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LA THÈSE, LES ARGUMENTS ET L'APPORT CRITIQUE

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L'apport critique

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La règle d’or de l’explication de texte est d’expliquer le texte et rien d’autre. Il s’agit de lire le texte, expliquer le texte et s’en tenir au texte. C’est le texte, rien que le texte mais tout le texte. Maintenant, il est vrai que se pose la question de savoir si on doit apporter ou non une dimension critique à notre explication. 

 

I. La nécessité d’un apport critique

 

Dans la mesure où la règle d’or est de montrer, d’articuler et de formuler le problème qui est traité par l’auteur, pour révéler ce problème, pour l’exposer dans toute sa singularité, pour l’articuler le plus clairement possible, on est en droit de se référer à d’autres approches philosophiques du même problème.

On ne va faire un apport critique que si c’est requis pour comprendre le texte, c’est-à-dire que l’apport critique n’est justifié que pour autant qu’il rend possible une meilleure compréhension du texte et du problème. Ce qui signifie que tout apport critique qui serait plaqué gratuitement pour dire que untel a dit ça et que untel a dit ça ne sera pas justifié. Cela ne sert à rien finalement de ressortir tout le cours sur la question de l’inconscient parce que, dans le texte, l’auteur parle de la conscience. Cela n’a aucun intérêt, aucune justification dans la mesure où ça ne permettra pas une compréhension plus précise du problème et du texte.

L’apport critique n’est donc justifié que s’il rend possible une compréhension plus fine, plus juste, plus adéquate de la singularité de la position de l’auteur. Il est clair que pour pouvoir montrer comment un auteur prend position par rapport à un problème donné, la meilleure manière est quand même de montrer qu’il se distingue de tel autre auteur, que sa position s’appuie sur tel argument qui est en contradiction avec un autre auteur et qui du coup révèle la singularité de ses positions.

 

II. Où dans le devoir ?

 

Il y a deux possibilités qui sont toutes les deux admises. Certains professeurs préfèrent une possibilité mais règle est donnée aux correcteurs d’admettre les deux démarches.

Première possibilité, on inclue l’apport critique au cours de l’explication du texte. Expliquer un texte structure l’explication en autant de parties qu’il y a de parties dans le texte. Par conséquent, à l’intérieur de l’explication de chacune des parties, on peut introduire, après avoir expliqué chacune de ses parties, une dimension critique. C’est au cours du développement, au cours de l’explication.

La deuxième possibilité est de faire un premier développement qui consiste à expliquer la totalité du texte d’une manière linéaire, du début jusqu’à la fin, et de montrer en deuxième partie que l’auteur avait tel présupposé, que tel autre auteur s’est opposé à cette position, que tel autre auteur est en contradiction avec celui-ci. A ce moment-là, on fait un apport critique en deuxième partie mais la règle pour cette deuxième technique est très importante. Il faut bien que cette deuxième partie commence par une reprise de la formulation du problème. Il faut reprendre le problème traité par l’auteur et montrer que cet auteur dans ce texte a fait un certain nombre de choix qui sont en contradiction avec d’autres théories philosophiques. A ce moment-là, ça sera bienvenu. Mais il faut, de toute façon, introduire la seconde partie par la reprise du problème philosophique abordé et traité par l’auteur.

 

III. Comment ?

 

Il ne s’agit pas de critiquer un texte. C’est pour ça qu’on appelle cela « apport critique ».  On pourrait même appeler ça « apport réflexif ». Il ne s’agit pas de dire que Bergson n’a pas compris ceci, ou que Freud ne connaissait pas cela. C’est toujours extrêmement mal venu et d’autant plus mal venu que l’erreur principale est de prêter à l’auteur un certain nombre de thèses ou d’idées qu’il n’a pas et ensuite de critiquer des idées qu’il n’a jamais défendues.

Par conséquent, il n’est pas question de critiquer au sens plein du terme la position d’un auteur : il est bien question de montrer au contraire qu’il a fait un certain nombre de choix spéculatifs, c’est-à-dire un certain nombre de choix théoriques, et que, par rapport à ces présupposés théoriques, d’autres philosophes ont fait d’autres présupposés qui les ont amenés à défendre d’autres positions. Il faut montrer quels sont les choix stratégiques, quels sont les choix logiques utilisés par l’auteur et montrer qu’il existe des alternatives à ses choix logiques.