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STAGE - VOTER : UNE AFFAIRE INDIVIDUELLE OU COLLECTIVE ?

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Le vote : un acte individuel ou collectif ?

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Se demander si le vote résulte d’un acte individuel ou collectif invite à évoquer les principales théories du comportement électoral. On peut dire que l’acte de voter résulte d’un acte et d’un comportement individuel. Dans ce cas-là, on se focalise sur la rationalité de l’électeur.

 

I. Un électeur rationnel

 

Il agit selon son libre arbitre et s’émancipe de variables sociologiques plus structurantes. Il émet une analyse coûts/avantages dans la mesure où il choisit le candidat ou le parti qui maximise son utilité.

Dans cette perspective, on peut aussi parler du vote sur enjeu. Il s’agit de l’idée selon laquelle l’électeur moins dépendant d’un vote de classe est amené à être attentif à l’offre électorale du moment. Dans ce cas, l’électeur agit de façon pragmatique pour satisfaire ses intérêts. Telle ou telle mesure est retenue par un candidat donc l’électeur en est affecté. Par exemple, une réforme climatique ou la baisse des impôts peut expliquer pourquoi un électeur vote ou non pour un candidat.

Cette analyse assez individualiste selon laquelle l’électeur est rationnel, tend à jeter de l’ombre sur des variables plus sociologiques, plus structurantes.

 

II. Les variables lourdes du vote

 

La seconde façon d’expliquer le vote porte sur une dimension collective : le vote témoigne d’une appartenance sociale. On parle de variables lourdes du comportement électoral. Il a deux théories principales.

 

A. Facteurs sociologiques (modèle de Columbia)

Avec le modèle de Columbia, il s’agit d’expliquer pourquoi électeurs américains vote pour le Parti démocrate, progressiste, ou pour le parti conservateur, le Parti républicain. Dans le modèle de Colombia, on retient trois facteurs d’ordre sociologique :

- le lieu de résidence de l’électeur, soit en campagne ou dans des grandes villes, c’est le clivage urbain/rural,

- la religion, catholique ou protestante,

- le milieu de vie de l’électeur, soit modeste soit favorisé.

Les électeurs davantage modestes plutôt protestants et qui habitent dans les grandes villes ont une propension beaucoup plus forte à voter pour les candidats démocrates.

 

B. Identification partisane (modèle de Michigan)

Le second modèle américain, le modèle de Michigan, prolonge le premier. Il parle de la question de l’identification partisane. Durant la socialisation primaire, un individu s’identifie très tôt à tel ou tel parti, démocrate ou républicain. Avec la famille, avec les groupes de pairs, l’identification partisane se cristallise et perdure tout au long de la vie.

Ces deux modèles sont intéressants dans la mesure où ils pensent que c’est le milieu social d’appartenance de l’individu qui influence le vote pour tel ou tel candidat.

 

C. Transposition

On peut le transposer au cas français, en retenant bien sûr le lieu de résidence, la pratique religieuse, mais également la profession ou la catégorie socioprofessionnelle. A cet égard des chercheurs français ont analysé différents scrutins, notamment des scrutins présidentiels.

Le second tour des élections présidentielles en 2007 opposait Ségolène Royal, candidate socialiste, et Nicolas Sarkozy, candidat de la droite. Si on était chômeur ou si on habitait dans les grandes villes, l’électeur avait plus tendance à voter pour la candidate de la gauche alors que pour les indépendants ou pour les personnes qui avaient une pratique religieuse, notamment les catholiques, il y avait une propension beaucoup plus forte à voter pour le candidat de la droite.