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TRAVAIL ET INTÉGRATION SOCIALE

QCM - Le travail est-il source d'intégration sociale ?

L'énoncé

Ce QCM porte sur le rôle intégrateur du travail. Il n'y a qu'une seule bonne réponse par question.

Document : La désaffiliation selon Robert Castel

Pour Castel (1991, 1992 et 1994), l’exclusion relève d’un double processus de décrochage : sur l’axe du rapport au travail, d’une part, et sur l’axe relationnel, d’autre part (rupture du lien social). Son approche transversale et qualitative met notamment l’accent sur la dynamique de précarisation généralisée qui caractérise les sociétés occidentales, en raison des mutations profondes qui se sont opérées sur les deux axes précédemment nommés. Les travaux de Castel suggèrent une vision nuancée du phénomène de l’exclusion, où n’existent pas uniquement des inclus ou des exclus, bien qu’un clivage de plus en plus net s’opère entre ces deux groupes. Le schéma explicatif qu’il propose selon l’axe du travail et l’axe de l’insertion relationnelle fait apparaître trois zones principales. À un pôle, une stabilité et une autonomie relatives impliquant un emploi satisfaisant ainsi que des relations sociales enrichissantes (famille, amis, réseau social, etc.) représentent la zone d’intégration. Au pôle opposé, une turbulence maximale et une dépendance où il n’y a plus de lien, ni dans l’axe du travail, ni dans l’axe relationnel (ce qui peut se traduire notamment par l’isolement social) définissent la zone de désaffiliation. La troisième, la zone de vulnérabilité (ou de précarité), se situe à la jonction des deux autres et constitue la plus importante du point de vue de l’intervention à définir selon Castel (1994).

C’est sur cette zone grise, qui prend progressivement de l’expansion, qu’il convient de s’interroger pour comprendre les mécanismes économiques et sociaux qui poussent graduellement vers la désaffiliation. Cela permet de remettre en question les modèles d’organisation de la société actuelle, qui entraînent des vulnérabilités grandissantes, que l’on pense à la montée du chômage de longue durée, à la crise du salariat, à la précarité de l’emploi (temps partiel, contractuel; travail autonome, saisonnier; etc.) ou à la transformation des modes relationnels (structures familiales changeantes; monoparentalité; individualisme social; perte des réseaux traditionnels de voisinage). Ces transformations provoquent des difficultés concrètes d’intégration sociale et professionnelle. Pour Castel (1992), l’intérêt doit donc se porter sur les processus qui sont en amont de l’exclusion, spécialement sur la zone de vulnérabilité comme espace stratégique d’intervention, plutôt que sur celle de désaffiliation, où le mal est déjà fait.

Source : erudit.org


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