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POÉSIE

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Le Parti pris des choses, Ponge - Oral

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I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Comment Ponge renouvelle-t-il le genre poétique en exprimant les « choses » à partir de la « matière verbale » ?

Le terme choses renvoie aux objets banals, qui n’ont pas leur place en poésie, car ils sont trop quotidiens alors que la poésie veut se dégager du quotidien. La matière verbale signifie la langue dans son ensemble, c’est-à-dire des jeux langagiers, des jeux sur les images, des jeux sur les sonorités qui font que la langue devient matière. Il y a donc un lien entre la matière et les choses car la matière verbale immatérielle tente de décrire des objets matériels. Il s’agit du programme de Ponge, c’est pour cette raison qu’il y a une absence de théorie ou d’idée. Ce n’est pas une poésie d’idée ou de discours comme la poésie surréaliste et non plus les sentiments ou le lyrisme comme la poésie romantique. Il s’agit d’une expérience d’écriture.

 

Comment la langue peut-elle exprimer un objet ?

Jouer avec le langage est une manière de jouer avec la poésie, en détournant les codes poétiques. Certains poèmes sont si descriptifs qu’ils semblent être des notices, des modes d’emploi. Les poèmes de ce recueil ne sont pas poétiques car Francis Ponge s’inspire des types de textes qui ne pourraient a priori pas rentrer dans un recueil de poésie comme les notices, pour les détourner de manière poétique. Il s’agit d’une poésie du ludique qui renouvelle le genre poétique.

 

II. Question sur le poème de l’huître

 

En quoi ce poème révèle-t-il le parti pris de Francis Ponge ?

Francis Ponge commence par utiliser une écriture descriptive. Il décrit l’objet de l’extérieur puis de l’intérieur. Son aspect est décrit comme un galet rugueux, que le poète ne parvient pas à ouvrir. Une fois ouverte, Ponge décrit l’aspect visqueux puis parvient jusqu’à la perle contenue par l’huître. Le ton adopté se veut objectif, tous les sens sont convoqués, ce qui donne une dimension scientifique à la description minutieuse de l’huître. Les phrases sont courtes, ce qui rappelle les modes d’emploi, mais donnent un effet de rétrécissement de la vue comme si le regard s’enfonçait dans l’huître, jusqu’à arriver à la perle. La perle donne toute sa beauté à l’huître et en révèle sa valeur qui jusque-là était décrite en termes dépréciatifs.

Ce poème est un poème sur la poésie elle-même, qui raconte l’expérience du lecteur par la difficulté d’arriver au sens du poème représenté par la perle, qu’il ne faut pas se fier au apparences ou à l’extérieur des choses ici, l’extérieur de l’huître, qui peuvent renfermer des trésors. L’huître peut aussi être considérée comme le monde intérieur du poète, riche comme l’huître qui offre à boire et à manger et précieux comme la perle, mais difficile d’accès.

Francis Ponge a appelé ces poèmes objeu, un mot valise composé des termes objet et jeu, qui montre que la poésie de Francis Ponge réside dans le ludique mais qui ne se borne pas aux apparences, ni à une idée fixée de ce qu’est la poésie.