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COMMENT LUTTER CONTRE LE CHÔMAGE ?

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Les effets positifs et négatifs des institutions sur le chômage structurel

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Le chômage structurel est un chômage lié à des imperfections sur le marché du travail. Ce cours s’intéresse principalement à deux imperfections, toutes les règles de protection de l’emploi et l’instauration d’un salaire minimum.

 

I. Les règles de protection de l’emploi

 

Les règles de protection de l’emploi régissent les contrats de travail. Elles sont présentes dans le Code du travail, dans les conventions collectives. Ce sont principalement des règles qui protègent les travailleurs.

 

A. Vers de nouvelles stratégies basées sur le maintien de l’emploi ?

Or, les chefs d’entreprise pourraient considérer que ces règles pourraient nuire à l’emploi. En effet, trop de complexité pour embaucher ou licencier, et faire scrupuleusement respecter toutes les règles du Code du travail, etc., trop de règles seraient vectrices de peur pour les entrepreneurs. En cela, les règles seraient considérées comme un frein à l’embauche.

Toutefois, les règles de protection de l’emploi, en rendant plus coûteux le licenciement d’un salarié, pourraient faire en sorte d’adapter les stratégies des entreprises. Ainsi, par exemple, les entreprises pourront mettre en place de nouvelles stratégies basées sur le maintien des emplois existant en renforçant par exemple la polyvalence des salariés. Se faisant, les salariés seraient plus productifs et cela serait aussi intéressant pour l’entreprise.

 

B. Plus de flexibilité, plus d’emplois ?

On peut toutefois se demander s’il n’y aurait pas plus d’embauche s’il y avait plus de flexibilité. En guise d’exemple, on sait qu’aux États-Unis, le marché du travail est beaucoup plus souple qu’en Europe. Généralement, les chômeurs américains mettent beaucoup moins de temps à retrouver du travail que les chômeurs européens.

 

C. Vérifications empiriques

Pour étayer ces hypothèses, on peut consulter quelques études empiriques pour vérifier s’il y a des corrélations entre la flexibilité du marché du travail et certains paramètres du marché du travail.

- Concernant les contrats stables, selon une étude de l’OCDE sur la période 2007-2018, on sait que l’Espagne a moins protégé ses contrats stables et le taux de l’emploi a augmenté durant cette période. Pour autant, la Belgique a rendu plus protecteurs ces contrats stables, et le taux d’emploi a augmenté dans la même proportion sur la même période. Il y a ici un exemple et un contre-exemple.

- Toujours selon l’OCDE, on peut voir qu’entre 1990 et 2013, le Danemark a beaucoup moins protégé ses emplois courts. Or, le taux de l’emploi précaire dans le volume de l’emploi total a baissé. Pendant la même période, l’Allemagne a rendu moins protecteurs les contrats courts et la part d’emplois précaires a beaucoup augmenté. En France, la part d’emplois précaires a beaucoup augmenté alors qu’on a davantage renforcé la protection sur ces contrats.

- Dernier élément, en France et en Allemagne, le taux de chômage de longue durée (plus d’un an) est relativement élevé. Or, on sait que la France protège davantage les contrats courts que l’Allemagne. En revanche, on sait que le Danemark et le Royaume-Uni protègent beaucoup moins les contrats courts : là, le chômage de longue durée a baissé entre 1990 et 2013.

On voit donc à travers ces études qu’il y a un effet positif à rendre plus souple le marché du travail : le taux d’emploi augmente et le taux de chômage baisse.  Mais selon les pays, cette corrélation est parfois vérifiée et parfois pas. Taux de chômage et taux d’emploi dépendent de beaucoup de paramètres, et il est parfois difficile de faire des comparaisons entre pays.

 

II. L’instauration d’un salaire minimum

 

L’Etat peut décider d’instaurer un salaire minimum, qui est un prix plancher, c’est-à-dire qu’un employeur ne peut pas rémunérer un salarié en dessous d’un certain niveau. En France, par exemple, il correspond à 8 € nets de l’heure et cela correspond mensuellement à une rémunération de 1 200 € pour un travailleur.

 

A. Les effets négatifs

Si le salaire minimum se rapproche du salaire moyen, du salaire médian d’un pays, les entrepreneurs pourraient se dire qu’ils rémunèrent certains travailleurs peu qualifiés à un niveau très élevé, en tout cas, trop élevé par rapport à leur niveau de productivité. Le salarié rapporte beaucoup moins que ce qu’il ne coûte. Cela pourrait donc freiner les embauches.

Ainsi, les entreprises pourraient davantage mettre en place de la substitution du capital au travail, c’est-à-dire remplacer des hommes par les machines. Le capital peut devenir plus rentable. C’est le cas, par exemple, des caisses automatiques qui remplacent les caissiers ou les caissières.

Autre effet pervers, cela peut pousser les entrepreneurs à accroître les embauches de travailleurs plus qualifiés, plus chers mais plus productifs. Il apparaît à travers ce que l’on vient de voir qu’il existe des effets plutôt négatifs après l’installation d’un salaire minimum à un niveau trop élevé : il affecte l’embauche des travailleurs les moins qualifiés.

 

B. Les effets positifs

Si on augmente la rémunération, cela peut accroître le nombre de demandeurs d’emploi. Or, plus de demandeurs emploi donnent potentiellement plus d’embauches.

Si on augmente la rémunération, cela peut accroître la motivation des travailleurs, ce qui peut se traduire par des travailleurs plus productifs. Si la productivité augmente, cela est bénéfique pour l’entreprise.

D’après la théorie néoclassique, tant qu’un entrepreneur paye un travailleur en deçà de son niveau de productivité, l’instauration d’un salaire minimum n’est pas, en soi, un frein à l’embauche. Donc tout dépend du niveau du salaire minimum.