME ET S’EXPRIME L’OPINION PUBLIQUE ?

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

Principes et techniques de sondage

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

Les sondages ne concernent pas en premier lieu le monde de la politique. Dès les années noires aux États-Unis, des instituts effectuaient des sondages auprès d’entreprises à des fins commerciales. Aujourd’hui, la France est le deuxième pays au monde à utiliser le plus de sondages, les premiers sont les États-Unis. La pratique des sondages s’est peu à peu instituée dans le monde de la politique jusqu’à devenir indispensable, ceci même pour le pouvoir en place, car aujourd’hui l’Elysée et le gouvernement ont souvent recours à ce type d’enquête.

 

I. Principes et objectifs des sondages

 

Le premier principe est de récolter l’avis d’une population. Des chercheurs montrent que les sondages se sont peu à peu confondus avec l’opinion publique. On entend mesurer l’avis d’une population. On appelle cela la masse, c’est-à-dire une large partie de la population, une opinion populaire. Certains évoquent le terme de minorité silencieuse comme si, grâce au sondage, certains citoyens qui avant étaient peu enclins à opiner sur tel ou tel sujet publiquement, pouvait le faire maintenant.

Les instituts de sondages et les entreprises de presse travaillent ensemble et il y a une éthique journalistique. A cet égard, les sondages visent dans un premier temps à informer les citoyens. Les sondages ne constituent pas un outil de propagande, mais ils servent à informer les citoyens dans un monde social jugé complexe.

 

II. Méthodologie des sondages

 

Au début des sondages, il y avait différentes techniques mais elles se sont peu à peu homogénéisées à travers le monde.

La première technique est la technique de l’échantillonnage : on va mesurer une population à partir d’un échantillon. Si un échantillon est bien construit, donc représentatif, on peut généraliser. Un échantillon est représentatif lorsqu’il représente fidèlement la structure d’une population de référence. Chaque personne a la même probabilité de faire partie de cet échantillon.

Il existe d’autres modalités dans le recueil des réponses.

Des conventions se sont établies à la suite d’années de tâtonnements entre différents instituts de sondage :

- Premier objectif : comment récolter les réponses ? Est-ce qu’il faut faire du face-à-face ? Est-ce qu’il faut envoyer par voie postale les questions ? Ou est-ce qu’il faut avoir recours à l’entretien téléphonique ? Progressivement, au cours du temps, il y a eu une victoire de l’entretien téléphonique.

- Deuxième objectif : pour les questions, faut-il poser des questions ouvertes et fermées ? Ce sont les questions fermées qui vont paraître plus efficaces.

Concernant l’échantillon, on renseigne le revenu de la personne, son âge, son sexe, l’ethnie (cela est interdit en France, on interroge plutôt la catégorie socio-professionnelle). Le principe de pragmatisme, d’efficacité, à des fins commerciales et industrielles, l’a tout de suite emporté.

 

III. Limites des sondages

 

Pierre Bourdieu évoque trois limites :

- Le principe de mise en équivalence : la pensée que toutes les opinions se valent. Lorsque des sondeurs vont interroger des individus, ils ne vont pas faire la distinction entre des individus assez indifférents au sujet et d’autres qui ont une forte proximité avec le sujet. C’est oublier que les enjeux sociaux reposent sur des rapports de force entre collectif et que ce n’est même pas forcément de l’agrégation de simples opinions. Il faudrait donc trier les individus dans l’échantillon en fonction de leur proximité avec le sujet.

- L’imposition des questions : les commanditaires des sondages cadrent les questions. Pierre Bourdieu critique la capacité des acteurs dominants à imposer les débats, à contraindre les sujets, à mettre en évidence certains sujets et en occulter d’autres.

- Le problème des sans réponse. Il peut arriver qu’il y ait des individus qui ne savent pas répondre. Les instituts de sondage savent cela étant de minimiser le taux de non-réponses. C’est une limite parce que la proportion d’opinion solide et celle qui l’est moins est forcément inconnue. Cela nous invite à comprendre qu’il y a des individus qui ne savent pas forcément répondre, ce qui est peut-être une autre limite à l’utilisation des sondages.