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« Mon enfant ne lit pas » : comment avoir le déclic ?

Chaque rentrée, la même inquiétude revient : « Mon enfant ne lit pas ». Derrière cette phrase souvent entendue lors des rencontres parents-professeurs se cachent bien plus que des difficultés scolaires — une vraie inquiétude, parfois une forme d’impuissance face à un plaisir de lire qui ne vient pas. Et pourtant, le déclic est possible ! Comprendre ce qui freine la lecture et savoir comment susciter l’envie, c’est déjà amorcer le changement.

Le constat : une génération qui lit différemment

Commençons par nuancer ce « ne lit pas ». Dans ma classe de 6e, j’observe que très peu d’élèves ne lisent absolument jamais. En revanche, beaucoup lisent peu, lisent autrement, ou ne lisent que ce qui les passionne vraiment. Manga pour certains, magazines pour d’autres ou textos pour les plus connectés. La lecture n’a pas disparu : elle s’est transformée, fragmentée, souvent au détriment de la lecture longue et narrative.

Ce qui inquiète légitimement les parents, c’est l’absence d’intérêt pour le livre. L’enfant qui refuse catégoriquement d’ouvrir un roman, qui abandonne après trois pages, ou qui préfère systématiquement les écrans au papier devient source d’angoisse. Ce malaise est d’autant plus fort que les bases de la lecture sont mises à l’épreuve dès le début de la 6e : les consignes sont plus longues, les textes plus denses, la quantité de travail plus importante. Ce contexte peut démotiver un élève qui n’a pas trouvé le plaisir de lire à l’école primaire.

Les chiffres qui alertent : l’étude PIRLS 2021

Cette intuition parentale est confirmée par les données internationales. L’étude PIRLS 2021 (Progress in International Reading Literacy Study), qui évalue les compétences en lecture des élèves de CM1 dans 57 pays, dresse un tableau préoccupant de la situation française.

Les résultats sont sans appel : la France se situe désormais en dessous de la moyenne européenne, se classant 16e sur les 19 pays de l’UE qui ont participé à l’étude.

L’étude révèle également que 22% des élèves français se situent au niveau faible en lecture, et 6% n’atteignent même pas les connaissances élémentaires nécessaires. Ces élèves peinent à comprendre des textes simples ou à en extraire des informations explicites. À l’inverse, seuls 32% atteignent un niveau élevé en lecture, contre 40% à l’échelle européenne.

Un autre chiffre interpelle : selon PIRLS 2021, seulement 22% des élèves français déclarent aimer beaucoup lire, contre 35% en moyenne dans les pays participants. Ce désintérêt pour la lecture plaisir se traduit directement dans les performances : les élèves qui lisent quotidiennement pour leur plaisir obtiennent de meilleurs résultats scolaires que ceux qui ne lisent que rarement.

Une part significative des collégiens arrive donc en 6e avec des bases fragiles dans la compréhension des textes, ce qui impacte fortement les apprentissages dans toutes les matières. En fin de 3e, 15% des collégiens ont encore de grandes difficultés de compréhension, surtout face aux textes complexes, avec des inégalités qui se creusent dans les contextes défavorisés.

Pourquoi c’est grave : les enjeux de la lecture

Au-delà des statistiques, quels sont les véritables enjeux ? Pourquoi est-il si important que nos enfants lisent ?

L’enjeu scolaire est le plus évident

La lecture n’est pas qu’une matière : elle conditionne la réussite dans toutes les disciplines. Un élève qui lit couramment et comprend des textes peut apprendre plus vite, participer plus activement, et développer son esprit critique dès le début du collège. Un élève qui lit difficilement ne peut pas accéder seul aux énoncés de mathématiques, aux consignes d’histoire-géographie, aux protocoles de SVT. Dans ma classe, je constate chaque jour que les élèves en difficulté de lecture sont pénalisés dans toutes les matières. La lecture fluide libère l’attention pour la compréhension et le raisonnement.

À l’inverse, des bases fragiles en français se traduisent par une difficulté à comprendre les consignes, à suivre les autres matières, à s’organiser. Cela peut engendrer du décrochage, une démotivation, voire de l’échec scolaire à moyen terme. Dans le système éducatif français, la diversité des profils et le manque de personnalisation des apprentissages peuvent accentuer les écarts et pénaliser les élèves les plus vulnérables. 

L’enjeu culturel et social est tout aussi crucial

La lecture ouvre des mondes, développe l’empathie, permet de se mettre à la place d’autres personnes, d’autres époques, d’autres réalités. À l’âge où se construisent les représentations du monde et de soi-même, la littérature offre des modèles, pose des questions, aide à grandir.

L’enjeu cognitif est moins connu mais fondamental

La lecture longue développe des capacités spécifiques : concentration prolongée, mémorisation, construction de représentations mentales complexes, patience cognitive. Face à la surstimulation des écrans et à la culture du zapping, la lecture d’un livre entier constitue un entraînement mental unique. Elle apprend à différer la gratification, à persévérer, à construire du sens sur la durée.

L’enjeu linguistique

Il est déterminant pour l’avenir. Les études montrent une corrélation directe entre quantité de lecture et richesse du vocabulaire. Un enfant qui lit développe une maîtrise de la langue bien supérieure à celle acquise par la seule exposition orale. Cette aisance langagière sera un atout majeur pour ses études supérieures et sa vie professionnelle.

Solutions concrètes : comment redonner le goût de lire ?

Face à ce tableau, que peuvent faire les parents ? Heureusement, il existe des solutions concrètes pour aider son enfant à surmonter ces difficultés et à retrouver le plaisir de lire. Voici des pistes testées avec mes élèves et leurs familles.

Utilisez des outils pédagogiques adaptés comme Déclic Français 6e

Pour les élèves qui rencontrent des difficultés ou qui ont besoin de consolider leurs bases, il existe aujourd’hui des solutions spécialement conçues pour réconcilier les collégiens avec la lecture et le français. Déclic Français est un service de révision proposé par Les Bons Profs, conçu par des professeurs de l’Éducation Nationale. Il se présente comme une véritable boîte à outils permettant aux élèves de construire des bases solides en lecture, en expression écrite et orale ainsi qu’en grammaire, conjugaison et vocabulaire.

Avec Déclic Français, réviser devient simple et motivant. Votre enfant comprend les livres à lire en classe ou à la maison grâce aux vidéos et aux fiches de lecture illustrées. Il découvre des résumés clairs et des méthodes de lecture efficaces, puis relève des défis et s’exerce avec des cartes mentales et des quiz variés. Côté grammaire et conjugaison, il progresse avec tout le programme expliqué, des dictées corrigées et des exercices pour enrichir son vocabulaire.

L’avantage ? Votre enfant avance à son rythme, en toute autonomie. Il enchaîne des activités courtes (vidéos, quiz, dictées flash…) et collectionne les chouettes pour chaque succès. Résultat : il progresse rapidement et se construit des bases solides en français sans avoir l’impression de « travailler ». 

Ce type d’outil peut être particulièrement utile pour redonner confiance à un enfant qui se sent dépassé et pour l’aider à rattraper son retard sans stress, tout en retrouvant le plaisir d’apprendre.

Prêchez par l’exemple : lisez vous-mêmes

Les enfants imitent plus qu’ils n’écoutent. Un parent qui lit, qui parle de ses lectures, qui a des livres visibles à la maison crée un environnement favorable à la lecture. À l’inverse, demander à un enfant de lire quand toute la famille est sur les écrans relève de l’injonction contradictoire. Montrez l’exemple, et la lecture deviendra naturelle.

Partez de l’enfant, pas de vos attentes

Le piège serait d’imposer les classiques de notre enfance ou ce que nous considérons comme de la « vraie » lecture. Adaptez les lectures aux centres d’intérêt de votre enfant : bandes dessinées, romans d’aventure, mangas, magazines de sport… tout est bon pour éveiller la curiosité. Un enfant qui dévore des mangas lit. Un élève passionné de football lira volontiers une biographie de Mbappé avant de s’intéresser à un roman. L’essentiel est de créer une relation positive à l’écrit.

Exploitez les passerelles

Un enfant accro aux jeux vidéo peut lire des romans adaptés de son univers favori. Un fan de séries découvrira peut-être le livre dont elle est tirée. Ces lectures « dérivées » ne sont pas des lectures de seconde zone : elles créent du plaisir et de la fluidité. Le snobisme littéraire est l’ennemi de la lecture chez les jeunes.

Transformez la lecture en moment de partage et de plaisir

Lire le même livre que votre enfant et en discuter crée une complicité unique. Alterner la lecture à voix haute, même avec un 6e, prolonge un plaisir de la petite enfance et aide les lecteurs fragiles. Ce moment favorise l’intimité, développe le vocabulaire et permet à l’enfant de découvrir le bonheur de partager un livre. Parler de ses lectures à table, raconter vos propres émotions de lecteur (« j’ai ri à cette scène », « ce personnage m’a fait penser à… ») légitime les réactions affectives face aux textes.

Instaurez des rituels quotidiens

Même 10 à 15 minutes chaque soir, avant le coucher ou après le dîner, peuvent transformer les habitudes. Ces créneaux protégés envoient un message fort : la lecture a sa place, elle mérite du temps et de l’attention.

Aménagez un espace dédié

Créer un coin lecture confortable, bien éclairé, loin des distractions, peut faire toute la différence. Ces conditions matérielles semblent anodines, mais elles ancrent la lecture dans le quotidien familial.

Fréquentez médiathèques et librairies

Emmener régulièrement votre enfant choisir ses lectures est un investissement qui paie. L’abonnement à la médiathèque permet de multiplier les tentatives sans pression financière. Échouer avec un livre emprunté est moins grave qu’avec un livre acheté. Et les bibliothécaires sont des alliés précieux pour conseiller selon l’âge et les centres d’intérêt.

Félicitez les efforts et les progrès

Valoriser chaque petit succès aide à renforcer la confiance et à persévérer. Acceptez la relecture : certains enfants relisent dix fois le même Harry Potter. C’est parfaitement normal et même bénéfique. La relecture approfondit la compréhension, rassure, permet de savourer différemment. Ne forcez pas la nouveauté permanente.

Soyez patients avec les « faibles lecteurs »

Pour les élèves en difficulté, privilégiez des textes courts, abondamment illustrés, avec une police adaptée. Les collections pour « lecteurs débutants » ou « dyslexiques » ne sont pas honteuses : elles offrent des textes accessibles et motivants. Mieux vaut lire un petit livre jusqu’au bout qu’abandonner un pavé au bout de dix pages.

Retrouver la joie de lire

Faire de son enfant un lecteur spontané demande du temps, de la constance et de la bienveillance. Dans ma classe, j’ai vu des élèves se transformer en quelques mois quand ils rencontraient enfin LE livre qui leur parlait.

Le rôle des parents et enseignants est donc de provoquer ces occasions, sans contrainte. Redonner à l’enfant le plaisir de lire, c’est l’aider à comprendre, imaginer et s’épanouir à l’école comme dans la vie. Et il n’est jamais trop tard pour commencer !